Les déclarations de Al‑Riazzoni suscitent la colère des Mauritaniens.
Détails (Nouakchott) – Les déclarations du penseur marocain Ahmed al‑Raisuni concernant l’histoire de la Mauritanie et son indépendance ont suscité des réactions de personnalités politiques, parlementaires et écrivains mauritaniens, qui ont refusé de mettre en doute la souveraineté du pays, tout en soulignant la nécessité de…

D'après les sources officielles, détails (Nouakchott) – Les déclarations du penseur marocain Ahmed Raisoni sur l’histoire de la Mauritanie et son indépendance ont suscité des réactions de personnalités politiques, parlementaires et écrivains mauritaniens, qui ont refusé de remettre en cause la souveraineté du pays, tout en soulignant la nécessité de préserver les relations de fraternité et de voisinage avec le Maroc. La députée Zeinebou Mint Ahmednah a qualifié les propos de Raisoni de « absurdités et d’insultes graves, un double affront entre les deux pays frères », les considérant comme une atteinte à la souveraineté mauritanienne. Dans une publication sur Facebook, elle a déclaré que Raisoni répète volontairement l’offense et a appelé à mettre un terme à ses déclarations.
Mohamed Jamil Mansour a critiqué le président du parti Front de la Citoyenneté et de la Justice, « Jama », en dénonçant l’insistance de Raisoni à considérer la Mauritanie comme historiquement une partie du Maroc, affirmant que la dépendance actuelle de la Mauritanie vis‑à‑vis de l’État marocain n’est pas historiquement fondée, et que les ventes que certaines régions mauritaniennes auraient faites aux sultans du Maroc ne prouvent pas une dépendance politique ou régionale du pays. Il a également rejeté toute remise en cause de la nationalité du président fondateur Moctar Ould Diay. Ahmed Salem Ould Ma Yaba a critiqué l’écrivain et académicien mauritanien pour avoir soulevé des revendications historiques concernant des territoires que l’État marocain lui‑même ne réclame pas, estimant que ces déclarations ne servent pas les relations de voisinage.
Il a appelé à préserver les relations entre la Mauritanie, le Maroc et l’Algérie, et à ne pas laisser des positions individuelles les nuire. Les nouvelles déclarations ont relancé d’autres réactions émises lors d’une crise similaire en août 2022, parmi lesquelles les prises de position d’anciens ministres, d’écrivains et de blogueurs mauritaniens. Sidi Mohamed Ould Mohamed a considéré, en tant qu’ancien ministre de la Communication, que les propos de Raisoni ne méritent pas de réponse sur le fond, le porte‑parole n’étant pas le représentant d’une position officielle marocaine.
Il a affirmé que l’existence de la Mauritanie est une réalité historique et politique bien établie, fondée sur la légitimité internationale et les sacrifices de ses enfants, et que l’indépendance du pays ne dépend d’aucune reconnaissance extérieure. Il a souligné que les relations avec le Maroc, tant officielles que populaires, resteront plus fortes que ces déclarations. Le cheikh Moaz Sidi Abdallah a indiqué que Raisoni ne représente pas le point de vue officiel du Maroc, et que les relations entre Nouakchott et Rabat reposent sur le respect mutuel.
Il a toutefois jugé ses propos comme une agression contre la souveraineté mauritanienne, demandant aux autorités marocaines de prendre position, et a appelé à considérer Raisoni comme une personne indésirable en Mauritanie s’il ne présentait pas d’excuse officielle. Habiballah Ould Ahmed a attaqué les déclarations de Raisoni, mettant en doute son aptitude à diriger une organisation savante, et a demandé aux savants mauritaniens membres de l’Union mondiale des savants musulmans de se retirer, estimant que le maintien de leur adhésion sous la présidence de Raisoni, à ce moment‑là, était incompatible avec le devoir de défendre la souveraineté du pays. Ces nouvelles prises de position interviennent après une nouvelle interview de Raisoni, où il a réaffirmé son interprétation historique de la Mauritanie, malgré les critiques suscitées par ses précédentes déclarations.
Alors que les personnalités mauritaniennes refusent de remettre en cause l’indépendance du pays, plusieurs intervenants ont insisté sur le fait qu’il ne faut pas imputer au peuple marocain la responsabilité de déclarations individuelles, et sur la nécessité de préserver les relations bilatérales fondées sur le respect mutuel.