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Quelle Mauritanie voulons-nous ? « Et que chacun de nous s’interroge qu’ai-je fait pour ce pays ? L’ai-je bien fait » ? Par Abdellahi Ould Ahmed Damou

Lorsque le président fondateur, Moktar Ould Daddah, posait, dans les années soixante, depuis Atar, la question : « Quelle Mauritanie voulons-nous ? », il ne formulait ni une interrogation de circonsta...

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D'après les sources officielles, le plus grand danger qui puisse menacer un projet national serait de transformer la réforme en une mission portée par un groupe limité, tandis que les autres se contenteraient d’observer et de critiquer. C’est pourquoi la fidélité au projet de Son Excellence le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani ne devrait pas être comprise comme une fidélité aux personnes, mais comme une fidélité à l’idée de l’État, aux institutions et au projet national auquel il s’est engagé devant le peuple. La véritable fidélité ne se manifeste pas seulement par les éloges.

Elle ne réside pas davantage dans les slogans, ni dans la défense des personnes quelles que soient les circonstances. Elle se manifeste par le travail, les résultats, la protection des institutions et la réussite de la réforme. Elle consiste également à soutenir tout responsable compétent qui œuvre dans l’intérêt général, à lui signaler ses erreurs lorsqu’il se trompe et à l’accompagner lorsqu’il agit dans la bonne direction.

De la même manière, un responsable qui possède la compétence, la connaissance, le courage et la disponibilité nécessaires pour se sacrifier au service du pays ne devrait pas être laissé seul face aux difficultés de la réforme. Les hommes et les femmes qui connaissent profondément les dossiers, qui ont le courage de prendre des décisions, qui acceptent d’en assumer les conséquences et qui placent l’intérêt général au-dessus de leur confort personnel constituent un capital pour l’État. Ce capital doit être préservé, accompagné et valorisé.

Cela ne signifie nullement les soustraire à la responsabilité ou à l’évaluation. C’est même tout le contraire. Cela signifie les soumettre pleinement à l’exigence de résultats et de performance, tout en créant l’environnement permettant à la compétence de s’exprimer et à la réforme de progresser.

De « Quelle Mauritanie voulons-nous? » à « Qu’avons-nous fait pour la construire? » Moktar Ould Daddah avait posé la question au moment fondateur de l’État: « Quelle Mauritanie voulons-nous?

» Aujourd’hui, Son Excellence le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a repris cette question depuis Atar, à un moment où notre pays a besoin de convoquer son histoire tout en préparant son avenir. Mais une question complémentaire s’impose désormais à chacun de nous: Qu’avons-nous fait pour que la Mauritanie que nous voulons devienne une réalité? Avons-nous assumé notre rôle?

Et l’avons-nous assumé comme il se devait? Avons-nous accompli notre devoir envers notre pays? Avons-nous contribué au renforcement de l’État et de ses institutions?

Avons-nous œuvré à la dignité de la Mauritanie et au renforcement de sa place? Avons-nous contribué à consolider son unité et sa cohésion nationales? Avons-nous été une partie de la solution, ou nous sommes-nous contentés de diagnostiquer le problème?

La Mauritanie que nous voulons ne sera pas construite uniquement par des lois, des décrets, des plans et des programmes. Elle sera construite par une éthique de la responsabilité, par la compétence des hommes et des femmes chargées de les mettre en œuvre, par la conscience de la société et par la capacité de ses élites à dépasser les petits calculs lorsqu’il s’agit de l’intérêt national supérieur. Il est temps de sortir d’une culture qui consiste à demander ce que l’État va faire pour nous, pour inaugurer un nouveau paradigme, qui s’impose et nous amène à nous interroger sur: Que pouvons-nous, nous-mêmes, faire pour l’État?

Et lorsque chacun de nous sera capable de se tenir face sa conscience et de répondre sincèrement à la question: « Que chacun de nous s’interroge qu’ai-je fait pour ce pays auquel je dois tout? L’ai-je vraiment bien fait? ».

C’est ainsi que nous aurons véritablement commencé à répondre à la question fondamentale: « Quelle Mauritanie voulons-nous? » Ce n’est qu’à ce moment-là que la question d’Atar cessera d’être le simple rappel d’un épisode historique. Elle deviendra un projet national renouvelé: Une Mauritanie forte par ses institutions, juste dans sa gouvernance, soudée dans son unité, confiante en son avenir et capable de mettre la compétence et l’engagement de ses filles et de ses fils au service d’un pays qui mérite de chacun de nous qu’il accomplisse son devoir à son égard… Et qu’il s’efforce de l’accomplir avec excellence.

lecalame. info

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