Société·

Seyd al‑Hajj Ould Dâh … le scalpel du médecin et l’espace des affaires islamiques.

Défis du diagnostic, exigences de prise en charge et urgence de la procédure. Chaque fois que le portefeuille des affaires islamiques est confié à un ministre issu de spécialités scientifiques et techniques, le débat revient avec force sur la relation entre la spécialisation et le domaine de la fonction ; il soulève alors des questions…

AI
Alakhbar.infoTraduit de l'arabe
Lire sur Alakhbar.info
Photo Alakhbar.info

D'après les sources officielles, les défis du diagnostic, les exigences de prise en charge et l’urgence des interventions: chaque fois qu’un ministre doté de compétences scientifiques et techniques se voit confier le portefeuille des affaires islamiques, le débat reprend de plus belle sur le lien entre spécialisation et fonction. S’élèvent alors des questions du type: un non‑spécialiste du domaine juridique peut‑il faire progresser le secteur des affaires islamiques? Un administrateur compétent peut‑il développer n’importe quel secteur, quel que soit son domaine, grâce à son efficacité administrative?

Aujourd’hui, les mêmes interrogations, ainsi que d’autres, reviennent sur la scène politique et médiatique depuis que le neurochirurgien Dr Sid El Haj Daa a pris la tête du portefeuille des affaires islamiques dans le nouveau gouvernement, suscitant à la fois surprise, enthousiasme et compréhension. À mon sens, il faut dire, en toute objectivité, que si compétence et spécialisation coïncident chez le responsable, c’est l’idéal; si elles se séparent, la compétence prime, car l’objectif est la réforme, le développement et le relèvement des secteurs, et non la perpétuation d’une tradition qui confierait les responsabilités aux spécialistes en l’absence d’obligations légales. En étant nommé à la direction du secteur des affaires islamiques, le neurochirurgien Dr Sid El Haj Daa passe des salles calmes aux espaces tumultueux, des prescriptions précises aux recettes ouvertes, du scalpel du chirurgien méticuleux à l’univers des affaires islamiques, ouvert aux mondes qui déconcertent les érudits, égarent les ignorants et font trébucher les réformateurs.

D’où les questions suivantes: le scalpel du médecin réussira‑t‑il à exciser la maladie chronique des affaires islamiques? La précision du diagnostic médical contribuera‑t‑elle à déterminer ses multiples traitements? Le responsable dispose‑t‑il des exigences de prise en charge nécessaires pendant la période de convalescence?

Parviendra‑t‑il à mener des interventions d’urgence dans un secteur rongé par la fragilité généralisée, la désorganisation administrative, le gaspillage des compétences, le gaspillage des ressources et l’absence de vision? Il est prématuré de trancher dans un sens ou de donner une réponse définitive à ces questions; ce que l’on peut affirmer, d’après l’expérience, c’est que le ministre fait face à d’importants obstacles, comme ses prédécesseurs, et à des défis qui ont déjà fané les rêves rosés des anciens ministres des affaires islamiques, ainsi qu’à une errance administrative qui a perdu les ministres dans son labyrinthe. Parmi ces défis figurent: **Diagnostic précis**: comme en médecine, le diagnostic exact est la première étape pour prescrire le traitement adéquat.

Ainsi, quiconque veut une réforme sérieuse doit entreprendre un diagnostic rigoureux qui identifie les déséquilibres majeurs du secteur des affaires islamiques – et leurs nombreuses formes – les classe par priorité et élabore les plans nécessaires pour les surmonter. Il ne fait aucun doute que le secteur des affaires islamiques souffre, de façon générale, de graves dysfonctionnements, dont le plus dangereux est l’absence d’une vision orientée, qui rend les actions dispersées, non intégrées et à rendement limité pour la communauté et la nation. **Obsolescence des structures administratives**: les observateurs du débat national et les acteurs de la dynamique administrative reconnaissent que les structures administratives du secteur des affaires islamiques et de ses institutions sont parmi les plus vieillissantes du pays.

La plupart de leurs cadres, présents dans les centres administratifs centraux et les établissements rattachés, dépassent largement la décennie, à quelques exceptions près. Depuis l’élection du président actuel, le secteur n’a connu aucune dynamique administrative, ce qui en a fait l’un des ministères les plus monotones de son mandat. Cette vétusté engendre, le plus souvent, une routine administrative mortelle qui prive les institutions de créativité, d’innovation et de volonté d’accomplir.

