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​Diplomatie de la mesure ou quand la constance consacre la présence de la Mauritanie par El Wely Sidi Heiba

Les succès diplomatiques enregistrés avec constance par la Mauritanie au cours des dernières années ne sauraient être considérés comme une simple succession de circonstances favorables, ni comme l’add...

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Il ressort que cette diplomatie du calme et de la mesure qui ne signifie ni retrait, ni effacement, ni renoncement à défendre les intérêts du pays, traduit plutôt une conception de l’influence selon laquelle la puissance diplomatique peut aussi résider dans la capacité à: - écouter avant de trancher, - comprendre avant de répondre, - rapprocher avant d’opposer -maintenir ouverts les canaux de communication même lorsque les circonstances rendent le dialogue plus difficile. Dans un monde où la surenchère verbale et les positionnements immédiats occupent souvent l’espace public, cette retenue peut paradoxalement devenir une forme de force, précisément parce qu’elle laisse à la diplomatie le temps nécessaire pour produire des résultats et permet à l’État de conserver des marges de manœuvre lorsque les équilibres évoluent. C’est dans cette logique qu’il convient également de comprendre la multiplication des initiatives, des rencontres de haut niveau et des responsabilités assumées par la Mauritanie au cours des dernières années, qui témoignent d’une diplomatie progressivement passée d’une logique de représentation à une logique davantage orientée vers l’action, la médiation, la concertation et la recherche de convergences, soit une évolution qui n’est pas spectaculaire dans chacune de ses manifestations prises séparément, mais dont la cohérence d’ensemble dessine, avec le temps, une image nouvelle du pays et contribue à renforcer sa capacité à être entendu au-delà de son poids démographique ou économique.

L’accession au Secrétariat général de l’Organisation de la coopération islamique apparaît ainsi moins comme un point d’arrivée que comme une nouvelle étape dans cette construction progressive, car une responsabilité internationale de cette nature, semblable à celle de de la BAD, ne constitue pas seulement une reconnaissance du chemin parcouru. Elle crée également une exigence nouvelle de crédibilité, de disponibilité et de capacité à agir, invitant la Mauritanie à transformer davantage encore le capital de confiance dont elle dispose en capacité de contribution aux grands enjeux de son espace d’appartenance. Au fond, la trajectoire diplomatique mauritanienne de ces dernières années semble illustrer une vérité simple mais exigeante, dans les relations internationales, l’influence la plus durable n’est pas toujours celle qui se manifeste avec le plus de bruit, mais celle qui s’installe progressivement dans les esprits, dans les relations et dans les mécanismes de coopération.

C’est elle qui permet à un État d’être recherché lorsqu’il faut dialoguer, écouté lorsqu’il faut rapprocher les positions et respecté lorsqu’il défend ses intérêts avec constance, sans fermer les portes à ses partenaires. La Mauritanie a ainsi choisi une voie diplomatique dont la singularité réside précisément dans cet équilibre entre discrétion et présence, prudence et initiative, attachement aux principes et réalisme dans l’action, en faisant de la stabilité non pas une posture passive, mais un véritable levier d’influence, et de la confiance non pas un acquis définitif, mais une responsabilité qui se construit jour après jour. Une diplomatie qui avance sans bruit, certes, mais dont la constance finit par donner à la voix mauritanienne une portée qui dépasse progressivement les frontières du pays et s’inscrit avec davantage de force dans les équilibres régionaux et internationaux.

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