Société·

Le roman “خضوع” d’Abdelallah Zayed … ouvre le dossier de la phobie et de la douleur de l’aliénation au sein de la famille et de la société.

Couverture du roman « Soumission » – l’œuvre place la littérature arabe parmi les récits mondiaux et évoque les univers de Kafka, signée par le critique marocain le docteur Adel Al‑Anaz : le critique et universitaire marocain le docteur Adel Al‑Anaz a lu le roman « Soumission » de…

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Il ressort que les événements se déplacent de la ferme à la ville, puis à son exil dans un autre pays après que son épouse riche, Moudawi, l’a expulsé parce qu’elle a refusé ses écrits intellectuels, non à cause d’une infidélité. Kanan devient alors employé temporaire dans la salle de garde d’un parking appartenant à une société, et il aspire à ses enfants et à ses parents, jusqu’à ce que son expérience en gestion le sauve lorsqu’il réussit à sauver l’entreprise Mithaa de la faillite. Le docteur Adil Al‑Anaz est professeur d’enseignement supérieur à l’Université Sidi Mohamed Ben Abdallah de Fès, au Royaume du Maroc, et chercheur en interprétations et méthodologies critiques contemporaines.

Il a reçu le prix Sharjah pour la création arabe dans la catégorie critique ainsi que le prix Taqwin du lecteur arabe. Il a publié des ouvrages sur la critique du roman, les stratégies culturelles et des études évaluées dans des revues arabes et internationales. Selon le docteur Al‑Anaz, la valeur du texte ne repose pas tant sur son intrigue que sur « la représentation inspirée des plus fines égratignures intérieures » laissées par les relations humaines au sein de la famille et de la société.

Il affirme que le roman exprime la crise d’une large tranche de population injustement accusée d’arrogance et de rigidité, sans que personne ne perçoive la fragilité de leurs intérieurs. Il note que l’œuvre s’éloigne du récit traditionnel et mise sur le monologue dramatique d’une âme « innocente et détraquée » qui tente d’expliquer au monde pourquoi elle paraît étrangère à celui‑ci. Le critique souligne que l’auteur a mêlé la tragédie à une forme de « humour noir » qui fait rire le lecteur tout en le réveillant aux dysfonctionnements de la société.

Il indique également une critique implicite de certaines normes dont paient le prix des enfants innocents, comme dans le récit d’une femme riche qui confie son fils à un orphelinat par peur du déshonneur. Parmi les passages marquants, on trouve les propos de Kanan: « J’ai appris à m’approcher des gens parfois, mais je n’ai jamais appris à rester constamment proche d’eux », et « L’amour est plus noble que l’argent; car on peut gagner de l’argent par le travail et la planification, mais on ne peut pas obtenir l’amour par la planification ». Le docteur Al‑Anaz établit une comparaison entre l’expérience d’Abdallah Zayed et celle de Franz Kafka, et voit entre les deux une « relation solide et réciproque ».

Il évoque la « lettre au père » dans laquelle Kafka reprochait à son père son froid. Mais il remarque que Zayed ne blâme ni le père, ni la mère, ni les frères, ni l’épouse, mais condamne la « tragédie du manque de compréhension et d’empathie » qu’il considère comme la racine des crises au sein de la famille, de la société et des institutions. Il conclut sa lecture par des questions que le roman laisse ouvertes: « Kanan était‑il naïf?

Ou était‑il le seul à voir la vérité nue? Et la soumission, au final, est‑elle une soumission aux autres, ou bien une soumission à cet enfant caché en nous qui ne cesse de craindre?».

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