Appel de nos deux syndicats de la presse mauritanienne et marocaine : pour un média responsable qui renforce la fraternité et affronte les discours de discorde et d’incitation numérique.
(Al Sada – Nouakchott) – Le syndicat des journalistes mauritaniens et le syndicat national de la presse marocaine ont appelé à lutter contre les discours de haine et d’incitation sur les plateformes de réseaux sociaux, et à renforcer le rôle des médias responsables dans la protection des relations fraternelles.

D'après les sources officielles, il invite les journalistes, les organisations médiatiques et les acteurs du numérique à vérifier les informations, à éviter la republication de contenus provocateurs, et à combattre les fausses nouvelles selon les normes professionnelles. Les deux syndicats ont également annoncé leur engagement à renforcer la coopération en matière de sensibilisation médiatique et de lutte contre les discours de haine, exhortant les citoyens des deux pays à ne pas imputer aux peuples la responsabilité d’actes individuels, tout en rappelant que les liens historiques et humains entre la Mauritanie et le Maroc méritent d’être protégés contre les campagnes de désinformation et d’incitation. Texte du communiqué conjoint du Syndicat de la presse mauritanienne et de son homologue marocain: « Partant de la responsabilité professionnelle et éthique qui incombe aux organisations journalistiques et syndicales dans la défense de la liberté d’expression, la consolidation de l’éthique de la pratique médiatique et la contribution au rapprochement des peuples, le Syndicat des journalistes mauritaniens et le Syndicat national de la presse marocaine expriment leur préoccupation face à certaines pratiques débridées sur les réseaux sociaux, ainsi qu’aux discours incitatifs et contenus offensants qui cherchent à attiser les différends, à nourrir les tendances hostiles et à semer la division entre les peuples marocain et mauritanien frères.
Tout en affirmant que les relations mauritaniennes‑marocaines ne se limitent pas à une simple proximité géographique ou à des intérêts circonstanciels, mais constituent des liens de fraternité, d’histoire commune et d’échanges civilisationnels et humains profondément enracinés, les deux syndicats considèrent que toute tentative de saper ces relations ou de les brouiller par des campagnes numériques basées sur la provocation, la stigmatisation et la désinformation va à l’encontre des aspirations des deux peuples frères à construire, développer et renforcer des liens fraternels historiques qui s’étendent sur des siècles. Dans ce contexte, les deux syndicats constatent que certains comptes et pages sur les réseaux sociaux, voire certaines organisations médiatiques, publient des contenus qui dépassent les limites de la critique légitime et du désaccord d’opinion normal, se transformant en outils d’incitation, d’offense et de généralisation, et tentent d’imputer à un peuple entier la responsabilité de positions ou de commentaires individuels, ou de diffuser des stéréotypes erronés susceptibles d’éroder la confiance mutuelle entre les citoyens des deux pays. Ils avertissent également contre l’usage suspect de certains comptes, y compris les comptes anonymes ou ceux dont l’origine et la crédibilité des contenus sont difficiles à vérifier, lorsqu’ils sont employés pour susciter des tensions entre les deux pays, amplifier les différends ou créer des conflits virtuels qui ne reflètent pas nécessairement les véritables sentiments des deux peuples ni la profondeur des relations qui les unissent.
Ils soulignent que la détermination des responsabilités dans ce domaine doit s’appuyer sur des données fiables et des preuves vérifiables, loin des accusations non étayées et des généralisations gratuites. En insistant sur le fait que la liberté d’expression est un droit fondamental sans lequel la démocratie et le journalisme ne peuvent fonctionner, les deux syndicats précisent que ce droit s’accompagne d’une responsabilité et ne doit pas être utilisé comme prétexte pour diffuser des discours de haine, inciter à l’hostilité ou porter atteinte à la dignité des individus et des peuples. Le désaccord d’opinion, même lorsqu’il est virulent, doit rester encadré par le dialogue et le respect mutuel, et ne doit pas devenir un moyen d’alimenter les conflits ou de nuire aux liens humains et historiques entre les sociétés.
