FORMIC : Nouakchott, nouvelle capitale du dialogue médiatique entre le Maghreb et le Sahel
FORMIC 2026 : à Nouakchott, les médias du Maghreb et du Sahel face à la bataille du récit africain Démocratie, coopération internationale, sécurité régionale, liberté de la presse, désinformation, int...

D'après les sources officielles, une part croissante de la diffusion et de la consommation de l’information passe par des plateformes et des agrégateurs numériques, alors que les médias producteurs de contenus demeurent confrontés à des difficultés de financement. La question de la juste rémunération des contenus journalistiques, notamment lorsqu’ils sont exploités ou redistribués par des services numériques comme Google Actualités, s’inscrit dans cette réflexion. Pour les éditeurs, l’enjeu est de parvenir à un modèle économique durable, conciliant accès du public à l’information, innovation technologique et rémunération du travail journalistique.
Sans entreprises de presse économiquement viables, le pluralisme risque de rester une ambition fragile, dépendante de financements précaires et exposée aux pressions extérieures. Des partenaires appelés à soutenir les initiatives indépendantes Le forum a également mis en avant la nécessité de renforcer les partenariats en faveur des médias et des initiatives professionnelles indépendantes. L’appel adressé aux partenaires techniques et financiers est clair: l’évaluation des projets médiatiques devrait tenir compte de leur pertinence, de leur impact et de leur contribution au développement du secteur, plutôt que de faire dépendre systématiquement leur accompagnement d’une recommandation politique ou administrative.
Cette approche vise à ouvrir davantage de possibilités aux organisations et aux initiatives capables de répondre aux besoins du secteur, notamment en matière de formation, d’innovation, de professionnalisation et de consolidation économique. Les organisateurs et les participants ont ainsi plaidé pour que les partenaires techniques et financiers encouragent davantage ce type d’initiative régionale indépendante, en lui accordant l’attention et l’accompagnement nécessaires. L’objectif est de permettre aux rencontres professionnelles comme le FORMIC de se développer dans la durée, de renforcer les échanges entre médias du Maghreb et du Sahel et de transformer les réflexions en actions concrètes.
Le défi consiste à traduire les déclarations de principe en mécanismes de soutien adaptés aux réalités des entreprises de presse et aux contraintes des journalistes de la région. Une solidarité qui dépasse les frontières La liberté de la presse a également été abordée sous l’angle de la solidarité entre journalistes africains, confrontés à des environnements professionnels et politiques parfois difficiles. Les participants ont exprimé leur solidarité avec les journalistes palestiniens et appelé à la libération de Chana Takiou, au Mali, et de Moussa Kaka, au Niger.
Ces prises de position ont rappelé que les enjeux de liberté de la presse ne s’arrêtent pas aux frontières nationales. La défense du droit d’informer, la sécurité des journalistes et le respect de leur indépendance constituent des préoccupations communes aux professionnels de la région. À travers cette dimension solidaire, le FORMIC a voulu inscrire les débats dans une perspective plus large: celle d’un espace médiatique régional capable de faire entendre ses préoccupations et de défendre des principes communs.
L’Appel de Nouakchott: pour une ambition médiatique régionale Les travaux se sont achevés par la lecture de l’Appel de Nouakchott, en français et en arabe. La version arabe a été lue par le journaliste algérien Zakarya Odeni, représentant de la délégation algérienne, tandis que la version française a été présentée par le journaliste sénégalais Ibrahima Ndjay. Ce texte de clôture a synthétisé les préoccupations exprimées au cours des échanges et réaffirmé l’ambition de faire du forum un cadre durable de dialogue entre les médias du Maghreb et du Sahel.
Les participants ont notamment mis l’accent sur la souveraineté narrative africaine, la liberté de la presse, l’accès à l’information, la lutte contre la désinformation, l’adaptation à l’intelligence artificielle et la nécessité de renforcer l’économie des entreprises de presse. L’Appel de Nouakchott insiste également sur la responsabilité des partenaires techniques et financiers dans le développement du paysage médiatique régional. Il les invite à encourager les initiatives indépendantes et les rencontres professionnelles comme le FORMIC, en évaluant leur pertinence et leur impact plutôt qu’en les soumettant systématiquement à des recommandations politiques ou administratives.
L’ambition est de donner aux acteurs médiatiques les moyens de démontrer leur valeur, de développer leurs compétences et de contribuer pleinement au débat public. Comme l’a exprimé l’esprit de cet appel: « Ne leur demandez pas seulement de faire leurs preuves avec des moyens limités: donnez-leur aussi les moyens de prouver leur valeur. Donnez-leur cette chance.
» Les participants ont également exprimé leur soutien au président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et adressé leurs remerciements aux responsables du SEPM pour l’organisation du forum et l’accueil réservé aux délégations. Des remerciements particuliers ont été adressés à la Haute Autorité de la presse et de l’audiovisuel (HAPA), à la commune de Tevragh-Zeina, ainsi qu’aux partenaires et sponsors qui ont contribué à la réussite de cet événement. Leur accompagnement a été salué comme une contribution importante à la tenue de cette rencontre régionale et à la promotion du dialogue entre les professionnels des médias.
Des attestations de participation ont enfin été remises aux participants ainsi qu’à certains membres du comité d’organisation, en reconnaissance de leur contribution aux travaux. Au-delà d’un forum, un chantier régional Avec cette troisième édition, le FORMIC confirme la volonté du Syndicat des Éditeurs de la Presse Mauritanienne de créer un espace de réflexion et de coopération consacré aux mutations du paysage médiatique régional. Les débats ont montré que les défis des médias ne peuvent être isolés les uns des autres.
La liberté éditoriale dépend aussi de la viabilité économique; la sécurité régionale nécessite une information fiable; l’accès à l’information suppose des institutions transparentes; et l’intelligence artificielle impose de nouvelles exigences de vérification. La prochaine étape sera de traduire ces réflexions en initiatives concrètes, capables de renforcer les compétences, de soutenir les entreprises de presse et de développer les échanges entre les professionnels du Maghreb et du Sahel. L’ambition du FORMIC est désormais de s’inscrire dans la durée: faire de Nouakchott un rendez-vous régional pour les médias, mais aussi un point de départ pour une coopération plus ambitieuse au service d’une information libre, crédible et économiquement viable.