Inchiri : une révolution dans la notion de richesse… les ressources ne deviennent richesse que par la capacité à les transformer / le wali Sidi Haïba
Les ressources sont le point de départ, la connaissance est un outil, le travail est une force, et l’homme est le maillon qui transforme tout cela en véritable richesse. Le président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et une fois de plus, la visite de Son Excellence le président de la République, Monsieur Mohamed Ould …

D'après les sources officielles, le minerai extrait du sous‑sol représente le début du cycle économique, pas sa fin, tandis que la valeur plus large se crée lorsque, autour de ce minerai, s’articule un ensemble de connaissances, d’expertises, d’ingénierie, de services, d’industries, de transformation, de formation, de recherche et d’investissement, et lorsque les compétences nationales sont présentes à chaque maillon de ce cycle. De là‑là, on comprend l’accent mis par le président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, sur la jeunesse, qualifiée de « richesse réelle » du pays, ainsi que sur l’apprentissage, la formation et le travail comme voies vers l’avenir. Le discours ne présentait pas la jeunesse comme une simple catégorie sociale nécessitant de l’emploi, mais la repositionnait comme l’instrument qui transforme les potentialités du pays en richesse effective: l’homme n’est plus seulement le bénéficiaire du développement, il en devient le producteur et le créateur de valeur.
Le président a résumé cette vision dans un appel clair à « travailler, travailler, travailler », liant le travail à la production de richesse, à la construction du développement, voire à la réorganisation du système même des valeurs sociales. Cette dimension confère au discours un caractère qui dépasse le discours économique traditionnel; parler de travail ici ne concerne pas uniquement le marché de l’emploi, mais la reconstruction de la culture économique et sociale de la société. Selon cette vision, le travail n’est pas seulement un moyen d’obtenir un revenu, mais une valeur centrale, la formation n’est pas seulement un chemin vers un emploi, mais un moyen de posséder les outils de production, et l’éducation n’est pas seulement un droit social, mais un investissement dans le capital humain, condition indispensable pour convertir les potentialités naturelles en développement durable.
Il n’est pas fortuit que cette proposition s’inscrive dans la continuité de ce que le président de la République a déjà souligné lors d’autres étapes de ses visites dans les régions intérieures, où il a lié l’éducation à la transformation sociétale et au développement durable, a appelé à la renaissance de l’esprit scientifique, et a associé l’investissement privé dans les villes intérieures à la création d’emplois et à la stabilisation de la population, révélant ainsi une vision intégrée où l’homme, la connaissance et l’activité économique forment des maillons interconnectés du projet de développement. Sur cette base, la « révolution » que l’on peut lire dans le discours d’Inchiri n’est pas une révolution des ressources, car les ressources de la Mauritanie existaient déjà avant le discours, ni une révolution de la découverte des potentialités, le pays connaissant depuis des décennies ses capacités minières, agricoles et maritimes, mais bien une « révolution de concept » qui redéfinit la richesse elle‑même, de sorte que la question centrale ne soit plus: que trouve‑t‑on sous la terre? mais: que peut faire le Mauritanien avec ce qui se trouve sous la terre?
La différence entre ces deux questions est majeure: la première mesure le stock, la seconde mesure la capacité. Le premier point de vue voit la ressource comme une fin, le second comme un point de départ. Le premier incite l’État à l’extraction, le second le place devant la responsabilité de former l’homme, les institutions, les expertises et les chaînes de valeur.
Sous cet angle, l’éducation, la formation, l’investissement, la recherche scientifique, les infrastructures, le secteur privé et les politiques publiques deviennent les composantes d’un même système, et non des dossiers séparés. Le plus important, c’est que cette vision libère l’économie nationale d’une logique qui associe automatiquement le développement à l’augmentation du volume d’extraction. Accroître la production de minerais ou exporter des matières premières peut augmenter la valeur de l’activité économique, mais cela ne suffit pas à construire une économie diversifiée capable de créer des opportunités larges et durables.
En revanche, lorsque la participation des compétences nationales s’étend à la géologie, à l’ingénierie, aux technologies, aux services, à l’industrie, à la transformation, à la logistique, au financement, à la gestion de projets et à la R & D, la richesse passe d’une matière extraite à un système économique où la valeur se multiplie en interne. C’est précisément à ce moment que l’appel aux jeunes à apprendre, se former et travailler prend tout son sens: il s’agit d’une invitation à passer d’une économie de ressources à une économie de compétences, du simple usage de la richesse à la maîtrise de ses outils de production, du rôle de spectateur à celui de créateur d’activité économique, du modèle où l’État est la principale source d’opportunités à un élargissement de la base des acteurs économiques capables d’investir, de produire et d’innover. Cette conception impose également une nouvelle responsabilité aux institutions politiques, en tête du parti El Insaf, qui a accompagné la visite du président de la République par des actions de sensibilisation et d’organisation à Inchiri, dans le cadre d’une mobilisation visant à réussir la visite et à faire connaître le programme présidentiel.
