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Événement et commentaire / depuis la plateforme des Nations Unies à New York… la Mauritanie trace les contours d’un monde plus juste et plus stable.

Début du discours du ministre des Affaires étrangères et de la coopération africaine et des Mauritaniens à l’étranger, Mohamed Salem Ould Merzoug, devant la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, plus proche d’élaborer une vision intégrée sur la manière de traiter …

AW
Al WiamTraduit de l'arabe
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Photo Al Wiam

D'après les sources officielles, le discours prend également son sens dans son contexte international; la 81ᵉ session de l’Assemblée générale se tient sous le slogan « Restaurer la confiance, gérer la transition: des Nations unies qui produisent des résultats pour tous », tandis que son agenda met en avant les questions de coopération multilatérale, de paix, de développement, de climat et de gouvernance technologique. Le message central du discours d’Ould Merzoug confirme que le monde ne fait plus face à une crise passagère ou à un ensemble de crises séparées, mais à une phase de transformation profonde de la structure même du système international. Les mutations géopolitiques, selon la vision portée par le discours, ne déterminent plus seules l’avenir des relations internationales; elles sont désormais liées à l’économie, à l’environnement, à la sécurité, aux migrations, à la technologie et aux situations humaines.

Cela signifie que les outils de gestion du monde ancien ne sont plus nécessairement suffisants pour gérer un monde où les risques se chevauchent et dépassent les frontières nationales. D’où l’accent mis sur le renouvellement du travail multilatéral et le renforcement de l’ONU afin qu’elle retrouve son efficacité. Ce message rejoint clairement le débat mené par la présidence actuelle de l’Assemblée générale sur la restauration de la confiance dans l’organisation internationale et sa réforme pour qu’elle soit davantage capable de produire des résultats concrets.

Ainsi réside l’une des principales significations du discours: la Mauritanie ne propose pas le multilatéralisme comme un choix idéal, mais comme une nécessité pratique pour un monde dont les crises dépassent la capacité des États pris individuellement à les contenir. Il est notable que le discours ne traite pas la technologie comme un simple slogan de progrès, mais l’insère dans l’équation de la gouvernance et de la responsabilité. La transformation technologique accélérée, selon le ministre, peut être un levier de développement et d’amélioration de la vie des populations, mais elle peut aussi devenir une source de nouveaux risques si elle n’est pas accompagnée d’une gouvernance sage et d’une utilisation responsable.

Cette approche porte un message important: le problème ne réside pas dans la technologie elle‑même, mais dans la façon dont on gère la transition technologique et la dirige au service de l’humain. D’où le lien entre connaissance et technologie d’une part, et gouvernance, ouverture d’esprit et responsabilité d’autre part, afin de placer la Mauritanie dans le débat international plus large sur la gestion des grandes transformations, plutôt que de la voir comme simple consommatrice de ces transformations. Parmi les messages politiques les plus forts du discours figure l’appel à restaurer les valeurs fondatrices des Nations unies et l’avertissement contre la sélectivité dans l’application du droit international et le détournement des engagements collectifs.

Le discours passe alors de la description de la crise du système international à l’identification d’une de ses causes: le fossé entre les principes proclamés et la pratique réelle. Si le droit international est appliqué de façon inégale, et si les engagements collectifs peuvent être suspendus selon les rapports de force, la confiance dans les institutions internationales s’érode, et la capacité de la communauté internationale à prévenir et à résoudre les conflits diminue. Ce message dépasse une question particulière, car il établit un critère général pour les relations internationales, selon lequel la force du système international ne se mesure pas seulement à ses chartes et résolutions, mais à la cohérence de leur application à tous.

Dans ce contexte s’inscrit la demande de réforme du Conseil de sécurité afin d’assurer une représentation plus équitable du continent africain, y compris l’obtention de sièges permanents. L’enjeu ne se limite pas à augmenter le nombre de sièges africains, mais à repenser la structure d’institutions internationales créées dans un contexte historique différent de la réalité actuelle du monde. Le discours relie également la réforme du système politique international à la réforme du système financier mondial et à la révision des conditions d’endettement.

Cette approche révèle que la Mauritanie considère la sécurité et le développement comme deux voies indissociables; on ne peut construire une stabilité durable dans un monde où les déséquilibres profonds en matière de développement et de financement persistent. En mettant l’accent sur la représentation africaine au sein du Conseil de sécurité, le discours place la question du continent au cœur du débat sur la réforme du système international. Le message plus large est que l’Afrique ne doit pas rester présente à l’agenda international uniquement à travers les dossiers de guerre, de migration, de pauvreté et de changement climatique, mais qu’elle doit être actrice dans la prise de décision internationale.

