Société·

Analyse du chant Hassani à partir des textes de Gharz Ould Belghammeh El Diliemi : (deuxième partie) le docteur Mohamed Ould Ahzana (premier document)

Ouverture : comme je vous l’avais promis hier, je publierai ce soir l’un des textes de Ghrz Ould Belghama en entier, avec des explications linguistiques et des notes complémentaires brèves. J’espère ainsi atteindre le but d’apporter bénéfice et contribution aux fouilles de la poésie Hassania, et de répondre à ses problématiques de recherche…

EM
El MouragebTraduit de l'arabe
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Il ressort que je mets ce texte à disposition, pour la première fois, aux chercheurs et aux passionnés d’histoire de ce phénomène littéraire remarquable, exprimant avec sincérité, chaleur et beauté les sentiments des locuteurs de la hassania (langue). Voici ce texte rare; que les lecteurs les plus nobles le lisent, afin qu’il contribue à fournir le matériel fiable exigé par les études littéraires. **Texte** **Premier passage** « Nisbig: au nom du Tout‑Miséricordieux, *Bash al‑wan* (mon meilleur discours) *bizzian* (en détresse) *‘ind malih* (à son écriture)… » (« al‑wan: « al‑» = meilleur, mon discours; malih: son écriture ).

**Deuxième passage** « Nous organisons, de Si: Aknan, *nazzam tifnan* (artifice), *nazzam ma: tulqan* (nous n’avons rien reçu d’autrui), *nazzam nâshiya* (je suis créatif). » (Aknan: pluriel de « ken », le refuge protégé; tifnan: se livrer à l’art; ma: tulqan: « je ne l’ai pas dit, nous l’avons reçu d’un autre »; nâshiya: je suis l’auteur). **Troisième passage** « Nous le louons, le sultan: *hûk* (là‑bas, à côté), *faraḥan* (joyeux).

Louange à *az‑min* (le garant, chef des chefs), *nazil ‘alayh* (descendu sur lui, donc ma louange lui est accordée). » **Quatrième passage** « *Tagh‑sam* (section, fente) à *l‑hishân* (ce qui apparaît dans le poème fragmenté: la tête fendue en deux par l’épée du loué), *râgib al‑shân* (de haute importance), *ḥass wa‑dhanniyah* (son sentiment dans ses oreilles, à la hauteur de son rang). » **Cinquième passage** « *Karim* (généreux) aux *‘arabân* (Arabes): *sîl* (déluge) du champ, *law* (si) *shukr* (remerciement) de chaque être humain, *ma* (qui) *y* (le) *kâfi* (le récompense).

» (*law*: « si »; *sîl*: torrent qui recouvre la terre). **Sixième passage** « Je reviens à *ab‑makân* (un lieu), *mad‑l‑mélân* (marée de la mer), *ma y‑fargh* (clair, non trouble), *namith* (exemple) *bih*. » **Septième passage** « *Wal‑l* (ou sinon) *ḥâs* *far‑gân* (type d’oasis abondante en eau), *sâk‑n* *âgân* (terre sablonneuse entre Tagant, Afṭūṭ, Adrar et Amštīl, sud‑ouest de la Mauritanie), *far‑gân* (pluriel de « farik », les habitants), *la‑ẓ‘ān* (les voyageurs), *ta‘ṭin* (boire abondamment) *‘alayh*.

» **Huitième passage** « Plus grand que vous, le *diwan* (cercle), *wa‑us‘a* *ak‑nân* (et large en noblesse), *wa‑sul‑ṭân* *wa‑garmân* (le plus serviable à ses voisins, humble serviteur, non prince). » **Neuvième passage** « Des *kutūb* du Coran, *jār* (voisin) entre ses mains, *aflaḥ‑sân* (les bons), *ḥāsin* *‘alayh*. » (*kutūb*: livres, ou *kataba*: les coins; *jār*: celui qui l’abrite).

