Société·

Le député d’Imboud : les droits des agriculteurs de « Foum Legleita » sont une ligne rouge et leur sueur n’est pas un pâturage pour les autres (déclaration).

Le député de la circonscription d’Amboud dans la wilaya de Gorgol, Al Hassan Ould Baha, a déclaré dans un communiqué publié sur sa page officielle Facebook mardi qu’il « n’y a pas de compromis sur les droits des agriculteurs, ni de légitimité pour des privilèges non protégés par la loi, … ».

M
MourassilounTraduit de l'arabe
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Selon les dernières informations, le député Ould Baha, membre du parti El Karama, l’un des partis de la majorité présidentielle, a souligné que les droits des agriculteurs de Foum Legleita constituent une ligne rouge non négociable, selon les termes du communiqué. Le communiqué, rédigé à la suite de la réunion élargie tenue hier à Foum Legleita et des discussions franches avec les habitants et les agriculteurs, indique qu’il est nécessaire de présenter au public une clarification décisive, non pas en réponse à chaque interprétation malveillante, mais par respect de la vérité et pour mettre fin aux tentatives de transformer une affaire de développement national en une bataille de protection de privilèges privés. « Notre position a toujours été claire et le restera: nous soutenons ceux qui cultivent la terre et vivent de son fruit, et non ceux qui utilisent la terre comme un instrument d’influence, ni les efforts des autres comme source d’enrichissement et de taxation.

» **Premièrement:** les droits des agriculteurs sont une ligne rouge non négociable. L’État mauritanien n’est pas un adversaire du petit agriculteur; au contraire, il a le devoir de protéger ses droits légitimes et de lui permettre de bénéficier équitablement des richesses de la nation. L’article premier de l’arrêté juridique n° 83‑127 du 5 juin 1983 a établi le principe que la terre appartient à la nation et que chaque Mauritanien a le droit d’en posséder une partie conformément à la loi, sans discrimination.

Le véritable agriculteur est un partenaire du développement, pas un obstacle, et quiconque use de ses droits comme bouclier pour protéger d’autres intérêts se porte préjudiciable avant même de les défendre. **Deuxièmement:** lorsque la loi s’exprime, les illusion de privilèges s’effondrent. Certains tentent de présenter l’accord de 1981 comme une preuve irréfutable d’une propriété traditionnelle absolue, oubliant que la négociation politique ou administrative ne crée pas, en soi, un droit réel de propriété et ne remplace pas le titre juridique.

À ceux qui brandissent le slogan de la propriété héréditaire, nous répondons que nous respectons l’héritage légitime, mais que l’héritage ne crée pas un droit à partir de rien. L’arrêté juridique 83‑127 clarifie les principes fondamentaux: - **Article 3**: abolition du régime de possession traditionnelle de la terre. - **Articles 4 et 6**: mise en place de critères pour la reconnaissance des droits immobiliers et la protection des droits acquis légalement, y compris ceux des bénéficiaires ayant participé à la mise en valeur ou à l’exploitation continue de la terre.

- **Article 5**: enregistrement des titres au nom des notables au profit des groupes traditionnels, distinguant ainsi la représentation collective de la propriété personnelle. - **Article 8**: interdiction des formes de location de terres contraires à la charia. - **Articles 9 et 12**: organisation des terres domaniales de l’État et des conditions d’acquisition de leur propriété.

La question qui reste sans réponse aux slogans est la suivante: certains notables étaient-ils propriétaires en leur nom propre, ou représentants de groupes incluant les agriculteurs et les titulaires de droits réels? La réponse ne dépend pas du statut social, mais des documents, des droits établis et des dispositions légales. L’État est un État de droit et d’institutions, pas un État de privilèges héréditaires ou de droits supposés.

