Événement et commentaire / le raccordement électrique mauritanien‑marocain… partenariat qui construit la sécurité énergétique.
Le projet d’interconnexion électrique entre la Mauritanie et le Maroc progresse à grands pas, témoignant d’un renforcement de la coopération stratégique entre les deux pays, et confirmant que le partenariat bilatéral ne se limite plus aux domaines traditionnels, mais s’oriente désormais vers de nouvelles perspectives.

Il ressort que la Mauritanie possède d’importants potentiels en solaire, éolien et hydrogène vert, tandis que le Maroc a accumulé, au cours des dernières années, une solide expérience dans le développement de projets d’énergies renouvelables et d’infrastructures électriques. Le raccordement des deux réseaux pourrait donc, à l’avenir, faire partie d’un système plus large d’échanges d’énergie propre, tirant parti des ressources disponibles de part et d’autre de la frontière. En janvier 2025, les deux pays ont signé un mémorandum d’entente visant à développer le partenariat dans les domaines de l’électricité et des énergies renouvelables, étape qualifiée de « pivotale » pour accélérer la coopération dans ce secteur.
Dès lors, le projet de raccordement électrique s’insère dans une série de projets susceptibles de transformer la Mauritanie et le Maroc en un espace intégré de coopération énergétique. La stabilité de l’électricité implique la stabilité de la production, l’augmentation de la capacité des entreprises, des usines et des installations économiques à fonctionner, ainsi que l’amélioration de l’attractivité des investissements. Le raccordement pourra donc engendrer des retombées au‑delà du secteur énergétique, touchant l’industrie, le secteur minier, les services, le dessalement d’eau, les infrastructures, l’économie numérique et d’autres domaines de plus en plus dépendants d’une électricité fiable et de qualité.
Le projet s’inscrit également dans une dynamique plus large de renforcement du raccordement énergétique régional en Afrique. On a déjà évoqué la possibilité que le raccordement mauritanien‑marocain facilite les échanges d’énergie avec l’Europe et l’Afrique de l’Ouest dans le cadre d’un réseau continental. Cette dimension régionale confère au projet une importance supplémentaire, en transformant la relation énergétique entre Nouakchott et Rabat d’une coopération bilatérale limitée en un maillon potentiel d’un réseau plus vaste d’intégration électrique entre le Nord et l’Ouest du continent africain.
Le fait que les études soient achevées avant décembre 2026 constitue en soi un indicateur positif du passage du projet du stade d’idée et d’accords politiques à des phases plus avancées de préparation technique et d’exécution. Si les grands projets exigent naturellement des études détaillées, des évaluations techniques, économiques et environnementales, le respect du calendrier annoncé montre le sérieux des deux parties à concrétiser ce projet. Le raccordement électrique entre la Mauritanie et le Maroc apparaît aujourd’hui comme bien plus qu’une simple ligne de transport d’électricité: c’est un nouveau pont pour le développement, l’intégration et la sécurité énergétique, reflétant la profondeur des relations entre les deux pays et traduisant une volonté commune de bâtir des partenariats opérationnels au service d’intérêts mutuels.
Le soutien marocain apporté à la Mauritanie pendant la crise électrique, conjugué à la poursuite des travaux sur le projet de raccordement, envoie un message clair: les partenariats réussis ne se mesurent pas uniquement au nombre d’accords signés, mais à leur capacité à produire des résultats tangibles, à renforcer la résilience des États face aux défis et à ouvrir de nouvelles perspectives pour leurs populations. Dans cette perspective, le projet de raccordement électrique mauritanien‑marocain représente un investissement dans l’avenir avant d’être un simple investissement dans des câbles et des stations, car il s’agit d’un investissement dans la stabilité énergétique, le développement, et une intégration économique et régionale dont les perspectives pourraient s’élargir considérablement au cours des prochaines années. Agence du Waam national d’information.