Une étude récente révèle un mécanisme inattendu d'action d'un médicament expérimental contre le cancer.
Une étude scientifique récente, menée par des chercheurs de l’Université de Sydney en Australie en collaboration avec des institutions de recherche en Allemagne et en Grande‑Bretagne, a révélé qu’un médicament expérimental en cours de développement pour traiter certains types de cancer pourrait agir selon un mécanisme biologique différent de …

Il ressort que une étude scientifique récente, menée par des chercheurs de l’Université de Sydney en Australie en collaboration avec des institutions de recherche en Allemagne et au Royaume‑Uni, a révélé qu’un médicament expérimental en cours de développement pour traiter certains types de cancer pourrait agir selon un mécanisme biologique différent de celui que les scientifiques pensaient auparavant être à l’origine de son effet. Cette découverte pourrait avoir d’importantes répercussions sur les recherches et les essais cliniques en cours. Selon l’étude publiée dans la revue *Nature Chemical Biology* le 7 octobre, deux composés expérimentaux, le « Zavondemstat » et le « QC6352 », ne ciblent pas principalement la famille de protéines connue sous le nom de KDM4, comme on le croyait, mais exercent leur puissant effet anticancéreux en inhibant une autre enzyme appelée DHODH.
Cette enzyme joue un rôle dans la production des molécules dont les cellules ont besoin pour synthétiser l’ADN et poursuivre leur division, un processus qui revêt une importance particulière dans les cellules cancéreuses à forte prolifération. Les chercheurs sont arrivés à cette conclusion grâce à des expériences incluant des cellules souches tumorales prélevées chez des patients atteints d’astrocytome, l’un des cancers du cerveau les plus agressifs, ainsi qu’à des modèles tumoraux et à des tests moléculaires et génétiques visant à identifier le véritable mécanisme d’action des composés étudiés. Les résultats ont montré que les effets anticancéreux observés avec ces composés ne peuvent pas être expliqués principalement par l’inhibition des protéines KDM4, mais sont largement liés à la désactivation de l’enzyme DHODH, responsable d’une des voies métaboliques essentielles à la croissance et à la division cellulaires.
L’importance de la découverte réside dans le fait que le composé QC6352 avait été utilisé dans des recherches antérieures pour comprendre le rôle des protéines KDM4 dans la croissance tumorale, et que le composé associé, le Zavondemstat, était déjà arrivé à des phases de développement clinique sur la base d’une compréhension antérieure de son mécanisme d’action. Les chercheurs estiment que ne pas identifier avec précision la véritable cible biologique du médicament pourrait conduire à la conception d’essais cliniques inadaptés ou au recrutement de patients dont les caractéristiques tumorales ne correspondent pas au véritable mécanisme thérapeutique, ce qui pourrait fausser l’évaluation de l’efficacité des médicaments expérimentaux. L’étude souligne l’importance de vérifier minutieusement les mécanismes moléculaires des médicaments avant d’étendre leur usage en recherche et en clinique, afin de diriger les essais vers les bonnes cibles et d’améliorer les chances de développer des traitements plus efficaces.
Bien que les résultats soient prometteurs, ils ne signifient pas que les deux composés sont désormais des traitements approuvés contre le cancer, ni que la découverte du nouveau mécanisme conduira nécessairement à de meilleurs résultats cliniques pour les patients. Des recherches supplémentaires sont encore nécessaires pour déterminer les implications de cette découverte et évaluer son impact sur le développement clinique des médicaments. Ces résultats mettent en lumière l’un des défis majeurs de la recherche sur le cancer: la nécessité de comprendre avec précision le mode d’action des composés pharmacologiques, afin que les étapes ultérieures du développement thérapeutique ne reposent pas sur des hypothèses biologiques incomplètes.