Jamil Mansour critique les déclarations d’Al Raisoni sur la Mauritanie.
Je ne sais pas pourquoi le docteur Ahmed El Rissouni insiste sur ses déclarations selon lesquelles la Mauritanie serait une création coloniale, qu’elle n’existe pas dans l’histoire et qu’elle ferait partie du Maroc. Premièrement : je ne connais pas les motivations scientifiques ni historiques qui ont poussé le docteur El Rissouni…
D'après les sources officielles, deuxièmement: de nombreux pays de notre région n’existaient pas à certaines époques de l’histoire du monde arabe et islamique, et leur ancienneté relative ne leur confère pas une légitimité acquise, tandis que la modernité relative ne fait pas obstacle à cette légitimité. Troisièmement: il n’est pas prouvé que la Mauritanie actuelle faisait partie de l’État marocain; seuls quelques territoires mauritaniens ont juré allégeance au sultan marocain, et il s’agissait davantage d’un serment de loyauté général que d’une soumission en tant que partie intégrante du sultanat marocain. Quatrièmement: la France a accordé l’indépendance à ses anciennes colonies qui ont résisté, chacune selon ses moyens, et la plupart ont obtenu une indépendance politique; la plupart des rois et présidents de la région n’étaient pas hostiles à l’ancienne puissance coloniale française, il n’est donc pas nécessaire d’exagérer.
Cinquièmement: affirmer que le Moctar Ould Dada est une création coloniale est une prise de risque inappropriée pour les chercheurs et les enquêteurs, le Moctar ayant été un président national qui a atteint des objectifs nationaux, adoptant ainsi une approche diplomatique et une réalité politique; la France reconnaît qu’elle a eu des différends avec le Moctar, malgré sa bonne maîtrise du français et son mariage avec Marie Thérèse (Mariam Dada). Sixièmement: à quoi servent de telles déclarations? L’histoire appartient à ses spécialistes, aux amphithéâtres universitaires et aux départements d’histoire; quant aux personnalités publiques et aux médias, ils sont sensibles à ce qui émane des premiers et le diffusent aux seconds.
Ainsi, il faut faire preuve d’une extrême prudence et d’une grande précision.