En conséquence, les deux syndicats déclarent ce qui suit: 1. Refus catégorique de toute utilisation incitative ou débridée des réseaux sociaux visant à attiser les conflits, à diffuser la haine, à stigmatiser ou à appeler à la division et à l’hostilité entre les peuples marocain et mauritanien, ou entre les peuples frères et les autres peuples. 2.
Avertissement contre les risques des campagnes numériques suspectes qui exploitent des comptes fictifs ou anonymes, ou qui utilisent des informations trompeuses et des contenus tronqués afin de créer des tensions et d’offenser les relations mauritaniennes‑marocaines, en insistant sur la nécessité de distinguer les faits avérés des interprétations et des allégations non documentées. 3. Invitation aux journalistes, aux organisations médiatiques et aux acteurs du numérique à respecter les règles de vérification des informations, à observer l’éthique professionnelle, à éviter la reproduction de discours hostiles ou leur diffusion supplémentaire, et à démystifier les fausses nouvelles et les contenus trompeurs selon des méthodes professionnelles responsables.
4. Appel aux plateformes numériques et aux autorités compétentes, chacun dans son champ de responsabilité, à lutter contre les contenus incitant à la haine, à la discrimination ou à la violence, conformément aux lois en vigueur, tout en garantissant le respect de la liberté d’expression et en évitant que les mesures de lutte ne restreignent la critique légitime ou les opinions divergentes. 5.
Invitation aux citoyennes et citoyens des deux pays à ne pas se laisser entraîner par les discours incitatifs, la stigmatisation ou les généralisations, à ne pas republier de contenus provocateurs ou d’informations non vérifiées, et à faire preuve de responsabilité et de prudence dans leurs interactions sur les plateformes numériques. 6. Confirmation que les comptes individuels et les commentaires offensants ne représentent pas les peuples, et qu’il ne faut pas prendre des actions isolées ou des publications anonymes comme justification pour juger l’ensemble d’une communauté, remettre en cause ses intentions ou diminuer sa valeur, son identité et sa dignité.
7. Engagement à renforcer la coopération et la coordination entre les deux organisations syndicales dans le domaine de la sensibilisation médiatique, de la promotion de la vérification des informations, de la lutte contre les discours de haine et d’incitation, et à encourager les initiatives professionnelles communes qui favorisent le dialogue entre les journalistes et les médias des deux pays frères. 8.
Invitation à instaurer un discours médiatique responsable et constructif qui fasse des médias et des outils de communication des vecteurs de rapprochement, de connaissance et d’échange d’expertise, plutôt que des plateformes de règlement de comptes ou d’attiser les différends, ou de porter atteinte aux liens fraternels entre les deux peuples. Les deux syndicats, qui publient ce communiqué conjoint, réaffirment que la protection des relations entre les deux pays est une responsabilité collective qui exige vigilance et discernement, et que la lutte contre les discours de division ne se fait pas par un discours opposé d’offense et d’incitation, mais par la conscience, le dialogue, la vérification des faits et le respect des valeurs de respect mutuel. Ils soulignent également que les divergences, quelles qu’elles soient, ne doivent pas devenir un prétexte à l’hostilité entre les peuples, et que leur gestion sage passe par le dialogue responsable, le recours aux faits, et l’évitement de jugements préconçus et de discours qui réduisent les sociétés à des stéréotypes ou à des positions individuelles isolées.
Nos deux pays frères partagent une histoire de communication et d’échanges civilisationnels, des liens sociaux, culturels et humains profondément ancrés, ainsi que des intérêts communs qui exigent la préservation de la confiance mutuelle et son développement. Aucun article éphémère ou campagne numérique, même largement diffusée, ne peut résumer la réalité de ces liens ni remplacer la volonté commune des deux peuples frères de sauvegarder les liens fraternels enracinés. La fraternité de nos peuples dépasse les campagnes de désinformation, est plus solide que les discours incitatifs, et doit être préservée avec sagesse et responsabilité.
Les médias, dans le cœur de leur mission, doivent rester un pont de communication entre les peuples, et non un outil de division ou d’attisement de l’hostilité. Rabat – Nouakchott, le 24 octobre 2026 Ahmed Salem Sidi Abdallah, secrétaire général du Syndicat des journalistes mauritaniens Abdel Kebir Ikhsichane, président du Syndicat national de la presse marocaine