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La protection de la conscience est une responsabilité solidaire entre l’État et le citoyen / par : Ahmed Najm

Ahmed Najm / écrivain égyptien pour le forum Égypte, demande au président Abdel Fattah al‑Sissi de se prémunir contre les complots ourdis autour de nous par la diffusion de mensonges et de rumeurs, appelant les Égyptiens à dynamiser et à diffuser la sensibilisation et à ne pas prêter attention aux mensonges qui circulent…

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EssadaTraduit de l'arabe
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Selon les dernières informations, j’ai conclu que le type le plus dangereux de conscience est de croire que l’on est conscient alors que l’on est mentalement « déconnecté », à cause de mensonges qui s’infiltrent dans l’esprit et sont crûment acceptés, comme cela s’est produit pendant la période de domination des Frères musulmans (les « déconnectés ») et ce que diffusent certaines plateformes malveillantes qui créent la confusion dans le savoir et remettent tout en question. La conscience est un état mental dans lequel l’individu est conscient de lui-même, des événements qui l’entourent, en interaction directe avec son environnement extérieur via ses sens, afin de reconnaître sincèrement les faits et les réalités qui l’entourent. Elle se décline en trois formes: 1.

La conscience pleine, qui implique une compréhension précise des événements basée sur la connaissance, l’analyse et l’équilibre, et qui est généralement honnête dans son évaluation. 2. La conscience illusoire, qui est en décalage avec les idées de la personne et la réalité qui l’entoure, vivant dans une illusion due à une faible capacité de discernement.

3. La conscience partielle, qui consiste à se contenter d’une partie de la vérité sans chercher la connaissance complète. À mon avis, le type le plus fort de conscience est la conscience collective, que l’on appelle la conscience collective: il s’agit de l’ensemble des croyances, valeurs, idées, sentiments et normes morales partagés qui prévalent au sein d’une communauté donnée et qui agissent comme une force d’unité les liant les uns aux autres.

Les étapes de la conscience ont traversé de nombreuses phases. Autrefois, le narrateur créait et façonnait la conscience en racontant des épisodes historiques ou héroïques selon ce que dictait sa conscience ou ce qu’il voulait dire. Les gens décelaient son discours avec précision.

Il se nourrissait de la générosité des villageois, recevant une simple bouchée en échange d’une histoire sincère. Son financement venait du peuple, et il était loyal envers le peuple. Aujourd’hui, la scène a changé.

Le nouveau narrateur ne se nourrit plus de nos foyers, mais de sociétés publicitaires et de plateformes qui le paient en dollars pour chaque cri. La question n’est plus « Que dit le narrateur? » mais « Qui le paie pour parler?

». La conscience gratuite sur TikTok est la plus précieuse, car son prix, c’est votre propre esprit. Il faut donc filtrer soigneusement ce que l’on entend et rechercher l’information véridique.

Malheureusement, certaines écoles se sont retirées discrètement de la scène de la conscience, laissant le tableau noir vide pour être rempli par TikTok, conséquence de la négligence de certains enseignants quant à l’importance de créer, développer et protéger la conscience chez nos enfants. Nous étudiions le courage et la bravoure de nos dirigeants qui ont façonné l’histoire, nous connaissions qui nous étions à travers notre véritable passé, et nous étions fiers de notre histoire et de nos leaders. Aujourd’hui, l’élève mémorise un programme pour l’examen puis l’oublie, ne regarde qu’une vidéo de 30 secondes sur TikTok qui peut falsifier les faits qu’il a appris.

Nous n’avons pas besoin de développer des tablettes; nous avons besoin d’une nouvelle matière appelée « cours de conscience », dont les bases seraient posées par des experts en éducation pour enrichir la conscience de nos enfants. L’institution éducative est la phase la plus critique pour affirmer et purifier la conscience, le rôle de l’enseignant étant essentiel dans la formation des élèves aux valeurs éducatives et morales, tout comme le rôle des institutions religieuses, sociales et jeunesse. L’intelligence artificielle sera le narrateur de demain.

Si la rabâb était le narrateur d’hier, le blogueur le narrateur d’aujourd’hui, l’intelligence artificielle sera le narrateur de demain et le plus dangereux. Le blogueur peut mentir une fois, mais le robot mentira avec une confiance absolue, en citant des références falsifiées qui le persuaderont. Demandez‑lui, par exemple, la guerre d’octobre; il vous donnera une version qui glorifie votre ennemi et rappelle ses héros, tout en semant le doute sur votre propre combat.

Qui écrira notre histoire pour le robot? Si nous ne créons pas d’intelligence artificielle égyptienne avec une narration authentiquement égyptienne, une intelligence étrangère viendra façonner la conscience de nos enfants, ce que nous ne souhaitons pas. Je propose la création d’un conseil supérieur de fabrication de la conscience, réunissant des modèles exemplaires de toutes les disciplines scientifiques, des sages du village, du cheikh d’Al‑Azhar, du prêtre, du professeur d’université, du responsable de la sécurité, du jeune de TikTok lui‑même.

Sa mission ne serait pas d’interdire, mais de produire: produire une conscience nationale attrayante dans le langage de cette génération. La conscience n’est pas un luxe, elle est la sécurité nationale même. Un excès de conscience implique un excès de patriotisme.

Si tel est l’enjeu de la fabrication de la conscience, qui est alors responsable de la protéger? À mon avis, la responsabilité est solidaire, pas individuelle. L’État, à travers ses lois, ses institutions éducatives, médiatiques et culturelles, doit établir une stratégie nationale pour protéger la conscience du citoyen et ce qui lui est offert sur toutes les plateformes, et sanctionner ceux qui falsifient la conscience.

La famille, première ligne de défense, est le véritable atelier où se forge la conscience dès le plus jeune âge, en inculquant dès l’enfance les valeurs, les traditions, le respect et l’honnêteté, et en développant le sentiment d’appartenance à la patrie. Enseignants, universitaires et intellectuels sont responsables devant Dieu et l’histoire de chaque mot qu’ils prononcent, car la parole peut bâtir une nation ou la détruire. L’esprit de l’étudiant est une pâte souple, pouvant être imprégnée de vérités et entraînée à trier l’information.

Comme le président Abdel Fattah al‑Sissi le souligne, il faut investir dans l’éducation avec une conscience sincère. Les médias responsables portent une double responsabilité, car ils sont l’arme la plus dangereuse dans la bataille de la conscience, capables de construire ou de détruire simultanément ce qu’ils diffusent. Chaque citoyen est désormais responsable à l’ère du smartphone: chacun de nous devient une tribune médiatique mobile, responsable de chaque rumeur diffusée ou vérité cachée, de chaque mot transmis par n’importe quel moyen.

Il faut donc veiller à dire la vérité, diffuser les bonnes mœurs et éviter de relayer les rumeurs malveillantes. Protéger la conscience n’est pas uniquement la tâche de l’État, ni d’une seule entité, mais la lutte de toute la nation, main dans la main. La patrie, c’est le citoyen, et le citoyen, c’est la patrie.

Si la conscience disparaît, la patrie se perd. Ainsi, protéger la conscience, c’est protéger la patrie contre tout danger. Par conséquent, je demande au cher ministre Mohamed Abdel‑Latif, ministre de l’Éducation et de l’Éducation technique, d’ajouter une séance aux programmes scolaires pour développer la conscience dans l’esprit de l’élève, sous n’importe quel intitulé, afin de l’entraîner à distinguer le vrai du faux dans les informations qu’il reçoit.

Source: l’auteur + Sawt al‑Balad.

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