De la stabilité au développement… Lecture de la philosophie du gouvernement du président Ghazouani / Ismail Ould Rabani.
Le Haut‑Commissaire à la Présidence, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a compris, dès sa prise de fonction, que la Mauritanie, face aux défis économiques, sociaux et de développement qu’elle rencontre, a avant tout besoin d’un environnement politique et institutionnel stable, permettant de diriger…

Le développement, selon cette vision, n’est ni une décision isolée ni un projet ponctuel, mais un processus intégré nécessitant stabilité, planification, ressources, gestion efficace et participation citoyenne. L’équité, dans l’évaluation de cette expérience, consiste à reconnaître les avancées réalisées dans divers domaines, sans occulter le fait que le chômage, la pauvreté, la faiblesse des services, les inégalités de développement restent des défis à relever, et que le maintien de l’élan nécessite davantage d’effort, de rigueur et d’efficacité. Néanmoins, l’importance du parcours réside dans le fait qu’il a placé un ensemble de priorités nationales dans une vision cohérente, redonnant du crédit à l’idée que le développement est la responsabilité de l’État et de la société, et non la tâche d’un seul ministère ou d’un programme circonstanciel.
Une lecture attentive de la philosophie de gouvernance du président El Ghazouani révèle une tentative de faire passer la Mauritanie d’une phase de consolidation de la stabilité et de renforcement des institutions à une phase plus large intitulée amélioration de la performance, élargissement de la base de la justice sociale et accélération du rythme du développement. Si la stabilité a été le titre le plus visible de la première phase, le défi actuel consiste à rendre le développement plus profond, plus étendu et plus impactant dans la vie des citoyens, à transformer les investissements, les réformes et les programmes sociaux en gains durables dépassant les limites de la mission et de la période politique. Le véritable pari ne réside pas seulement dans le nombre de projets réalisés ou le volume des ressources allouées, mais dans la capacité de l’État à bâtir un modèle de développement équilibré, garantissant aux citoyens de meilleures opportunités, offrant à l’économie une plus grande capacité de production et de compétitivité, et rendant les institutions plus efficaces et réactives aux attentes de la société.
C’est là la valeur la plus profonde du passage de la stabilité au développement: faire de la quiétude politique une énergie de construction, transformer les ressources de l’État en outils d’amélioration de la vie des populations, et faire de la réalisation un processus continu qui ne s’arrête pas aux programmes et aux plans. L’expérience du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani mérite d’être lue et évaluée à la lumière de cette articulation entre stabilité, réforme, justice sociale et développement; c’est une approche qui place la Mauritanie devant une opportunité importante de consolider les acquis, de corriger les déséquilibres et d’avancer résolument vers un avenir plus prospère et plus juste. * Ismail Ould Rabani, directeur de publication, Agence du Pacte National de l’Information.