Le chemin vers Antalya / Conférence des Parties COP31
Les négociations internationales sur le climat sont devenues l’un des principaux outils que les États utilisent pour défendre leurs intérêts nationaux, mobiliser le financement et la technologie, et renforcer les capacités nécessaires pour faire face au changement climatique. Ces négociations gagnent en importance…

Selon les dernières informations, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (IPCC) joue un rôle central dans la diffusion des connaissances scientifiques, tandis que le sous‑groupe sur les aspects scientifiques et technologiques (SBSTA) relie ces connaissances aux besoins de négociation dans le cadre du processus climatique international. **De la négociation à la mise en œuvre** L’efficacité de l’action climatique nécessite l’articulation du processus de négociation internationale avec les actions nationales, afin de traduire les engagements et objectifs en mesures et programmes exécutables et suivis. Les contributions déterminées au niveau national (NDC) et les rapports de transparence biannuels (BTR) revêtent une importance particulière dans le cadre du mécanisme de transparence renforcé (ETF), qui permet de suivre les progrès de mise en œuvre des actions climatiques et de vérifier les informations communiquées.
La Mauritanie a inscrit sa troisième contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) dans le registre des contributions nationales de l’Accord de Paris, reflétant le lien entre la planification nationale et les engagements internationaux. Ce dispositif s’articule avec les quatre déclarations nationales (CN), le Plan national d’adaptation (PNA), la stratégie à long terme à faibles émissions (LT‑LEDS) et l’inventaire national des émissions de gaz à effet de serre. Ces documents et outils constituent une base de connaissances essentielle pour soutenir la planification climatique, améliorer la qualité des données, identifier les besoins d’adaptation, préparer les projets, renforcer la capacité de mise en œuvre et rendre compte des résultats.
**Financement: de la demande à l’accès** Le financement occupe une place centrale dans les négociations climatiques pour les pays en développement. L’Accord de Paris, à l’article 9, souligne l’importance des ressources financières pour aider les pays en développement à atténuer et à s’adapter aux changements climatiques, en tenant compte de leurs besoins et priorités. La stabilité du financement climatique et la continuité des engagements internationaux sont cruciales, surtout après le retrait officiel des États‑Unis de l’Accord de Paris le 27 janvier 2026 et la réduction, en mai 2026, par le Royaume‑Uni, de son engagement au Fonds vert pour le climat 2024‑2027, à environ 1,1 milliard de dollars, comparé à l’engagement précédent.
Ces évolutions montrent que l’accès au financement climatique dépend non seulement de la mobilisation de nouvelles ressources, mais aussi de la persistance des engagements financiers internationaux et de la capacité des fonds climatiques à fournir des ressources fiables aux pays en développement pour préparer et mettre en œuvre leurs programmes. Pour la Mauritanie, renforcer la capacité d’accès au financement climatique est essentiel pour transformer les priorités nationales en projets et programmes financés et exécutables. Les pays en développement cherchent à simplifier les conditions et procédures d’accès aux fonds climatiques, afin que les États aux capacités institutionnelles limitées puissent bénéficier plus rapidement et efficacement des financements internationaux, notamment en simplifiant les exigences d’accès au Fonds d’adaptation, en facilitant la préparation et l’approbation des projets, et en renforçant l’appui technique et le renforcement des capacités nationales.
Dans ce contexte, l’échange de dette contre des actions climatiques et les objectifs de développement durable apparaît comme un instrument financier prometteur, permettant de réorienter une partie du fardeau de la dette vers les priorités climatiques et de développement, avec la possibilité d’obtenir des subventions ou des financements à conditions avantageuses. En février 2026, la Mauritanie, en collaboration avec l’ESCWA, le ministère de l’Environnement et du Développement durable et le ministère des Finances, a lancé l’élaboration d’un programme d’échange de prêts contre des subventions, témoignant de son ouverture à des outils innovants pour mobiliser le financement climatique. Cette initiative réunit diplomatie climatique, travail technique et institutionnel, à travers le développement de données, l’identification des besoins, la préparation de projets et le renforcement des capacités nationales de mise en œuvre et de suivi.
**Conclusion** La COP31 représente une nouvelle étape dans le parcours climatique mauritanien et une occasion de renforcer la présence de la Mauritanie dans les négociations internationales, ainsi que de développer la coopération et les partenariats dans les domaines prioritaires pour le pays. Une préparation rigoureuse, combinant connaissances scientifiques, expertise juridique et technique, coordination des positions nationales et développement continu des dossiers et projets liés au climat, au financement et à la mise en œuvre, est cruciale. Antalya offrira l’opportunité de poursuivre ce processus, d’amplifier la participation mauritanienne à l’action climatique internationale, au service des priorités nationales et du soutien au développement durable et à la lutte contre les impacts du changement climatique.
**Références** - Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC), 1992. - Protocole de Kyoto, 1997. - Accord de Paris, 2015.
- UNFCCC, contributions déterminées au niveau national (NDC). - UNFCCC, cadre de transparence renforcé (ETF). - UNFCCC, rapports de transparence biannuels (BTR).
- UNFCCC, guide des présidents de séance dans le processus de l’UNFCCC, 2025. - UNFCCC, contribution déterminée au niveau national 3.0 de la Mauritanie (CDN 3.0). - ESCWA, vingtième atelier régional de renforcement des capacités sur les négociations climatiques pour les pays arabes, Mascate, 16‑18 septembre 2026.