Spécial Al‑Wiam : utilisation de l’arabe dans les administrations publiques… du ministère de la Culture aux autres secteurs.
La langue officielle de l’État n’est pas simplement un intitulé inscrit dans la Constitution, ni un privilège symbolique accordé par les textes sans qu’il ne trouve son chemin dans la réalité ; elle fait partie de l’identité de l’État, constitue un outil de fonctionnement de ses institutions et témoigne du respect de sa légitimité juridique.

D'après les sources officielles, il est illogique que la présence de la langue officielle varie selon les ministères ou les orientations des responsables, alors qu’un cadre constitutionnel unique les unit tous dans la mission de servir l’État et le citoyen. Par conséquent, les ministères et les institutions publiques doivent prendre l’initiative d’adopter des mesures organisationnelles similaires, consacrant l’usage de l’arabe dans les correspondances, les rapports, les mémos et les documents officiels, au lieu du français, langue du colonisateur, tout en tenant compte des cas où la nature du travail ou les obligations juridiques et internationales imposent l’usage d’autres langues. La diffusion de cette orientation renforcera la cohérence du discours administratif, facilitera la circulation et la compréhension des documents, soutiendra le développement de la terminologie administrative et technique en arabe, et encouragera la construction d’une expertise nationale capable de produire le savoir professionnel et administratif dans sa langue officielle.
L’ancrage de l’arabe dans l’administration n’est pas une question culturelle limitée, il est lié à la relation entre le texte constitutionnel et la pratique institutionnelle. La Constitution ne tire sa présence que de la simple lecture ou citation, mais de la mise en œuvre de ses dispositions dans les actions quotidiennes des institutions, leurs décisions et leurs procédures. Dans ce sens, le circulaire du ministre de la Culture illustre comment un impératif constitutionnel peut se transformer en mesure administrative concrète.
Cela impose aux autres secteurs de considérer la question comme une responsabilité institutionnelle partagée, et non comme une initiative propre à un ministère. La démarche du ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement mérite d’être saluée comme une initiative administrative qui renforce la présence de la langue officielle dans un secteur gouvernemental, plaçant le gouvernement face à une réalité souveraine et constitutionnelle où l’adoption de l’arabe comme langue de l’administration publique devient une orientation pratique commune à tous les secteurs, visant à lever les obstacles à une utilisation efficace de l’arabe dans les correspondances et les documents officiels, tout en préservant le multilinguisme national et le respect des exigences de la coopération internationale. Les initiatives dans ce domaine ne doivent pas rester dépendantes d’une volonté individuelle, aussi importantes soient‑elles, mais doivent se transformer en pratiques administratives stables, adoptées par les institutions et soutenues par des procédures, de la formation et du suivi.
Le circulaire du ministre de la Culture constitue une avancée dans la bonne direction, le message principal étant que le respect de la langue officielle commence par le respect de la Constitution, et que ce respect ne se complète que lorsqu’il devient une pratique quotidienne dans toutes les institutions de l’État. Dès lors, l’adoption de cette initiative par les autres secteurs n’est pas simplement un choix administratif, mais une réponse concrète à une exigence constitutionnelle qui doit rapidement se concrétiser dans la réalité de l’administration mauritanienne. Agence du Pacte National pour l’Information.