Cette proposition s’inscrit dans une vision plus large du partenariat international, fondée sur une plus grande place accordée aux pays africains dans l’élaboration des décisions qui touchent leur sécurité, leur développement et leur avenir. Un aspect important du discours d’Ould Merzoug est qu’il ne dissocie pas l’image de la Mauritanie à l’étranger de son parcours intérieur. Après avoir exposé les positions internationales du pays, il aborde le dialogue politique national, le renforcement des institutions, l’ancrage de l’État de droit et de la démocratie, la protection des droits et libertés, ainsi que les programmes sociaux et économiques, la réforme de l’éducation, la protection sanitaire, la transparence, l’indépendance de la justice, la lutte contre la corruption et l’amélioration du climat des affaires.

Cette organisation porte une signification politique claire: la politique extérieure, telle que présentée dans le discours, n’est pas séparée de la construction de l’État de l’intérieur. Un État qui veut défendre à l’étranger les principes du droit international, du dialogue et du règlement pacifique des différends, projette en même temps une image de lui‑même comme un pays qui cherche à renforcer le dialogue, les institutions et les réformes à l’intérieur. Dans le volet sécuritaire, un autre message crucial apparaît: présenter l’expérience mauritanienne comme fondée sur la combinaison de sécurité, de pensée et de développement.

La lutte contre l’extrémisme, selon le discours, ne repose pas uniquement sur les moyens sécuritaires, mais s’accompagne d’une prise en charge des causes de la pauvreté, de la fragilité et du dialogue intellectuel. Cette vision place la sécurité comme le résultat d’un ensemble de politiques intégrées, et non comme une simple capacité de réponse militaire. Cette approche revêt une importance particulière dans le contexte régional de la Mauritanie, où le maintien de la stabilité est également lié à la prise en charge des environnements sociaux et économiques que les organisations extrémistes et les réseaux criminels peuvent exploiter.

Dans le domaine de la migration irrégulière, le discours porte un message de responsabilité partagée entre les pays d’origine, de transit et de destination, ce qui signifie concrètement le rejet de la réduction du phénomène à son aspect sécuritaire ou la charge d’un seul pays pour un phénomène transfrontalier. La lutte contre le trafic d’immigrés et la traite des êtres humains est indispensable, mais le discours associe également la prise en charge des causes et le respect de la dignité et des droits des migrants. Ainsi, la position mauritanienne tente de concilier exigences sécuritaires et considérations humanitaires, un équilibre crucial pour un État situé sur l’une des principales routes migratoires vers l’Europe.

Concernant la question palestinienne, le discours maintient la position mauritanienne bien connue: soutien à la création d’un État palestinien indépendant et viable sur les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, dans le cadre de l’initiative arabe de paix et des résolutions de légitimité internationale. La nouveauté réside dans l’accent mis sur le passage des résolutions à leur mise en œuvre, en appelant à l’application effective de la résolution 2803 du Conseil de sécurité sur le plan de paix à Gaza, ouvrant la voie à l’aide et à la reconstruction, ainsi qu’à l’arrêt des colonies et à la concrétisation de la solution à deux États. Le discours a également salué les efforts de médiation des États-Unis, de l’Égypte, du Qatar et de la Turquie, et a accueilli les initiatives européennes relatives à la reconnaissance de l’État de Palestine et à l’imposition de sanctions contre les colons impliqués dans des violences, comme le rapporte le texte.

Il a réitéré l’appel de la Mauritanie à la cessation de l’escalade au Moyen‑Orient et à la mise en œuvre effective du plan de paix à Gaza. Si l’on devait résumer le discours d’Ould Merzoug en une seule idée, ce serait que la Mauritanie se présente à l’ONU comme un pays qui défend le multilatéralisme, le dialogue et le droit international, lie sécurité et développement, et appelle à la réforme des institutions internationales pour les rendre plus justes, représentatives et efficaces. Le discours ne s’est pas limité aux dossiers du Moyen‑Orient, de l’Afrique ou de la migration, mais a cherché à placer toutes ces questions dans un cadre plus large, en répondant à la grande interrogation: comment le monde peut‑il gérer une transition historique sans perdre les règles de coopération qui, à divers degrés, ont empêché la transformation des crises en chaos total?

Sous cet angle, le message le plus important de la Mauritanie est l’appel à restaurer la confiance dans l’action internationale par sa réforme, et non par le contournement de ses institutions; et à gérer les nouvelles transformations par le dialogue et la gouvernance, et non uniquement par la logique de la force. Ce message prend une importance supplémentaire lors d’une session des Nations unies qui a d’emblée adopté le slogan « Restaurer la confiance et gérer la transition », faisant du discours mauritanien une partie intégrante du débat international plus large sur l’avenir du multilatéralisme et du rôle des Nations unies dans un monde qui change à un rythme accéléré. Agence du Pacte national pour l’information.

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