Elle crée également un terrain propice à la formation de lobbies qui s’accordent sur leurs intérêts immédiats et s’opposent aux réformes, dévient le cours des choses, anéantissent l’espoir et compromettent les plans de développement, de relèvement et de réforme dès qu’ils entrent en conflit avec leurs intérêts étroits. Le ministre actuel pourra‑t‑il, avec la finesse d’un chirurgien et la perspicacité d’un médecin, relancer la circulation sanguine du secteur des affaires islamiques? Pourra‑t‑il – en tant que chirurgien chevronné – retirer les « nerfs » défectueux et en greffer de nouveaux, actifs, aux articulations du secteur?

Et surtout, pourra‑t‑il redonner à son « cerveau » paralysé la capacité de penser après une longue période d’inertie? **Cinq réformes urgentes**: le secteur des affaires islamiques a besoin de cinq opérations de réforme immédiates, chacune visant à éradiquer une maladie mortelle et à éliminer un fléau tenace dans un domaine donné. 1.

**Réforme administrative flexible**: première opération à programmer sans délai. Elle consiste à réévaluer objectivement les qualifications des cadres, à réaffecter les agents selon leurs compétences et à revitaliser un secteur épuisé par un recrutement inefficace, source de gaspillage financier considérable et de perte d’efforts de professionnels qualifiés, tant scientifiques qu’administratifs. 2.

**Réforme juridique parcimonieuse**: deuxième opération urgente. Elle implique la rédaction d’une loi globale pour le secteur des affaires islamiques et l’enseignement islamique, définissant les filières fonctionnelles, garantissant les droits des fonctionnaires, et, de façon pressante, l’application des textes législatifs et des décrets régissant ses institutions et ses divisions centrales, qui souffrent aujourd’hui d’incohérences d’application. Cette réforme doit être menée par un chirurgien habile, de façon précise, sans altérer l’essence de la mission, tout en assurant sa pérennité conforme aux textes et aux objectifs.

3. **Mise à jour méthodologique ciblée**: troisième opération. Le secteur, ainsi que les établissements d’enseignement supérieur islamique qui lui sont rattachés, pâtissent d’une méthode de gestion obsolète et d’un programme scientifique dépassé.

Une actualisation méthodologique s’avère donc indispensable. 4. **Développement scientifique éclairé**: quatrième opération.

Il s’agit de renforcer le message scientifique du secteur, qui protège l’identité civilisationnelle du pays, préserve ses biens sacrés, protège la jeunesse des dérives de l’apostasie et de l’athéisme, et fait face aux vagues croissantes de prosélytisme. Le responsable doit adapter le contenu et les moyens de la mission scientifique aux défis majeurs que le pays rencontre dans ces domaines cruciaux. 5.

**Élaboration d’une vision méthodologique structurée**: cinquième opération urgente. Il faut formuler une vision cohérente des objectifs, des moyens et des plans du secteur et de ses divisions, afin que ses actions soient intégrées, au service de la nation dans des domaines vitaux, contribuant efficacement à la renaissance du pays et à son développement. Cette vision doit être élaborée avec le soin requis, afin qu’elle possède les qualités scientifiques, méthodiques et équilibrées attendues, sans que la précipitation ne conduise à un document inadapté aux exigences d’un véritable plan de relèvement.

**En conclusion**, si le neurochirurgien Dr Sid El Haj Daa parvient à adapter la capacité d’un médecin à travailler sous pression à la réalité pesante des affaires islamiques, à surmonter les obstacles et les défis qui se dressent devant lui, et s’il utilise son scalpel précis – aidé d’une expertise en anesthésie, réanimation et soins – pour mener à bien ces réformes urgentes, alors, en plaçant le secteur sous une surveillance intensive et en assurant une convalescence rigoureuse, il pourra, avec la grâce de Dieu, éradiquer les « médicaments » récalcitrants du secteur, guérir ses maladies chroniques, et le faire passer – ce qui constitue le plus grand accomplissement – d’une simple rédaction de prescriptions apaisantes à la réalisation d’opérations curatives réelles. Un tel exploit le gravera dans l’histoire, sera rappelé par les générations futures et sera loué à jamais.

PartagerWhatsAppFacebookX
Sur le même sujet