Commission d’enquête : impossible de déterminer la cause de la panne de mes deux postes électriques et d’enregistrer des dysfonctionnements dans la prévention et la réponse.
La commission d’enquête indépendante chargée d’enquêter sur les deux incendies des postes de transformation électrique appartenant à la société mauritanienne d’électricité «la Somelec» a conclu qu’il était impossible de déterminer le mécanisme technique précis à l’origine du déclenchement des deux incendies, confirmant…

Selon le rapport, les nouvelles liaisons sont entrées en service le 15 août 2026 à la station orientale et le 20 août à la station septentrionale, sans exclure une éventuelle corrélation directe entre les deux incendies et ces nouvelles liaisons, bien que la commission n’ait pu établir une cause technique précise de l’accident. La commission a répertorié un certain nombre de facteurs susceptibles d’avoir favorisé la propagation des deux feux, parmi lesquels l’absence de barrières anti‑propagation du feu entre les groupes de cellules au niveau de 33 kV, la présence de matériaux inflammables à l’intérieur des cellules assemblées et dans les conduits des câbles de terre, l’insuffisance des dispositifs de détection d’incendie et des moyens d’extinction. Elle a également souligné la lenteur de la réponse du dispositif d’intervention, notamment les longs délais entre la détection de l’incendie, le déclenchement de l’alarme, l’arrivée des équipes de la Direction générale de la sécurité civile et leur intervention effective, ainsi que la difficulté d’accès à certains sites affectés.
Le rapport indique que quinze cellules de 33 kV se trouvaient à proximité des zones touchées, ont été exposées à la chaleur du feu et à l’eau d’extinction, sans recevoir de courant électrique direct, avant que la Société nationale d’électricité ne parvienne plus tard à remettre temporairement les deux postes en fonction. En ce qui concerne le projet incluant les équipements liés aux deux incendies, le rapport précise que les travaux ont été réalisés dans le cadre de deux marchés: le premier, d’une valeur de 124 millions d’ouguiya neufs, a été attribué à la société « CTM Bâtiments », et concernait la fourniture, l’installation et la mise en service de trois nouvelles liaisons de 33 kV reliant les postes du nord, de l’ouest et de l’est; le second, d’une valeur de 45 millions d’ouguiya neufs, était un marché d’ingénierie consultative confié au bureau « IRAF ». Dans son évaluation du projet, la commission a relevé plusieurs lacunes, notamment le lancement du projet des trois nouvelles liaisons sans études techniques préalables (APS et APD), la faiblesse du dispositif de contrôle avant la nomination de l’ingénieur‑consultant, l’émission de décisions d’attribution non justifiées, le suivi insuffisant du changement de fabricant du câble pour garantir sa conformité aux engagements contractuels.
Le rapport note également un retard dans la nomination de l’ingénieur‑consultant, des réserves qui n’ont pas été entièrement levées, l’incomplétude de certains systèmes de protection, ainsi que des failles dans la prévention des incendies et la gestion des risques. Sur le plan préventif, la commission a recommandé de renforcer le système de surveillance et de réponse aux urgences, de qualifier les systèmes de protection contre les incendies, de soumettre les postes de transformation principaux à un diagnostic complet du dispositif de protection, d’attribuer la remise en état des installations affectées à un bureau de conseil indépendant, et d’établir un protocole commun entre la Somelec et les services de protection civile pour les interventions d’urgence. Elle a également appelé à la création d’un organisme indépendant de gestion des grands projets d’investissement de la Somelec, à la révision du système de commandement du département électricité et des mécanismes de réponse aux incendies, afin d’améliorer la coordination et le contrôle à toutes les étapes de réalisation.
Selon le rapport, les conclusions de la commission ne prouvent pas que les deux incendies résultent d’un acte délibéré ou d’une erreur opérationnelle précise, mais consignent un ensemble de carences et de facteurs qui ont pu contribuer à leur déclenchement et à leur propagation.