La Constitution et le dialogue national… entre continuité des réalisations et respect des principes / Ahmed Mkhtiri
Parler de la Constitution de 1991 et de ses amendements ne doit pas se transformer en débat entre ceux qui réclament le maintien des textes en vigueur et ceux qui en demandent la révision, mais doit constituer une entrée à une discussion nationale calme et responsable qui rappelle les transformations qu’elle a connues.

D'après les sources officielles, la Constitution n’est pas un texte isolé de la vie de la société, tout comme sa révision n’est pas une fin en soi; elle ne gagne sa légitimité politique que par la nécessité réelle qui la sous-tend, par l’élargissement du cercle de consultation à son sujet, par son alignement avec l’intérêt supérieur du pays, le respect des normes constitutionnelles, les principes démocratiques et la transmission pacifique du pouvoir. Dans cette perspective, le dialogue national inclusif représente une occasion précieuse de poser la question constitutionnelle dans toutes ses dimensions, sans discréditer les partisans de la révision ni les défenseurs du cadre actuel. Chaque partie avance ses considérations et ses arguments; la décision doit reposer sur un dialogue libre, un consensus national, le recours à la Constitution et à la loi.
Dans ce contexte, il est légitime pour les partisans de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui estiment que le bilan de son action et de ses programmes de développement mérite d’être poursuivi, d’exprimer leur souhait de continuer cette voie. Ils l’ont fait à travers tout le pays, parmi les élus, les citoyens ordinaires, les dignitaires et les acteurs politiques.
Ils peuvent également présenter leur vision des moyens de garantir la pérennité des acquis et la continuité des programmes qu’ils jugent au service des citoyens, notamment des groupes les plus vulnérables. Cependant, cette volonté politique, quelle que soit la force de ses porte‑voix ou l’étendue de sa base, doit s’insérer dans un dialogue national plus large, qui prend en compte les diverses opinions et options, respecte les principes constitutionnels et préserve le droit du peuple à choisir ses représentants et à déterminer l’avenir de ses institutions selon les règles juridiques en vigueur. Les députés du parti El Insaf ont demandé que la question soit soumise à la table du dialogue.
Ainsi, appeler à une formule de compromis ne signifie pas présumer d’un résultat prédéterminé du dialogue, ni le limiter à une révision constitutionnelle précise; cela signifie ouvrir le champ à toutes les propositions, qu’elles portent sur le renforcement de la pratique institutionnelle, le renforcement des garanties constitutionnelles, l’amélioration des mécanismes de continuité des politiques publiques, ou tout autre sujet que les Mauritaniens jugent bénéfique pour leur intérêt commun. Il s’agit que la Constitution devienne un cadre rassembleur pour les Mauritaniens, et non un sujet de division; que la continuité des acquis soit un objectif national protégeant les institutions et les programmes, et non une question réduite aux seules personnes; que le respect de la légitimité constitutionnelle et la transmission pacifique du pouvoir restent les bases de la stabilité du pays et de la confiance de ses citoyens. Par conséquent, l’attachement au projet de Son Excellence le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, pour ses partisans, peut constituer une partie d’un débat national constructif sur l’avenir du développement et la continuité des politiques réussies, à condition que les choix constitutionnels et politiques soient laissés au dialogue et au consensus, dans le respect de la Constitution et de la volonté des Mauritaniens.
Mauritanie aujourd’hui n’est plus la Mauritanie de 1991, et ses nouvelles générations méritent de participer à la définition de leur avenir, tout comme les acquis réalisés doivent être évalués objectivement, construits sur ce qui a fonctionné et corrigés là où il le faut. Entre ces deux devoirs, le dialogue national sincère demeure la voie la plus efficace vers un accord qui préserve la stabilité, renforce la démocratie et garantit que l’intérêt de la patrie prime sur toute considération. — Ahmed Mokhtiri, 23 octobre 2026, 14 h 07.