Adrar et Inchiri… sept ans de réalisations et de planification pour l’avenir / Ismail Ould Rabani
La visite sur le terrain menée par le président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani dans les wilayas d’Adrar et d’Inchiri n’était pas simplement une tournée d’information sur la situation de la population ou d’annonce de nouveaux projets, mais a constitué une occasion de présenter le bilan de sept ans de …

D'après les sources officielles, la visite sur le terrain que le président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a menée dans les wilayas d’Adrar et d’Inchiri n’était pas simplement une tournée d’information sur la situation des populations ou l’annonce de nouveaux projets, mais bien une occasion de présenter le bilan de sept années de travail et d’expliquer les priorités de la prochaine phase dans les différents domaines. Ainsi, d’Atar à Ouguit, de Wadan à Chinguetti, jusqu’à Akjoujt et Benshab, les discours du président ont abordé les questions des services de base, des infrastructures, de l’agriculture, de l’investissement, de l’éducation, du patrimoine, de l’exploitation minière, de l’environnement, ainsi que le dialogue, la cohésion sociale et la place de la Mauritanie à l’étranger. Il était notable que le traitement de ces dossiers était lié à ce qui a réellement été accompli et à ce qui doit être réalisé durant la prochaine phase.
Le président de la République a placé l’accès aux services de base en tête des défis auxquels le pays est confronté, estimant que l’amélioration des indicateurs nationaux doit se refléter concrètement dans les wilayas, les départements et les communes. Dans ce contexte, les projets d’électricité, d’eau et de routes revêtent une importance particulière, non seulement en tant que services indispensables aux populations, mais aussi parce qu’ils ouvrent la voie à l’activité économique et à l’investissement. Ainsi, le raccordement d’Atar au réseau électrique national, la reconstruction de 76 km de la route Akjoujt‑Atar, l’extension du réseau de transport d’électricité et les travaux visant à finaliser le raccordement des capitales de département et des centres administratifs sont autant d’étapes qui réduiront l’isolement et augmenteront l’attractivité des zones intérieures.
L’inclusion des besoins des populations dans la définition des priorités de la deuxième phase du programme d’urgence d’universalisation des services reflète une orientation vers des choix de développement plus ancrés dans la réalité locale. À Ouguit, le président a présenté le tournant que l’agriculture a connu ces dernières années, en soulignant plus de 150 diguettes agricoles et la réhabilitation de plus de 12 000 ha de terres irriguées, ainsi que des projets hydrauliques qui permettront de réhabiliter des surfaces supplémentaires. L’importance de ces projets réside dans leur contribution à un objectif plus large: renforcer la production locale et la souveraineté alimentaire, notamment dans les zones disposant d’un potentiel agricole à développer.
La réforme du secteur des oasis, la création d’une agence nationale de leur développement et la restructuration de la Société des dattes de Mauritanie envoient un message clair: les oasis ne sont plus perçues comme un domaine traditionnel limité, mais comme une ressource économique nécessitant organisation, modernisation et investissement. À Wadan, l’accent a été mis sur la nécessité que le secteur privé saisisse ces opportunités, afin que les infrastructures réalisées par l’État se transforment en projets productifs, sources de revenus et d’emplois. À Chinguetti, le discours a dépassé les projets matériels pour aborder deux enjeux fondamentaux: l’éducation et la protection du patrimoine.
Les réformes du système éducatif, de la formation, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique depuis 2019, présentées par le président, s’inscrivent dans une trajectoire qui place le savoir et la formation au cœur de la capacité des jeunes à travailler et à produire. En parallèle, l’appel à des mesures plus spécialisées et durables pour protéger les bibliothèques et les manuscrits des villes historiques confirme que le patrimoine mauritanien n’est pas seulement un passé à conserver, mais un capital capable de renforcer l’identité et la stature culturelle du pays. Cette vision prend tout son sens dans des villes comme Chinguetti, Wadan, Tichit et Oualata, où la valeur historique se combine avec le potentiel du tourisme culturel et du développement local.
À Akjoujt, le dossier minier a été mis en avant comme l’un des principaux défis du développement dans les zones riches en ressources naturelles. Le président a rappelé que la richesse d’Inchiri ne se résume pas aux minerais, mais inclut l’homme, l’esprit d’initiative et le travail, insistant sur la nécessité d’exploiter les ressources dans le cadre légal, tout en protégeant la santé des populations, l’environnement, les pâturages et les sources d’eau. Cette orientation place l’activité minière sous une double responsabilité: générer des retours économiques tout en préservant les ressources dont les habitants dépendent pour leur vie quotidienne.
À Akjoujt également, la proposition d’alimenter la ville en eau depuis le lac de Benshab, présentée comme une solution stratégique, avec les usines de dessalement envisagées comme une mesure temporaire, témoigne de la recherche d’une réponse plus durable à la problématique de l’eau. Dans le secteur de l’électricité, le doublement de la capacité de production et l’extension du réseau de transport, ainsi que la mise en service prochaine de la ligne à haute tension reliant Nouakchott, Akjoujt et Atar jusqu’à Zouérate, constituent une avancée majeure pour connecter les régions intérieures au réseau national. À Benshab, l’autre volet de l’équation s’est manifesté à travers des programmes de lutte contre la désertification, de réhabilitation des terres et de protection des ressources naturelles, ainsi que la production de plus de 860 000 plants, et la transformation de la ville en « ville verte ».
La création d’un centre de formation en exploitation minière locale ajoute une dimension pratique en améliorant le niveau de qualification et en liant l’activité économique à la formation. Le dossier de l’eau et de l’électricité apparaît comme l’un des plus directement liés à la vie quotidienne des populations. Si ces projets répondent à un besoin fondamental, leur impact dépasse ce cadre pour toucher l’activité économique, l’énergie et l’eau étant parmi les conditions essentielles à l’investissement et à la production.
Le discours du président n’a pas négligé l’aspect politique et social, réaffirmant l’importance de la culture du dialogue, de la concertation, de la cohésion sociale, de l’État de droit et des institutions. Ces messages gagnent en importance du fait du lien entre stabilité sociale et politique et la capacité de l’État à mettre en œuvre ses programmes et projets, ainsi que la capacité des communautés locales à en bénéficier. Enfin, le président a abordé la politique extérieure et la place de la Mauritanie sur les plans régional et international, inscrivant les réalisations intérieures dans un cadre plus large fondé, selon ses propos, sur la bonne voisinage, le respect mutuel et les intérêts communs, tout en maintenant des positions fermes sur les questions arabes, islamiques et africaines.
Les contenus de la visite révèlent un bilan étendu couvrant des secteurs longtemps au cœur des revendications des populations: eau, électricité, routes, agriculture, éducation, formation. Mais la valeur la plus marquante de ce bilan réside dans sa capacité à ouvrir la voie à une nouvelle phase: les infrastructures en cours d’extension peuvent attirer les investissements, l’eau peut élargir l’activité agricole, la formation peut augmenter l’employabilité des jeunes, et la protection de l’environnement peut garantir la durabilité des ressources. Ainsi, le message de la visite d’Adrar et d’Inchiri ne se limite pas à un simple aperçu des réalisations, mais confirme que ce qui a été accompli ces dernières années constitue une base solide sur laquelle bâtir l’avenir.
* Ismail Ould Rabani, directeur et éditeur de l’Agence du Waam National de l’Information.