Mauritanie.. quand la diplomatie de la modération devient un pari international de succès.
Depuis l'arrivée à la présidence de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, la politique extérieure mauritanienne a adopté une orientation basée sur la construction de la confiance, l'élargissement des partenariats et le maintien de l'indépendance de la décision nationale. C’est une approche qui peut sembler calme…

Il ressort que la Mauritanie a ainsi maintenu des relations équilibrées avec son environnement arabe et africain, s’est ouverte à ses partenaires internationaux et a abordé les transformations géopolitiques rapides selon une logique d’intérêts nationaux plutôt que d’alignement aveugle. Dans ce contexte précis, il faut lire l’élection d’Ismail Ould Cheikh Ahmed. L’homme n’est pas seulement un candidat mauritanien qui a réussi un parcours diplomatique; il est le produit d’une école diplomatique mauritanienne dotée d’une profonde expérience de la gestion de crises, de la médiation et de la négociation.
Son long parcours aux Nations unies, sa mission de représentant spécial de l’ONU au Yémen, ainsi que son expérience gouvernementale, lui confèrent les outils nécessaires à la fonction de secrétaire général d’une organisation de l’envergure de l’Organisation de la coopération islamique. Ainsi, le gain mauritanien ne s’arrête pas à l’arrivée d’Ould Cheikh Ahmed au sommet de l’organisation, mais se traduit par le fait que le nom de la Mauritanie est désormais associé à la compétence, à la modération et à la capacité de construire le consensus. Cette réputation ne s’achète pas avec de l’argent, ni ne se perd dans le vacarme politique; elle se construit par des positions calculées, des relations équilibrées et une confiance mutuelle.
L’élection d’Ould Cheikh Ahmed offre, en fin de compte, une image concentrée de ce que la diplomatie peut accomplir lorsqu’elle devient une politique d’État: une personnalité nationale dotée d’une compétence internationale, un capital accumulé de confiance, une vision présidentielle fondée sur l’ouverture et la modération, et un pays qui montre que l’influence ne se mesure pas toujours à la taille de l’économie, mais à la capacité de l’État à être un partenaire fiable, une voix audible et un médiateur accepté. C’est là que réside la valeur politique majeure de l’événement: la Mauritanie n’est pas parvenue à cette position parce que le monde islamique avait besoin d’un simple nom mauritanien, mais parce que le nom de la Mauritanie est devenu, au moment du choix, capable de rassembler un large espace de consensus. Dans le langage des relations internationales, c’est l’un des fruits les plus précieux de la diplomatie de confiance.