Tiris : la Mauritanie aux portes du marché mondial de l’uranium
Tiris : la Mauritanie aux portes du marché mondial de l’uranium Le projet Tiris, dans le nord-est de la Mauritanie, entre dans une phase décisive. Après plusieurs années d’exploration et d’études tech...
Selon les dernières informations, la Namibie demeure un producteur majeur tandis que le Niger, longtemps fournisseur important du marché mondial, traverse une profonde recomposition de ses relations avec ses partenaires occidentaux. En septembre 2026, les États-Unis ont notamment approuvé jusqu’à 414 millions de dollars de financement pour le projet d’uranium Dasa au Niger. La décision illustre l’attention croissante de Washington à la sécurisation des approvisionnements en uranium.
La Chine, de son côté, conserve une position importante dans le secteur minier namibien, notamment dans l’uranium. Un nouvel enjeu économique pour Nouakchott Si Tiris atteint la production commerciale, son impact dépassera les seuls revenus miniers. Selon l’étude d’impact préparée dans le cadre du processus de la DFC, les bénéfices économiques directs pour la Mauritanie pourraient atteindre environ 833 millions de dollars sur la durée de vie du projet, à travers notamment les royalties, les dividendes revenant à l’État et la fiscalité, sur la base d’un uranium à 80 dollars la livre.
Le projet devrait employer environ 300 personnes pendant la phase d’exploitation, avec un objectif affiché de privilégier la main-d’œuvre mauritanienne. Mais Tiris se trouve dans une région désertique où les questions liées à l’eau, aux déchets, au transport et à la protection de l’environnement seront particulièrement surveillées. Les documents environnementaux de la DFC classent le projet en catégorie A en raison des impacts potentiels associés à l’extraction et au traitement de l’uranium.
Le vrai test commence maintenant La Mauritanie n’est donc pas encore productrice commerciale d’uranium. Tiris doit encore franchir plusieurs étapes: finalisation de la BFS, validation industrielle du procédé, sécurisation du financement, décision finale d’investissement puis construction. Les prochains mois seront ainsi déterminants.
Si Aura parvient à boucler le financement et à lancer la construction, Tiris pourrait ouvrir à la Mauritanie les portes d’un nouveau segment stratégique du marché minier mondial. Pour Nouakchott, l’enjeu sera de transformer cette ressource en recettes, emplois et compétences locales, tout en préservant ses intérêts dans un marché où l’uranium est redevenu un enjeu majeur de sécurité énergétique et de compétition internationale.