La Mauritanie signe deux contrats offshore avec Murphy Oil
Deux contrats d’exploration-production ont été signés le mardi 3 novembre 2026 à Nouakchott pour le bloc C10 et le champ de Thiof. Le gouvernement y voit une relance de l’exploration dans le bassin cô...

Selon cette dernière, le retrait a suivi le résultat décevant du forage PannaCotta-1 sur C10. Que montrent les données sismiques et les résultats du puits remis à l’État? Quels prospects Murphy compte-t-elle tester que la campagne précédente a laissés ouverts?
En ce qui concerne Thiof, c’est une découverte de 2003 restée sans développement commercial. Le ministère présente ce champ, également appelé Oualata, avec une estimation d’environ 280 millions de barils. Murphy n’a publié ni nouvelle estimation pour Thiof ni décision de développement dans son annonce.
La question est de savoir quelle part de cette découverte pourrait être récupérée à un coût compatible avec une exploitation commerciale. Après plus de vingt ans, le dossier mérite une explication technique sur les obstacles rencontrés et les hypothèses que le nouvel opérateur entend tester. Ce que Murphy peut financer et ce qu’elle s’engage à financer Murphy a les moyens de mener des opérations en mer.
Fondée en 1950 et entrée en Bourse en 1956, cette compagnie indépendante basée à Houston a produit en moyenne environ 186 500 barils équivalent pétrole par jour au troisième trimestre 2026 et dégagé un bénéfice net attribuable au groupe de 171,1 millions de dollars. Elle a mis en production Lac Da Vang au Vietnam et avancé dans l’évaluation de la découverte de Bubale en Côte d’Ivoire. Son budget mondial d’investissement pour 2026, de 1,5 à 1,6 milliard de dollars hors intérêts minoritaires, donne une mesure de sa taille.
Les dépenses promises sur C10 et Thiof restent à chiffrer. Le gré à gré rend la publication des engagements d’autant plus importante Dès décembre 2025, un communiqué du Conseil des ministres faisait état d’une demande de dérogation à l’appel à la concurrence, au titre de l’article 18 du Code des hydrocarbures bruts, pour C7, C10 et Thiof afin de permettre des négociations directes. Le ministère devrait rendre publics l’acte autorisant la dérogation, les critères qui ont conduit à retenir Murphy et, pour chacun des deux contrats signés, le programme minimum de travaux.
Une réinterprétation des données existantes et un puits ferme assorti d’une échéance et d’une garantie financière représentent des engagements très différents. Signalons que Murphy Oil Corporation et ses filiales ont été impliquées dans plusieurs affaires documentées, dont un déversement majeur de pétrole en Louisiane, un dossier de pollution de l’air et un arbitrage contre le Canada sur les retombées locales de projets pétroliers offshore. Pour la Mauritanie, le dossier invite à examiner les clauses de formation, de recours aux prestataires nationaux et de règlement des différends, ainsi que les moyens de contrôler leur exécution.
Aussi les pièces à examiner sont les assurances, les garanties de la maison mère, le plan d’intervention en mer et les mécanismes d’indemnisation des pêcheurs si leurs activités sont touchées. La signature a donné à Washington une occasion d’afficher son soutien à une entreprise américaine et à Nouakchott celle de remettre deux actifs offshore au travail. La suite se jugera bloc par bloc.
Quel montant Murphy est-elle tenue de dépenser? Quels travaux l’État peut-il exiger et à quelle date? Qui paiera si les opérations causent des dommages?
La publication des contrats et de leurs annexes de travaux donnerait enfin un contenu vérifiable à la promesse de prospérité partagée.