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Enseignement de l’arabe : une opportunité pour la Mauritanie d’attirer des dizaines de milliers chaque année.

La Mauritanie peut faire de l’enseignement de l’arabe standard et du Coran un vecteur d’attraction pour des dizaines de milliers d’étudiants et de visiteurs chaque année, créer autour de cette activité un tourisme éducatif et culturel qui génère des emplois, soutient les familles et revitalise…

AI
Alakhbar.infoTraduit de l'arabe
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Il ressort que la Mauritanie peut faire de l’enseignement de l’arabe standard et du Coran un vecteur d’attraction de dizaines de milliers d’étudiants et de visiteurs chaque année, créer autour de cette activité un tourisme éducatif et culturel qui génère des emplois, soutient les familles, et redonne à nos villes scientifiques leur présence et leur rayonnement. C’est la proposition que j’ai présentée lors de ma participation à l’atelier des compétences, dans le cadre du forum des diasporas tenu la semaine dernière à Nouakchott. Je considère qu’elle mérite de devenir un projet national auquel participent l’État, les médias, les établissements d’enseignement et le secteur privé, les diasporas jouant un rôle essentiel dans la promotion et le marketing.

Une opportunité qui dépasse le volume du tourisme enregistré. Pour mesurer l’ampleur de l’opportunité, il suffit de signaler que le rapport gouvernemental de suivi de la mise en œuvre de la stratégie de croissance accélérée et de bien‑être partagé pour 2024 indique environ 5 200 touristes étrangers en 2023, sans données disponibles pour 2024 dans le même rapport. Ainsi, attirer chaque année des dizaines de milliers de personnes pour l’apprentissage et le séjour culturel représente une ambition bien supérieure à ce niveau enregistré, même si son atteinte nécessite un travail progressif et organisé.

La valeur du projet ne se limite pas au nombre d’arrivants; l’étudiant peut séjourner un mois, un semestre ou une année, être accompagné de sa famille ou la rejoindre plus tard. Pendant son séjour, le professeur, la famille d’accueil, le propriétaire du logement, le restaurant, le transporteur, le guide et l’artisan bénéficient tous. La connaissance devient alors une source de revenu répartie entre plusieurs catégories et régions.

L’expérience de Malte montre ce que l’enseignement des langues peut accomplir; ses écoles agréées ont accueilli plus de 76 000 étudiants étrangers pour l’apprentissage de l’anglais en 2025. Si un petit pays peut développer cette activité autour d’une langue apprise dans de nombreux pays, pourquoi la Mauritanie ne développerait‑elle pas une offre distinctive d’enseignement de l’arabe, fondée sur ses médias, son patrimoine et sa culture? Que pouvons‑nous proposer?

Nous pourrions viser trois grandes catégories: les membres des diasporas mauritaniennes désireux de renforcer leur langue et leur lien avec la patrie, les membres de familles musulmanes cherchant à apprendre l’arabe et le Coran et à comprendre la religion dans un environnement modéré et tolérant, ainsi que les étudiants et chercheurs de divers horizons intéressés par la langue, la culture arabe et islamique. Chaque catégorie a ses besoins: certains veulent un cours d’été de quatre semaines, d’autres recherchent un semestre, d’autres encore souhaitent une année d’apprentissage avant l’université. Certaines familles souhaitent passer des vacances culturelles et religieuses, où les enfants étudient le matin et la famille participe aux visites et activités le soir.

Il faut des programmes clairs du niveau débutant au niveau avancé, avec des niveaux analogues à A1, A2, B1, B2, C1, C2, et des tests qui déterminent le niveau de l’étudiant et mesurent ses progrès. Il faut également des curricula adaptés à ceux qui ne maîtrisent pas l’arabe, ainsi que la formation des enseignants pour gérer des étudiants de différents âges, langues et origines. Les frais de scolarité pourraient, par exemple, commencer à 200 € par mois par étudiant, selon le coût et la qualité du programme, avec une présentation transparente des frais de logement, de nourriture et de transport, et la mise à disposition de bourses pour les étudiants démunis.