**Troisièmement:** il n’est pas acceptable que le sang du petit agriculteur devienne le tribut d’autrui. Il est inadmissible que le petit agriculteur investisse son argent et son effort dans la mise en valeur de la terre, pour ensuite être contraint de payer des redevances à des parties qui ne justifient pas leurs droits par un titre juridique valable. Nous ne ciblons pas des personnes ou des composantes sociales, nous ne nions pas une propriété légitime, mais nous refusons que l’influence traditionnelle se transforme en titre de propriété et que l’opacité foncière devienne un moyen d’imposer des privilèges indus.

La propriété est un droit protégé par la loi, pas une revendication imposée par le pouvoir, et la terre ne doit pas être un outil d’exploitation pour celui qui la cultive, ni pour celui qui prétend en disposer ou la louer sans prouver l’origine et la légitimité du droit. **Quatrièmement:** le projet sucrier d’Amboud est un intérêt national qui ne peut être retenu. Le projet sucrier, avec des investissements annoncés de 446 millions de dollars, la mise en valeur de 17 000 hectares et la perspective de créer entre 12 000 et 19 000 emplois, n’est pas un simple projet agricole passager, mais une opportunité stratégique pour renforcer la souveraineté alimentaire, dynamiser l’économie locale et ouvrir de nouvelles perspectives aux jeunes de la région.

À ceux qui tentent de présenter le projet comme une guerre contre les agriculteurs, nous rappelons que les articles 20 et 21 de l’arrêté juridique 83‑127 encadrent les relations entre les projets d’importance économique et sociale et l’intérêt public, en tenant compte des droits légitimes et en garantissant une compensation équitable le cas échéant. La loi n’autorise pas la suspension de l’intérêt public au nom de la propriété, tout comme elle n’autorise pas la violation de la propriété légitime au nom du développement. Nous ne tolérerons pas qu’un différend foncier juridiquement résolvable devienne une contrainte permanente sur l’avenir d’une entire wilaya.

**Cinquièmement:** à ceux qui confondent défense des droits et protection de privilèges, nous respectons le droit des citoyens à exprimer pacifiquement leurs craintes et leurs revendications, mais nous refusons d’utiliser ces craintes pour les manipuler ou les entraîner dans des combats qui ne servent pas leurs intérêts réels. Ceux qui possèdent des droits établis voient la loi les protéger, ceux qui subissent une injustice légitime sont les premiers à bénéficier de notre défense, tandis que ceux qui cherchent à imposer des privilèges sans titre ne trouveront aucun couvert politique dans notre position. Défendre les citoyens ne consiste pas à les effrayer face au développement, ni à les transformer en boucliers humains dans des luttes d’intérêts, mais à sauvegarder leurs droits et à garantir une part équitable des bénéfices des projets nationaux.

**Enfin…** mot de conclusion: nous ne serons pas partie à la protection de privilèges illégaux, nous ne concéderons pas les droits des agriculteurs, et nous n’accepterons pas que l’avenir d’Amboud reste prisonnier de l’influence et du monopole. Nous ne menons pas une bataille contre des personnes ou des groupes, mais une lutte politique et institutionnelle pour la primauté du droit, la justice pour les agriculteurs et la libération du développement des chaînes de intérêts étroites. Que tous sachent que notre respect de l’histoire ne signifie pas la vénération de ses privilèges, que notre souci de la paix sociale ne signifie pas la tolérance de l’injustice, et que notre défense du développement ne signifie pas l’abandon du droit d’un seul citoyen.

Celui qui possède réellement un droit doit le prouver devant la loi; celui qui défend les agriculteurs doit défendre leurs droits, pas les exploiter; celui qui s’oppose au projet doit présenter ses arguments avec transparence, loin de la désinformation. La terre n’est pas un butin d’influence, le petit agriculteur n’est pas du carburant pour des intérêts, et le développement n’est pas un privilège accordé ou refusé par la volonté d’individus. La loi prime sur tous, les droits des citoyens sont une ligne rouge, le développement est un choix national irrévocable.

Hassane Ould Baha.

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