Éducation en Mauritanie : le temps des actes a sonné
Tribune : Éducation en Mauritanie : « le temps des actes a sonné » Par des citoyens engagés pour l’avenir de la République. La Mauritanie s’apprête à ouvrir une nouvelle année scolaire. Des...

Selon les dernières évaluations internationales, 93% des élèves en fin de primaire ne savent pas lire un texte simple adapté à leur âge. Dans les zones rurales, des enfants parcourent des kilomètres pour atteindre des écoles sans toit, sans bancs, parfois sans enseignant. En ville, les classes surchargées cohabitent avec des établissements privés réservés à une minorité, creusant chaque jour davantage les inégalités.
Comment accepter qu’en 2026, dans une Mauritanie qui se veut moderne et tournée vers l’avenir, l’école publique censée être l’ascenseur social de la République soit devenue le lieu où se reproduisent et s’amplifient les injustices? Des réformes sur le papier, des promesses dans les tiroirs Certes, les autorités ont affiché des orientations louables: gratuité et obligation scolaire de 6 à 15 ans, valorisation des langues nationales, création d’une caisse de soutien au logement des enseignants. Le Premier ministre Mokhtar Ould Diay a présidé plusieurs conseils ministériels dédiés à la préparation de la rentrée.
La ministre de l’Éducation, Houda Babah, affiche une volonté de rigueur et de proximité avec le terrain. Mais les réformes de l’Éducation en Mauritanie ne se mesurent pas aux déclarations, aux réunions ou aux communiqués de presse. Elles se jugent aux résultats.
Et sur ce plan, le bilan est accablant. Ce que nous attendons: cinq engagements concrets Nous, citoyens mauritaniens, parents d’élèves, enseignants, membres de la société civile, adressons au gouvernement un appel solennel. L’éducation ne peut plus être une variable d’ajustement budgétaire ou un chapitre secondaire dans les priorités nationales.
Nous exigeons: 1. Un budget de l’éducation à la hauteur des enjeux La Mauritanie doit augmenter significativement son investissement dans le secteur éducatif, avec une allocation prioritaire aux infrastructures, aux manuels scolaires, au numérique pédagogique et à la formation continue des enseignants. 2.
Une politique claire de recrutement et de motivation des enseignants Il faut recruter massivement des maîtres qualifiés, les former en continu, et créer des incitations réelles (logement, primes, avancement) pour qu’ils acceptent de servir dans les zones reculées. 3. Des mesures sociales concrètes contre l’abandon scolaire Cantines scolaires, bourses d’études, soutien spécifique aux filles, transport scolaire: chaque enfant doit pouvoir rester à l’école, quelles que soient les conditions de sa famille.
4. Une clarification de la politique linguistique Les langues nationales, arabe, poular, soninké, wolof,doivent être valorisées dans l’enseignement, avec des passerelles claires entre l’enseignement originel, le système formel et la formation professionnelle. 5.
Un suivi rigoureux et transparent des engagements Le gouvernement doit publier des indicateurs de performance publics, rendre des comptes réguliers à la nation, et accepter le contrôle citoyen sur l’exécution du budget de l’éducation. L’urgence est maintenant Chaque jour sans action concrète, ce sont des milliers d’enfants mauritaniens qui perdent une année, une chance, un avenir. La jeunesse mauritanienne est pléthorique, le marché du travail est étroit, et l’école peine à faire le lien: c’est une équation sociale explosive, comme le reconnaissent les partenaires internationaux.
L’école républicaine ne sera pas une réalité tangible par des déclarations ou des conseils ministériels. Elle le deviendra par des actes: des écoles construites, des maîtres formés et présents, des manuels distribués, des apprentissages réels. L’histoire jugera!
Dans dix ans, dans vingt ans, l’histoire ne retiendra pas les discours prononcés dans les salles de conseil. Elle retiendra les enfants qui ont pu aller à l’école, les jeunes qui ont trouvé un emploi, les femmes qui ont brisé le cycle de la pauvreté grâce à l’instruction. La Mauritanie a le choix: continuer à gérer la crise ou transformer l’école en véritable projet de société.
Nous choisissons la transformation. Nous choisissons l’avenir. Le temps des actes a sonné.
Le gouvernement doit maintenant répondre à l’appel de la nation. Les signataires de cette tribune appellent tous les citoyens mauritaniens, la diaspora, les partenaires internationaux et la presse nationale à relayer ce message et à exercer une pression citoyenne pour que l’éducation devienne enfin la priorité absolue de la République. Abdoulaziz DEME Le 05 Septembre 2026