Forum des communautés mauritaniennes… lorsqu’il accueille ses membres, les promesses deviennent‑elles réalité ? (ouverture du quotidien Al‑Sada)
Mohamed Abdel Rahman El Moutabi / directeur éditeur, rédacteur en chef du groupe Al‑Sada pour les médias Écrit par : rédacteur en chef / Mohamed Abdel Rahman El Moutabi La tenue du premier forum des communautés mauritaniennes à Nouakchott n’était pas simplement une occasion officielle pour…

D'après les sources officielles, mohamed Abdel Rahmane El‑Mojtaba / le directeur‑éditeur, rédacteur en chef du groupe As‑Sada pour les médias Écrit: rédacteur en chef / Mohamed Abdel Rahmane El‑Mojtaba La tenue du premier Forum des communautés mauritaniennes à Nouakchott n’était pas seulement une occasion officielle d’accueillir les Mauritaniens expatriés, mais aussi une opportunité de reposer la question de la relation entre l’État et ses enfants dispersés à travers le monde, et de savoir comment transformer l’appartenance nationale commune en un véritable partenariat dont le pays profite et qui offre aux expatriés l’attention, la reconnaissance et la participation qu’ils méritent. L’initiative lancée par le président de la République, Mohamed Ould Cheikh El‑Ghazouani, prend son importance du fait qu’elle vise à rassembler les Mauritaniens de l’étranger, à écouter directement leurs aspirations et leurs préoccupations, et à ouvrir des canaux de communication avec eux, permettant de tirer parti de leurs compétences scientifiques et professionnelles, de leurs capacités économiques et de leurs relations internationales. Les communautés ne sont donc pas seulement une extension humaine de la Mauritanie au‑delà de ses frontières, elles constituent également un capital national pouvant devenir un levier pour le développement, l’investissement, le transfert de connaissances et le renforcement de la présence mauritanienne dans le monde.
Ce qui multiplie l’importance de cette rencontre, c’est que sa préparation s’est faite par des contacts et une mobilisation dans plusieurs pays, où les membres des communautés ont participé à des discussions et à des arrangements reflétant un large intérêt pour l’initiative et les espoirs qu’elle suscite d’être le début d’une nouvelle phase dans la relation de l’État avec ses citoyens à l’étranger. La tenue du forum a ainsi couronné ce mouvement et offert une occasion de faire passer les revendications des espaces de discussion fragmentés à une plateforme nationale unifiée. Le discours du président de la République, ainsi que l’intervention du ministre des Affaires étrangères, ont transmis des messages clairs concernant l’attention de l’État à ses citoyens migrants, la reconnaissance de leur rôle dans le service du pays, et la confirmation de l’importance de maintenir les liens avec eux et de faciliter leur contribution au processus de développement.
Ces messages ont suscité une réaction notable de la part des participants, qui ont montré un grand enthousiasme et exprimé des aspirations allant au‑delà des simples courtoisies et rencontres protocolaires, vers des revendications concrètes liées à la participation politique, à l’amélioration des services consulaires, à l’encouragement de l’investissement, et à la mise à disposition d’avantages et de facilités tenant compte de la situation particulière des Mauritaniens résidant à l’étranger. Cependant, l’évaluation du forum doit s’arrêter sur certains aspects organisationnels, notamment le fait que l’État n’a pas pris en charge les frais de déplacement et d’hébergement des participants. Il aurait été approprié d’adopter une formule garantissant la représentation de chaque communauté par un nombre de délégués proportionnel à sa taille, l’État prenant en charge les frais de deux ou trois d’entre eux, tout en laissant la possibilité aux autres souhaitant participer de se rendre sur leurs propres frais.
Une large participation est importante, mais assurer une représentation équilibrée et équitable n’en est pas moins essentiel. Le véritable enjeu ne réside pas dans le nombre de mots prononcés, ni dans l’ampleur de l’accueil réservé aux participants, mais dans les décisions et mesures qui découleront du forum. Les revendications des communautés trouveront‑elles leur chemin vers la mise en œuvre?
Les promesses seront‑elles traduites en mécanismes clairs garantissant leur participation politique, protégeant leurs intérêts, encourageant leurs investissements et facilitant leur retour temporaire ou définitif? C’est le test qui déterminera la valeur de cette initiative. Les Mauritaniens de l’étranger n’attendent pas tant des privilèges exceptionnels que la gestion d’une administration qui respecte leurs droits, des institutions qui répondent à leurs préoccupations, et des procédures administratives transparentes qui ne bloquent pas leurs initiatives ni ne dissipent leur enthousiasme.
Le danger le plus grand pour cette initiative est qu’elle se limite à des images et des discours, pour que ses résultats se perdent dans les méandres de la bureaucratie et de la négligence administrative. Dans ce cas, la déception ne concernerait pas seulement les participants, mais la Mauritanie perdrait une occasion précieuse de regagner la confiance de ses enfants et de profiter de leurs contributions. Le pays a célébré ses enfants lors de ce forum, et il reste à leur prouver, par des actes et non par des paroles, que ses portes leur restent ouvertes, que leur place dans la construction du pays est préservée, et que les espoirs qu’ils ont portés ne s’évanouiront pas une fois le rideau baissé sur les activités du forum.
Source: éditorial du journal « As‑Sada », édition papier du mercredi 26 Jumada al‑Ula 1447 AH, correspondant au 04/11/2026.