La valeur politique d’un tel accompagnement ne se limite pas à la présence et à l’organisation, mais se confirme lorsque le message économique du président devient une prise de conscience politique et sociétale, et lorsque l’explication du lien entre science, spécialisation, travail et production s’insère dans le débat public sur l’avenir du pays. Si le discours présidentiel a placé l’homme au cœur de l’équation de la richesse, le rôle de l’acteur politique ne doit pas se cantonner à la simple transmission du discours, mais à l’aider à passer de la tribune à la société, de l’idée à la culture, de la culture au comportement, et du comportement à la production. Le parti El Insaf peut ainsi accompagner cette vision en élargissant le débat sur la formation professionnelle, les filières scientifiques et techniques, l’entrepreneuriat, l’investissement local, et en reliant les jeunes aux opportunités économiques réelles offertes par les transformations que connaît l’économie nationale.
L’essence du discours d’Inchiri, dans ce sens, ne réside pas uniquement dans le parler des minerais, ni uniquement dans le parler de la jeunesse, mais dans la reconnection des deux au sein d’une nouvelle équation économique où la terre fournit les potentialités, l’homme leur donne de la valeur, les ressources offrent l’opportunité, la connaissance les transforme en richesse, l’investissement ouvre la voie, la compétence assure la durabilité du rendement, et le travail ne se contente pas de répartir la richesse mais la crée. Ainsi, Inchiri peut, dans la conscience nationale, passer d’une simple région à forte densité minière à un symbole d’une question économique plus vaste concernant l’avenir de toute la Mauritanie. Il ne s’agit pas seulement d’extraire ce qui se trouve sous la terre, mais de bâtir autour de cette extraction une économie nationale plus complexe, de créer des dizaines d’activités à partir d’une même ressource, de générer à partir d’une mine une chaîne de métiers, de services, d’industries, d’investissements qui offrent formation et emploi, et de transformer la connaissance en capacité nationale à capter une part plus grande de la valeur produite par les ressources du pays.
Si le président de la République a évoqué la nécessité de transformer les potentialités en richesse réelle, le sens le plus profond de cette idée est que la ressource naturelle ne devient une richesse nationale complète que lorsqu’elle passe par l’homme. Le minerai ne sait pas, à lui seul, devenir une industrie; la terre ne sait pas, à elle seule, devenir une production; la position géographique ne se transforme pas, à elle seule, en avantage économique; c’est l’homme instruit, spécialisé, travailleur, investisseur, chercheur, ingénieur, entrepreneur et l’institution capable de convertir le potentiel en réalité qui accomplit tout cela. Ainsi, le discours d’Inchiri constitue un moment de repenser le concept même de développement: le développement n’est pas seulement ce que l’État construit en routes et infrastructures, ni ce que les entreprises extraient comme ressources, mais aussi la quantité de connaissances, d’expertise et de capacité de production qui s’accumulent au sein de la société.
Par conséquent, l’investissement dans l’homme n’est pas un secteur parmi d’autres du développement, mais la condition qui permet à tous les autres secteurs de produire leur plein effet. De là découle la force de l’affirmation du président de la République plaçant les jeunes dans la position de « richesse réelle » du pays. Cela ne signifie pas que le pays ne possède pas de richesses naturelles, mais que la valeur de ces richesses reste limitée tant que la capacité humaine à les transformer en valeur durable n’existe pas.
Dans ce changement de concept réside l’importance du discours d’Inchiri: il a déplacé le centre de gravité de la richesse que nous possédons vers la capacité que nous possédons de fabriquer la richesse. En fin de compte, il s’agit d’un appel à changer la question nationale de « Que possédons‑nous? » en « Que pouvons‑nous créer avec ce que nous possédons?
», du simple usage des ressources à la mesure de la qualité de leur utilisation, du célébrer les potentialités à la construction de compétences capables de les transformer en production et en prospérité. Dans ce sens, le discours d’Inchiri ne propose pas une vision uniquement pour la région d’Inchiri, mais pose devant toute la Mauritanie une nouvelle équation économique: les potentialités sont le point de départ, la connaissance est l’outil, le travail est la force, et l’homme est le maillon qui transforme tout cela en véritable richesse. Si cette équation passe du discours à la politique, puis de la politique à la pratique, elle pourra redéfinir la relation de la Mauritanie avec ses richesses et faire du passage de l’exploitation des ressources à la création de valeur ajoutée le titre d’une nouvelle phase économique.