À BOUT DE SOUFFLE : QUAND LA FAIM ET LA PEUR DÉTRUISENT LA DIGNITÉ
Par Assa-Tocka DIAGANA* Je prends la parole aujourd’hui non par plaisir, mais par devoir. Comment la Mauritanie en est-elle arrivée à une situation où tant de familles peinent à satisfaire leurs besoi...
D'après les sources officielles, lES FEMMES ENTRE PEUR ET ABANDON Chaque jour, des femmes et des filles vivent avec la peur: peur dans la rue, peur dans certains foyers, peur face au silence et à l’insuffisance de protection.La Mauritanie ne peut continuer à détourner le regard. La question de la protection des femmes contre les violences physiques, sexuelles et psychologiques doit être traitée comme une priorité nationale. Une société ne peut prétendre défendre ses valeurs tout en laissant ses femmes et ses filles sans protection suffisante.
La loi communément appelée « loi Karama », destinée à renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes, demeure au cœur des attentes et des débats. Au-delà des controverses, une exigence doit nous rassembler: aucune considération politique, sociale ou idéologique ne doit justifier l’abandon des victimes. La véritable morale consiste à protéger les plus vulnérables, à rendre justice et à sanctionner les violences.
NI SILENCE, NI COMPROMIS Aux autorités, aux parlementaires, aux oulémas et à la société civile, nous adressons le même appel: le silence ne peut être une réponse. Les femmes mauritaniennes ne demandent pas la charité. Elles demandent leurs droits.
Elles demandent la sécurité, la justice et la possibilité de vivre sans peur. Nous avons besoin de lois efficaces, de mécanismes de protection, d’une justice accessible et de politiques publiques capables de prévenir et de combattre toutes les formes de violence. LA DIGNITÉ AVANT TOUT Parler n’est pas trahir.
Alerter n’est pas détester son pays. C’est, au contraire, l’aimer suffisamment pour refuser le silence. La Mauritanie mérite mieux que la gestion de la pénurie, de la peur et du désespoir.
Elle mérite un véritable projet de société, fondé sur la justice sociale, la dignité, l’emploi, la sécurité et l’égalité devant les droits. Monsieur le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, les Mauritaniens attendent des réponses concrètes à leurs difficultés quotidiennes. Le père de famille, la cheffe de ménage, le jeune sans emploi, la fille et la femme sans protection ne peuvent plus se contenter de discours.
Il est temps de choisir clairement: Une République qui protège ou une République qui abandonne. La dignité des Mauritaniens ne doit jamais devenir une variable politique. *Citoyenne mauritanienne – Membre de la société civilePrésidente du Groupement des Femmes Leaders – Égalité et Justice