Société·

En réponse à (Al‑Rissouni)… le chef du parti « Al‑Sawab », le député Dr Abdul Salam Ould Harma écrit : (répéter ce qui ne devrait pas, ne devrait pas).

Nommer une chose par ce qu’elle est devenue ne coupe pas son lien avec ce qu’elle était, ni n’annule les significations et les sens qu’elle a portés au cours de son histoire. Les noms changent, les entités politiques se transforment, mais cela n’efface pas leur histoire et ne nie pas la continuité du...

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EssadaTraduit de l'arabe
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Il ressort que les Hollandais chassèrent les Portugais, les Anglais s’emparèrent d’Arguin, puis les Français la prirent aux Anglais, détruisirent le fort, que les Allemands reconstruisirent plus tard, avant que les Français ne le reprennent en 1721, tuant, selon les récits, un grand nombre de Maures qui s’étaient alliés aux Allemands, puis détruisirent le fort définitivement. Ces événements montrent que la région n’était pas un « recoin inconnu » de l’histoire européenne, mais faisait partie d’un espace commercial et stratégique disputé par les puissances européennes, qui y établirent alliances et conflits avec les acteurs locaux. Au XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, la France poursuivit son expansion le long des côtes mauritaniennes, concluant des traités commerciaux avec les chefs de la tribu Bani Hassan, qui avaient étendu leur influence sur de vastes parties du pays après l’établissement des migrations arabes.

Les relations entre les deux parties oscillèrent entre échanges commerciaux, négociations et conflits, jusqu’à ce que la France impose progressivement son contrôle direct au début du XXᵉ siècle, dans le cadre de son expansion coloniale en Afrique de l’Ouest. Ce passé, avec ses traités, ses rivalités commerciales et ses conflits armés, démontre que le domaine mauritanien existait déjà avec ses spécificités politiques et sociales, et que ses liens avec le voisinage maghrébin, saharien et africain ne peuvent être réduits à une narration unilatérale ou exploités pour justifier des revendications politiques contemporaines. Répéter un discours injurieux, dépourvu de documentation suffisante et chargé d’une connotation hostile envers un pays frère, est difficile à concilier avec les exigences de responsabilité académique et d’éthique, surtout lorsqu’il émane d’une personnalité scientifique à la tête d’une association de savants musulmans.

Un tel discours ne sert aucun projet d’unité ou de coopération maghrébine, qui demeure un rêve légitime pour de nombreux enfants de la région. Il n’aide pas non plus à construire des relations équilibrées entre les peuples, mais pourrait ouvrir la porte à des disputes historiques et politiques qui ne profitent à personne. Il ne fait aucun doute que la Mauritanie et le Maroc partagent des liens profonds – religion, culture, langue, histoire, commerce et interactions sociales.

Cependant, ces liens, aussi forts soient‑ils, ne constituent pas en eux-mêmes un fondement juridique prouvant que le Maroc fait partie de la Mauritanie, ou inversement. La distinction cruciale réside entre l’unité du domaine civilisé et historique, et l’unité de l’État et de la souveraineté juridique. Les domaines culturels peuvent se chevaucher, les intérêts et les allégeances historiques peuvent se croiser, et les liens sociaux peuvent dépasser les frontières politiques, sans que cela implique que toutes les zones de ce domaine appartiennent à un même État.

Les chercheurs et historiens ont le droit d’examiner la naissance des États maghrébins, l’évolution de leurs frontières et l’histoire de leur formation politique, tout comme ils peuvent critiquer les politiques coloniales et leurs conséquences, et interroger les dirigeants régionaux sur leurs choix et leurs erreurs. Tout cela doit toutefois se faire dans le respect de la rigueur scientifique, de la courtoisie et de la bienséance, en tenant compte du statut des personnalités qui animent le débat public. Passer du débat historique à la prétention d’un droit juridique contemporain d’annexer un État indépendant à un autre constitue une démarche totalement différente; la simple similarité culturelle, l’unité doctrinale ou les recoupements historiques ne suffisent pas à établir un tel droit.

Il faut un fondement juridique reconnu, conforme au droit international et au principe du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États. Faire appel à l’histoire doit servir à renforcer la coopération entre frères, et non à raviver les conflits du passé ou à remettre en cause la légitimité des États existants. L’unité maghrébine souhaitée ne se construit pas en niant l’indépendance de l’un de ses pays, ni en avançant des revendications qui portent atteinte à sa souveraineté, mais bien par l’intégration, le respect mutuel et la coopération sur la base de l’égalité.

Tout discours qui confond unité historique et unité souveraine, ou qui utilise les liens civilisationnels comme prétexte pour contester l’indépendance d’un pays frère, porte en lui les germes de la discorde, de la division et du désagrégement, et risque de nuire aux relations fraternelles davantage que ne le feraient des actions hostiles directes.

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