Enseignement supérieur… un investissement dans la jeunesse et une voie vers la justice et le développement.
Le secteur de l’enseignement supérieur dans notre pays connaît une transformation sans précédent dans son histoire, à un rythme supérieur à celui enregistré par certains pays voisins : le nombre d’étudiants bénéficiaires est passé d’environ neuf mille à plus de vingt‑deux mille, soit une hausse de…

D'après les sources officielles, en comparaison, la hausse annuelle n’a dépassé que 4,5 % en Tunisie et 1,5 % au Maroc, tandis que la proportion d’étudiants bénéficiant de la bourse est passée de 28 % à 43 %, dépassant ainsi le taux tunisien qui n’atteint pas 40 % que lorsqu’on y ajoute les prêts universitaires. L’expérience sénégalaise, qui accorde sept boursiers sur dix, est aujourd’hui remise en question en raison de son coût élevé et de son faible alignement avec les critères de qualité. Face à ces modèles, la Mauritanie a choisi une approche plus équilibrée et équitable, combinant la protection des catégories fragiles via le registre social, la stimulation des étudiants méritants et la généralisation des bourses aux étudiants des wilayas intérieures.
Cette dernière option n’est pas seulement une mesure sociale; c’est un pari de développement qui favorise la décentralisation, rapproche l’enseignement supérieur du citoyen, réduit le coût des déplacements et les charges de la migration interne, et contribue à l’ancrage des élites étudiantes, des diplômés et de leurs familles dans leurs régions d’origine. Ainsi, l’université devient un levier de développement local plutôt qu’une porte d’entrée vers l’exode. Cette approche s’inscrit dans une plateforme numérique unique qui empêche toute attribution non fondée sur le mérite.
La notion de « mérite » n’est plus un slogan, mais une réalité assurée par les systèmes et protégée par la transparence. Parallèlement, l’offre de formation s’est nettement élargie: le nombre de formations est passé de 50 à 136, l’Université de Nouadhibou a été créée, de nouvelles institutions supérieures et écoles doctorales ont vu le jour, les bourses et les résidences universitaires sont versées dès le lancement de l’année académique, et la gratuité du transport urbain a été accordée aux étudiants inscrits au registre social. Ce progrès ne s’est pas limité à la quantité; il a également touché la qualité et la rayonnance académique.
Des universités nationales ont intégré les classements internationaux, la dynamique des professeurs et des doctorants s’est renforcée, le réseau de partenariats avec les universités étrangères s’est élargi. Nos étudiants remportent désormais des prix d’excellence dans des concours internationaux, et des filières nationales telles que l’ingénierie et la numérisation attirent davantage les meilleurs candidats que les opportunités d’études à l’étranger, signe de confiance qui n’existait pas il y a encore quelques années. Ainsi, la dimension sociale du programme du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, se concrétise dans une politique publique intégrée, où l’investissement dans l’humain devient un vecteur de justice sociale et un moteur de développement durable.
Par le Professeur Mohamed Ould Marabit Ajeid.