Société·

Nouakchott… déflagration sécuritaire et crises de vie qui placent le gouvernement devant ses responsabilités / Ahmed Douh al‑Chenqiti

La souffrance du citoyen à Nouakchott ne se limite plus à la hausse du coût de la vie, à la perte du pouvoir d’achat et aux coupures d’électricité ; l’inquiétude sécuritaire s’ajoute désormais à la liste des charges quotidiennes, dans un contexte où les craintes de cambriolages et d’agressions augmentent.

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EssadaTraduit de l'arabe
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D'après les sources officielles, la souffrance du citoyen à Nouakchott ne se limite plus à la hausse du coût de la vie, à la perte du pouvoir d’achat et aux coupures d’électricité; l’insécurité s’ajoute désormais à la liste des charges quotidiennes, dans un contexte où les craintes de cambriolages et d’agressions, qui ont même pénétré les foyers, se multiplient, comme l’a révélé le drame tragique survenu dans la région de Sita Blaj, où la victime était une enseignante du Coran. Le sentiment de peur qui s’installe dans les maisons soulève de sérieuses questions sur la réalité du dispositif de sécurité, la présence de la police dans les quartiers, l’efficacité des patrouilles et les mécanismes d’intervention et de réponse. Le citoyen a donc le droit de demander: où sont les mesures préventives?

Quelle est la capacité des forces de sécurité à faire face à ces défis? Qui est responsable de garantir la sécurité des personnes et des biens? On ne peut pas examiner ces évolutions isolément du contexte général des conditions de vie et des services; le citoyen subit des coupures d’électricité récurrentes, une hausse du coût de la vie et une détérioration de certains services de base, ce qui fait s’accumuler les crises et affecte sa confiance dans les institutions.

C’est ici que la responsabilité du gouvernement apparaît, non pas en tant que responsable direct de chaque crime ou panne technique, mais en tant qu’autorité exécutive chargée d’élaborer les politiques publiques, de coordonner l’action des secteurs, de surveiller leurs performances et de tenir les défaillants pour responsables dans le cadre légal. Résoudre le problème de sécurité nécessite de renforcer la présence policière, d’intensifier les patrouilles nocturnes, d’accroître la disponibilité des postes de police et de développer les moyens de lutte contre la criminalité. La crise électrique, quant à elle, exige un examen sérieux des politiques d’entretien, de gestion et d’investissement.

De même, les conditions de vie appellent à des mesures concrètes qui allègent la pression sur les ménages et améliorent l’accès aux services essentiels. Le citoyen n’a plus besoin de déclarations et de promesses, mais de résultats tangibles qui se ressentent dans son quotidien. Le succès des politiques gouvernementales ne se mesure pas au nombre de réunions ou de programmes annoncés, mais à leur impact sur la sécurité du citoyen, la stabilité de son existence et la qualité des services qui lui sont fournis.

Cette phase requiert une révision gouvernementale responsable, passant de la gestion des crises après leur survenue à la prévention, du simple justification des déséquilibres à l’identification de leurs causes et à la mise en cause des responsables, tout en informant l’opinion publique des réalisations, des échecs et de leurs raisons. La sécurité du citoyen n’est pas un privilège, l’électricité n’est pas une grâce, et l’amélioration des conditions de vie n’est pas une promesse différée; ce sont des responsabilités fondamentales au cœur des devoirs de l’État. La question qui demeure est la suivante: quand la protection du citoyen et l’amélioration de ses conditions de vie deviendront‑elles la priorité qui déterminera le bilan de la performance gouvernementale, au lieu de simples titres qui se répètent dans les discours et les programmes?

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