La demande existe, il faut simplement faciliter l’accès. Exemple personnel bref: après le lycée en Allemagne, mon fils a rêvé de passer une année à apprendre le Coran et l’arabe à la médiathèque de Nbagh, et il est parti avec un ami arabe. Mais la surprise de la police de l’aéroport face à deux jeunes de dix‑huit ans venus étudier a laissé une impression décourageante, et l’expérience s’est soldée par un séjour de quatre semaines à Nouakchott au lieu de l’année prévue.

Cette expérience montre l’importance de rendre le venue des jeunes pour étudier un processus connu et encourageant, encadré par des procédures claires coordonnées par les établissements d’enseignement et les autorités compétentes. L’étudiant et sa famille ont besoin, avant le départ, d’une admission académique, d’informations fiables sur le logement, d’un point d’accueil qui les suit, et d’un bon accueil, première étape du succès et du marketing de l’expérience. **Villes de savoir, lieux d’hébergement et d’apprentissage** Des villes comme Chinguetti, Wadane, Oualata, Tichit, ainsi que les médias, les villes et les villages éligibles à travers le pays, peuvent devenir des espaces vivants de tourisme éducatif.

Nous souhaitons que les noms de nos villes soient associés à l’apprentissage de l’arabe, comme les noms de villes mondiales le sont à l’enseignement universitaire et linguistique. Pour cela, il faut des salles adéquates, des résidences étudiantes, des maisons équipées pour les familles, des services de santé, une connexion Internet, un transport organisé, tout en préservant le caractère architectural et culturel de ces lieux. On peut faire appel à des familles locales désireuses d’héberger les étudiants contre une compensation équitable, selon des critères clairs de qualité et de suivi.

Ainsi, l’étudiant vit la langue au quotidien et les familles bénéficient directement du projet. **Les diasporas, partenaires du marketing** Les compétences et les associations mauritaniennes à l’étranger peuvent faire connaître les programmes auprès des écoles, universités, centres culturels et familles, et aider à créer des partenariats et à attirer des groupes d’études. Mais le marketing nécessite une offre prête: un site multilingue, des programmes, des dates et des tarifs affichés, une réservation simple, un interlocuteur disponible, et des évaluations sincères des participants.

La meilleure publicité sera un étudiant satisfait, une famille qui recommande l’expérience. Je propose également un été annuel pour les membres des diasporas et leurs familles, combinant arabe, Coran, histoire mauritanienne, sport, visites et volontariat. Une part plus importante du budget des activités estivales devrait être allouée à ces actions, qui laissent un impact éducatif et économique durable.

Apprendre l’arabe et comprendre la religion sous la tutelle d’érudits qualifiés, dans un environnement qui encourage la question, le dialogue et la modération, peut contribuer à protéger les jeunes des idéologies extrémistes et destructrices, afin qu’ils reviennent dans leurs pays de résidence plus conscients de leur identité, plus utiles à leurs sociétés, et qu’ils deviennent des modèles pour d’autres. Nous pouvons commencer avec quelques centaines d’étudiants, puis passer à des milliers, voire des dizaines de milliers chaque année, selon la qualité des programmes et notre capacité d’accueil. Ce qui est nécessaire aujourd’hui, c’est une initiative nationale qui définisse les responsabilités, lance une expérience évaluable et évolutive.

Nous disposons du savoir, de la langue, du patrimoine, et de diasporas capables d’ouvrir les portes. Rassemblons ces éléments dans un projet qui fait de la Mauritanie une destination d’apprentissage, crée du travail et des revenus pour ses habitants, et donne à sa culture une visibilité plus grande dans le monde. La Mauritanie mérite d’être un pays de rayonnement scientifique et culturel.

Et si nous ne prenons pas l’initiative, qui le fera?

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