**Dixième passage** « *Law* *gâm* *‘iyāṭ* *ag‑rân* (si le vent souffle fort), *jād* *‘ajlân* (prompt), *wa‑ṭal‑g* *shūr* *far‑sân* (les cavaliers se rassemblent), *ghar‑shū* *bih*. » (*ghar‑shū*: « ils se sont assurés »). **Onzième passage** « *Ḥass* *al‑kūf* *ar‑ranān* (le tambour résonnant), *ḥāsh* *la‑ẓ‘ān* (s’empare des voyageurs).

*Wa‑ḥassar* *layth* *al‑marḥān* (le lion de la joie, son intelligence), *‘agall* *fih*. » **Douzième passage** « *War‑kib* *bāz* *al‑bīzān* (le faucon royal), *rikh* *shihān* (type d’oiseau, le faucon femelle, rappel du faucon mâle), *ka‑hdurūj* *al‑ghirān* (comme le hérisson ou le blaireau qui creuse le terrier, comparaison avec la rapidité des deux jambes du cheval), *la‘b* *rijlayh*. » **Treizième passage** « *Yath‘abān* *ka‑th‘abān* (se tortille comme un serpent), *shilū* *kul‑shān* (le cheval, terme désignant la bande ou le groupe d’objets séparés du cheval qui a déjà chargé, en hassania désigne le chiot), *min* *laban* *al‑barr* *ruyān* (du lait du pays), *bih* *gāwiyah*.

» **Quatorzième passage** « *Bū‑griḥah* *min* *lisnān* (le cheval devient grand (puissant) jusqu’à fixer sa couleur finale, stade de maturité du cheval), *makān* *aẓhūra* *ḥassān* *bih* *wa‑‘alayh*. » **Quinzième passage** « *Takall* *ar‑rijāl* *al‑‘arabān* (les hommes arabes s’appuient les uns sur les autres en cas de danger), *yawm* *shiyān* (le jour de la fumée), *li‑wajh* *wasṭ* *ad‑dukhān* (au milieu de la fumée), *yadfa‘* *fih*. » **Seizième passage** « *‘Aḥmar* *kulūn* *al‑alwān* (rouge comme toutes les couleurs), *shakhṣ* *khamzān* (personne, le grand escargot sauvage « bṛdl » en hassania, terme rare et peu documenté), *kayfa* *aqlām* *al‑qur’ān* (comme les lettres du Coran), *rūs* *wa‑dhanniyah*.

» **Fin du premier texte de « Gharz » d’Ould Balghama.** **Notes brèves sur le texte** - **Première note**: le texte décrit le louangeur — le héros — Ould Mohamed Ould Abdallah Al‑Barkani, selon la tradition qui accompagne la narration de ce poème: éclatant, combattant, protecteur du Dhamar, cavalier de son cheval décrit avec toutes les qualités de la noblesse, de la vitesse, de la beauté et de la vitalité. - **Deuxième note**: source du texte: le grand artiste et écrivain de référence — El Moctar Ould Midah, décédé le 22 mai 1988. - **Troisième note**: nature du document — enregistrement audio.

- **Quatrième note**: forme du texte — poésie rimée selon le modèle « tal‘a » quaternaire de la hassania, avec trois « ḥamr » et une « kaṣra ». C’est l’ancêtre de la forme sextuple actuelle. - **Cinquième note**: le dessin en hassania — une imitation d’un type de « sîr » (cheval de trait).

Il se compose de six « biti » mobiles suivis de trois « biti » dans chaque tal‘a quaternaire, avec une unité de rime en « ḥ » (lettre nūn) et des « kaṣrāt » en « h » (lettre hā’), respectées dans tous les passages. - **Sixième note**: la langue du texte est la hassania, dérivée de l’arabe classique, avec des termes aujourd’hui désuets. - **Septième note**: la poésie a une fonction chantée, revêtant un caractère épique comme dans les « et‑hīdin », destinés à flatter les princes et à gagner la faveur des loués.

Elle a ensuite été reprise dans de nombreux autres mètres hassaniens. *(D’autres textes de « Gharz » seront publiés dans les prochains traitements, avec de courts commentaires, dans le but de constituer un corpus documentaire de référence.)*

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