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Actualité et commentaire / Les deux réseaux des maires… Un nouveau levier pour renforcer la décentralisation et consolider la citoyenneté.

Le lancement de deux réseaux de chefs, l’un dédié au dossier de la migration et du droit d’asile, l’autre à l’ancrage de la culture de la citoyenneté et au renforcement de la cohésion sociale et de la paix civile, constitue une étape aux importantes implications institutionnelles et de développement, compte tenu de la nature des dossiers concernés.

AW
Al WiamTraduit de l'arabe
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Ces mesures, selon les données présentées, traduisent une orientation vers la construction d’un dispositif plus régulier de gestion des mouvements de personnes, fondé sur la clarté des procédures et le renforcement de la coordination institutionnelle, afin de distinguer migration organisée et pratiques illégales liées au trafic, à l’exploitation et à la traite des êtres humains. Cependant, l’efficacité de ce dispositif ne dépend pas uniquement des mesures centrales; elle requiert une présence locale capable de suivre l’évolution du phénomène, de comprendre ses répercussions sur les services publics, les activités économiques et les relations sociales. C’est précisément là que le rôle attendu du réseau de maires se dessine, en renforçant la communication entre les municipalités, les autorités administratives et sécuritaires, en échangeant des informations dans le cadre légal, en contribuant à la sensibilisation des populations et en facilitant le traitement des problèmes locaux liés à la migration et au droit d’asile.

Faire participer les élus locaux à ce dossier permet à l’État de profiter du savoir‑terrain des municipalités et d’accroître les chances de construire une réponse plus proche de la réalité, plutôt que de se contenter d’une approche centralisée qui, à elle seule, ne saurait saisir toutes les particularités locales. Parmi les points saillants de la proposition du ministre délégué figure la précision que l’approche nationale ne se limite pas à la dimension sécuritaire, mais cherche à équilibrer la protection de la sécurité du pays et de son ordre général avec le respect de la dignité des personnes, en accordant une attention particulière aux femmes, aux enfants, aux malades, aux mineurs non accompagnés, ainsi qu’aux victimes potentielles d’exploitation et de trafic. Cette équation revêt une importance fondamentale: le succès des politiques migratoires ne se mesure pas seulement à leur capacité à contrôler les frontières et à organiser les séjours, mais aussi à leur respect des garanties humaines et à leur aptitude à traiter les groupes les plus vulnérables en préservant leurs droits et leur dignité.

Dans ce cadre, le ministre a annoncé l’ouverture de centres d’hébergement temporaire et équipés à Nouakchott et à Nouadhibou, où la durée de séjour ne dépasse pas 72 heures, afin de fournir les soins nécessaires et d’organiser la prise en charge des migrants. L’alliance entre la sécurisation et l’assistance humanitaire constitue l’un des tests essentiels de toute politique intégrée en matière de migration, ce qui rend la coordination entre les différents intervenants une nécessité opérationnelle, et non un simple choix administratif. L’implication des municipalités dans ce processus peut également contribuer à réduire les malentendus, à combattre les stéréotypes, à renforcer le dialogue entre les résidents et les migrants, limitant ainsi les risques de tensions sociales et garantissant que les défis liés à la migration ne deviennent pas une source de discrimination ou d’exclusion.

Si le réseau migration‑asile vise à renforcer la capacité des institutions locales à gérer un dossier multidimensionnel, le second réseau, dédié à la culture de la citoyenneté, au tissu social et à la paix civile, s’attache à traiter l’un des dossiers les plus liés à la stabilité de l’État et à son avenir, à savoir l’ancrage du sentiment d’appartenance à une nation unique, la promotion de l’égalité et de la justice, et le renforcement de la confiance entre les citoyens et leurs institutions. L’importance de cette initiative réside dans le fait que la citoyenneté ne se résume pas aux droits et devoirs juridiques; elle se manifeste également dans les comportements quotidiens, le respect de la loi, l’acceptation de la diversité, le rejet de toute forme de discrimination, le recours aux institutions pour résoudre les différends, et la conviction que l’intérêt national commun prime sur les considérations étroites. Partant de ce principe, la création d’un réseau de maires chargé de ces valeurs ouvre la voie aux municipalités pour jouer un rôle plus efficace dans la diffusion de la culture citoyenne, à travers des activités de sensibilisation, des rencontres communautaires, la promotion du dialogue local et l’implication des acteurs civils, des jeunes et des femmes dans les initiatives visant à renforcer la cohésion sociale.

Ces efforts gagnent en importance lorsqu’ils émanent des structures les plus proches des citoyens; les messages d’égalité, de justice et d’unité nationale ont davantage d’impact lorsqu’ils se traduisent en pratiques concrètes dans la façon de traiter la population, de distribuer les services, d’écouter les revendications des différents groupes et d’offrir des opportunités de participation aux affaires locales. Construire une citoyenneté inclusive, qui dépasse les clivages sociaux et les formes de discrimination, nécessite de transformer les valeurs de fraternité, d’égalité et de justice en références opérationnelles guidant l’action des institutions locales, et de soutenir la confiance mutuelle entre les composantes de la société. Dans ce contexte, le recours aux principes de la charia, aux valeurs d’unité et à la démocratie participative souligne l’importance de concilier la référence culturelle et religieuse de la société avec les exigences de la participation civique, afin de favoriser la compréhension, la coopération et le respect des droits et devoirs communs.

La paix civile ne se limite pas à l’absence de tensions ou de conflits; elle est également le fruit d’une justice dans le traitement, d’un sentiment d’équité, d’une égalité des chances et de canaux institutionnels permettant aux citoyens d’exprimer leurs préoccupations et de participer à la résolution de leurs problèmes. Ainsi, le succès du nouveau réseau dépendra de sa capacité à dépasser le discours général pour mettre en place des initiatives locales régulières, dont l’impact se mesurera à l’étendue de la culture du dialogue, au renforcement de la confiance et à la réduction des formes d’exclusion et de discrimination. Les deux initiatives, dans leur portée institutionnelle, ouvrent la voie à une compréhension plus large de la décentralisation comme mécanisme de renforcement de la participation à la gestion des affaires publiques, et non comme simple répartition des compétences administratives entre le centre et les municipalités.

Les défis liés à la migration et au droit d’asile, tout comme ceux relatifs à la citoyenneté et au tissu social, dépassent la capacité d’une seule institution à les traiter de façon isolée; ils exigent une coordination entre l’administration centrale, les autorités locales, les services de sécurité, les secteurs sociaux et les acteurs de la société civile. Les réseaux de maires peuvent fournir un cadre d’échange d’expériences entre municipalités, développer des méthodes de travail conjointes, identifier les problèmes récurrents et proposer des solutions répondant aux besoins réels des communautés locales. Ils peuvent également contribuer à rendre les politiques publiques plus participatives, en transmettant les préoccupations des populations aux instances compétentes, en participant aux campagnes de sensibilisation et en adaptant les programmes nationaux au niveau local.

Agence de l’Union Nationale de l’Information.

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