Société·

Crise électrique à Nouakchott : tirer les enseignements pour moderniser le réseau de la SOMELEC

Analyse des récents incidents électriques à Nouakchott : urgence des investissements de la SOMELEC, responsabilité de l’État et civisme des usagers. À quelque chose malheur est bon. Puisqu’il faut...

RM
RapideInfo.mrTexte original
Lire sur RapideInfo.mr
Photo RapideInfo.mr

Il ressort que on ne peut pas réclamer un service électrique toujours plus fiable et de meilleure qualité alors qu’une partie des consommateurs rechignent à s’acquitter régulièrement de ses factures, tandis que d’autres, malheureusement nombreux, recourent à des branchements ou à des manipulations frauduleuses et, pire encore, se permettent de gaspiller l’énergie puisqu’ils ne la paient pas. C’est le comble de l’irresponsabilité. Enfin, et j’aurais peut-être dû commencer par eux, il y a le personnel de la SOMELEC, agents d’exécution et encadrement, qui mesurent mieux que quiconque la fragilité du système et les conséquences que peut avoir la défaillance d’un seul équipement critique.

Ils savent aussi qu’en cas de rupture du service, c’est vers eux que se tournent immédiatement les critiques, même lorsque l’origine de l’incident ne relève pas directement de leur responsabilité. Cette réalité leur impose une exigence particulière: renforcer la maintenance préventive, la surveillance des installations, l’anticipation des risques, la préparation aux situations de crise et la rapidité d’intervention. Lorsque le système est fragile, la qualité de l’exploitation et de la maintenance devient encore plus déterminante.

Mais il faut également être juste avec eux: on ne peut demander indéfiniment aux hommes de compenser, par leur disponibilité, leur expérience et leurs efforts, les insuffisances structurelles des équipements. Le dévouement du personnel est indispensable, mais il ne peut remplacer les investissements nécessaires. Au fond, ces incidents rappellent une vérité simple: la service électrique est une responsabilité partagée.

À l’État revient la responsabilité de prévoir, de financer et d’organiser le développement du système; à la SOMELEC, celle d’exploiter, d’entretenir et de sécuriser au mieux les infrastructures; aux usagers, celle de payer l’énergie qu’ils consomment, de respecter les installations et d’éviter le gaspillage. Si les événements de ces derniers jours permettent de faire progresser cette prise de conscience collective et, surtout, de transformer les constats en décisions, alors, effectivement, à quelque chose malheur aura été bon. Dahane Ould Taleb Ethmane

PartagerWhatsAppFacebookX
Sur le même sujet