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Ould Khattari écrit dans la presse espagnole / Sahara occidental : la confrontation entre Washington et Moscou place la Mauritanie devant des équilibres régionaux délicats.

Traduction de l’article : le veto russe entrave la tentative américaine de faire de l’autonomie marocaine la seule option pour régler le conflit, mais il menace en même temps la poursuite de la mission des Nations Unies au Sahara occidental. Quant à la Mauritanie, …

M
MourassilounTraduit de l'arabe
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Il ressort que après un demi‑siècle, le Maroc contrôle toujours la majeure partie du territoire, tandis que le Front Polisario maintient sa revendication d’indépendance et le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Quant à la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), créée en 1991 pour surveiller le cesse‑feu et organiser un référendum qui n’a jamais eu lieu, elle reste l’une des principales mécanismes internationaux de gestion de ce différend. La séance de vote du Conseil de sécurité du 30 octobre a révélé une profonde division entre les grandes puissances.

La Russie a exercé son droit de veto contre un projet de résolution américaine visant à faire de l’autonomie sous souveraineté marocaine la seule base des négociations, en introduisant des modifications substantielles au mandat de la MINURSO. Le projet a été soutenu par onze membres, la Chine, le Pakistan et la Somalie s’abstenant. Un projet de résolution alternatif présenté par la Russie a également échoué, laissant l’avenir de la mission des Nations unies en suspens.

La contradiction réside dans le fait que la Russie a réussi à bloquer une avancée diplomatique favorable à la position marocaine, mais n’a pas pu empêcher une crise qui pourrait se solder par la disparition de l’une des dernières structures de surveillance internationale sur le terrain. Le veto russe a maintenu la porte ouverte, tant sur le plan juridique que politique, à d’autres options de négociation, sans toutefois changer la réalité du contrôle de terrain ni trancher la question de la souveraineté du territoire. Mauritanie: entre gains diplomatiques et risques stratégiques La Mauritanie occupe une position très sensible dans ce conflit.

Elle en était partie jusqu’en 1979 et a reconnu la République arabe sahraouie démocratique en 1984, tout en conservant des relations stratégiques tant avec le Maroc qu’avec l’Algérie. Ainsi, la politique de neutralité adoptée à Nouakchott n’est pas seulement un choix diplomatique, mais une nécessité imposée par les considérations de sécurité nationale et les équilibres régionaux. Le blocage du projet de résolution américain offre à la Mauritanie une marge politique importante.

Il empêche, pour l’instant, l’adoption de l’autonomie marocaine comme unique cadre de négociation et permet à Nouakchott de poursuivre sa politique d’équilibre sans devoir s’adapter à un nouveau cadre international plus contraignant. Cela lui laisse également la possibilité de défendre ses intérêts frontaliers et économiques dans toute future settlement. Cependant, les risques ne sont pas moins importants que ces gains potentiels.

La perspective de la fin de la mission MINURSO, dans un contexte de tensions militaires persistantes depuis l’effondrement du cesse‑feu en 2020, pourrait accroître l’incertitude sécuritaire le long de la frontière nord de la Mauritanie et exposer le corridor commercial via le Karkarat à d’éventuelles perturbations, en plus d’alimenter les tensions régionales. La Mauritanie devra gérer ces pressions alors même qu’elle fait déjà face à des défis sécuritaires croissants provenant de la zone du Sahel. Il existe également une dimension stratégique plus profonde: toute solution définitive du conflit devra prendre en compte le tracé des frontières, la sécurité de la ville de Nouadhibou et les intérêts économiques mauritaniens sur la façade atlantique.

Il n’est pas fortuit que Nouakchott ait, lors des négociations de 2026, souligné la nécessité de clarifier les frontières internationales du territoire, afin d’éviter toute ambiguïté pouvant entraîner des conséquences juridiques, économiques ou sécuritaires à l’avenir. Pour la Mauritanie, le véritable défi ne réside pas tant dans l’identification du camp qui l’emportera diplomatiquement dans les couloirs de l’ONU, que dans la prévention de la transformation d’un échec politique international en une nouvelle source d’instabilité le long de ses frontières. Le veto russe a préservé la multiplicité des options diplomatiques, mais le retrait éventuel de la MINURSO pourrait affaiblir les garanties de sécurité nécessaires à la poursuite des négociations.

C’est là que se pose le dilemme mauritanien: maintenir l’indépendance de la décision politique et l’équilibre des relations régionales, sans supporter les retombées d’un conflit dont le règlement reste tributaire, dans une large mesure, de décisions prises hors de la région. Al‑Khatari, journaliste.

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