Shroukh dans le temple… le vent des manifestations étudiantes arracherait‑il les racines du vieux capitalisme ? / écrit par le Prof. Dr. Karim Faraman
Dr Karim Faraman / écrivain irakien académique et professeur de droit et de systèmes politiques à l’Université des Deux Frères. Anciennement, les rues européennes, notamment en France, en Belgique, en Italie, en Espagne et en Albanie, connaissent une vague massive de …

Selon les dernières données officielles publiées en septembre 2026, la dette publique a atteint un record historique: - Dette totale: environ 3,6 billion d’euros. - Ratio au PIB: 119,0 % du produit intérieur brut. - Croissance récente: hausse de 59,6 milliards d’euros au deuxième trimestre 2026 seulement.
- Source: Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), mise à jour le 29 septembre 2026. - **États‑Unis**: la dette fédérale a dépassé les 40 billion de dollars, avec un déficit budgétaire annuel proche de 1,99 billion de dollars et des intérêts quotidiens s’élevant à 3 milliards de dollars. Sans la capacité unique de Washington à imprimer le dollar et à exporter son inflation, le système économique américain s’effondrerait.
- **Allemagne**: malgré la tradition de « frein à la dette », la dette publique allemande a atteint un nouveau record, dépassant 2,75 billion d’euros, le parlement étant contraint d’adopter des budgets fortement endettés pour financer la défense et les infrastructures. - **Belgique**: la dette publique a franchi la barre des 706 milliards d’euros, soit environ 109,1 % du PIB, plaçant le pays sur une trajectoire d’insoutenabilité financière. La pensée occidentale décrit aujourd’hui un paralysme complet: la crise du capitalisme n’est plus l’apanage de l’Est, mais les grands intellectuels et écrivains occidentaux avertissent que le système libéral est au bord de son effondrement total.
Le sociologue allemand décédé Ulrich Beck a introduit le concept de « société du risque », où le système engendre des crises qu’il ne peut résoudre. Le philosophe français Edgar Morin estime que « la crise actuelle est une crise civilisationnelle globale, marquée par une pauvreté de valeurs et d’humanité aiguë ». L’économiste Thomas Piketty, dans ses recherches récentes sur les inégalités, montre que le capitalisme non régulé conduit inévitablement à la concentration de la richesse entre les mains de 1 % de la population, écrasant les classes jeunes et moyennes, rendant l’explosion sociale inévitable.
Cependant, cette critique structurelle féroce ne vise pas à promouvoir le socialisme ou le communisme dans leurs formes historiques, souvent associées à la confiscation des libertés et à l’étouffement de la créativité. L’objectif est de rechercher de nouveaux sous‑systèmes et une pensée politique innovante qui offrent une vision économique et sociale différente. C’est dans ce cadre que j’ai présenté, il y a deux ans, dans *Foreign Policy* (magazine américain), une thèse prospective que la presse arabe *Al‑Sada* a traduite: le concept d’« État bienveillant ».
Un État qui ne laisse pas ses citoyens à la merci d’un marché sauvage et de spéculateurs, tout en évitant une bureaucratie totalitaire; un État qui équilibre liberté économique et responsabilité morale et sociale strictes, plaçant la dignité, la santé et l’éducation de l’humain au-dessus des calculs de profit. **Conclusion et perspectives d’avenir** Les manifestations étudiantes actuelles en Europe montrent que les mesures d’apaisement économique traditionnelles ne suffisent plus à une génération qui voit son avenir volé au profit du paiement des intérêts d’une dette qu’elle n’a pas contribué à créer. L’analyse prospective indique que nous ne faisons pas face à une simple tempête estivale, mais à une gestation douloureuse d’un nouveau système mondial.
Si les régimes libéraux poursuivent leurs politiques d’austérité aveugle et de privatisation des services essentiels, la zone de violence et de rejet total s’élargira, passant d’un simple « soulèvement de rue » à un changement politique radical susceptible de renverser les élites au pouvoir. L’avenir exigera du courage intellectuel pour adopter des concepts comme l’« État bienveillant », et reconnaître qu’une économie qui ne sert pas le bien‑être humain, sa stabilité psychologique et son éducation est une économie creuse, quels que soient les chiffres de son produit intérieur brut affichés comme des mirages.