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Le président de la République et les diasporas mauritaniennes… fierté d’appartenance et partenariat dans la construction du futur / Al‑Wali Sidi Haiba

Alwali Ould Sidi Haiba, journaliste mauritanien, indique que l’un des messages majeurs du discours du président de la République lors du Forum des communautés mauritaniennes à l’étranger est que la reconnaissance des compatriotes à l’étranger doit s’accompagner d’une écoute de leurs préoccupations et d’une attention à leurs intérêts, …

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Selon la vision du président, le forum n’est pas une simple cérémonie ou une rencontre ponctuelle d’échanges de courtoisies, mais un espace de concertation pour définir les priorités, diagnostiquer les problèmes et formuler des propositions concernant les droits, les services, l’investissement et la participation au développement. Cette initiative se distingue également par son caractère symbolique: la tenue d’une rencontre nationale à ce niveau pour les communautés envoie le message clair que l’État les considère comme des partenaires du débat public, que leurs expériences et leurs propositions méritent d’être intégrées dans les discussions nationales et la formulation des politiques publiques. Le soin apporté par le président à la préparation du forum, ainsi que la mention du temps requis, reflètent l’importance d’une organisation institutionnelle solide pour la réussite de telles initiatives, et la nécessité que la relation avec les communautés repose sur la continuité et la structuration, et non sur des contacts ponctuels lors d’événements majeurs.

La véritable valeur du forum dépendra de sa capacité à dépasser les simples débats pour produire des recommandations concrètes, à désigner les autorités responsables de leur suivi et à établir des mécanismes clairs de mise en œuvre, afin d’éviter que les résultats ne restent que des documents archivés parmi d’autres rencontres nationales. Le président a élargi le champ des rôles attendus des communautés: il n’a pas limité leur contribution aux transferts financiers ou à l’aide sociale, mais a lancé un appel explicite aux hommes d’affaires et aux investisseurs pour exploiter les opportunités offertes par l’économie nationale, créer des emplois, transférer des technologies et soutenir le développement local. Il a également invité les compétences mauritaniennes à contribuer à la modernisation des institutions, à la recherche scientifique et à l’innovation.

Cette invitation traduit une volonté d’exploiter le capital humain mauritanien à l’étranger comme ressource stratégique capable de diversifier l’économie nationale et de moderniser ses outils de production et de gestion. Les migrants ne transportent pas seulement de l’argent, ils apportent également des expériences professionnelles, des connaissances techniques et des réseaux internationaux qui peuvent être mobilisés pour établir des partenariats, transférer des savoir‑faire et ouvrir de nouveaux marchés aux produits et aux investissements mauritaniens. Pour transformer ces potentialités en résultats tangibles, il faut créer un environnement d’investissement sécurisé, simplifier les procédures administratives, renforcer les garanties juridiques, développer des mécanismes d’accompagnement des investisseurs issus des communautés, et mettre en place des dispositifs pratiques facilitant les transferts financiers et les transactions commerciales.

C’est pourquoi les propositions que le président a invité les participants à soumettre sont essentielles: elles constituent une entrée pour élaborer des politiques plus réactives aux besoins et aux aspirations des communautés. Le discours n’a jamais négligé l’aspect culturel, social et politique du rôle des communautés, appelant leurs membres à devenir une force de construction, un vecteur de renaissance et un rempart de l’unité nationale et de la cohésion de ses enfants face aux campagnes de dénigrement et aux appels à la division. Cette invitation dépasse la simple amélioration de l’image du pays à l’étranger; elle affirme que les Mauritaniens, où qu’ils vivent, restent partenaires dans la responsabilité de préserver la cohésion de leur société et de protéger leur patrimoine commun.

Le rappel du président du rôle joué par les Mauritaniens de la diaspora pendant la crise du Covid‑19 n’était pas seulement une évocation de solidarité passée, mais un exemple concret de ce que les communautés peuvent accomplir lorsque la volonté nationale se combine à l’initiative locale. Cette référence a donné au discours une dimension humaine, liant fidélité à la patrie en temps de crise et participation à sa construction durant les phases de développement et de stabilité. En somme, le discours du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a présenté une vision globale et équilibrée de la relation entre la Mauritanie et ses communautés à l’étranger, alliant fierté de l’appartenance nationale, reconnaissance des droits, affirmation des devoirs, valorisation des rôles, mobilisation des compétences, et renforcement de la participation politique, économique et culturelle.

Il reflète également une orientation vers l’intégration des communautés comme acteurs actifs du projet national, et non comme simple public à solliciter lors d’événements ou en cas de besoin. Parmi les messages clés du discours, il rappelle que la reconnaissance des enfants du pays à l’étranger doit s’accompagner d’une écoute de leurs préoccupations, d’une prise en compte de leurs intérêts, d’une facilitation de leurs affaires et de leur participation à l’élaboration des politiques qui les concernent. La véritable reconnaissance ne se limite pas aux mots, elle se traduit par la protection des droits, l’amélioration des services, l’ouverture des portes de la participation et la création de conditions permettant au citoyen à l’étranger de sentir que son pays est présent avec lui, que ses efforts et son expertise sont pris en compte et valorisés.

Le véritable test de cette vision ne résidera pas uniquement dans le contenu du discours, aussi positif soit-il, mais dans la capacité des institutions concernées à le traduire en programmes concrets, dans la régularité du dialogue avec les communautés, l’efficacité des services consulaires, la rapidité de traitement des dossiers en suspens et la mise en place de garanties encourageant l’investissement et la contribution au développement. La confiance mutuelle se renforce lorsque le citoyen constate que ses droits sont protégés, que sa voix est entendue et que ses propositions trouvent une voie d’exécution. Ainsi, le premier forum des communautés mauritaniennes à l’étranger peut être considéré comme le point de départ d’un nouveau processus institutionnel, dont l’importance dépendra de sa continuité et de sa capacité à produire des solutions mesurables et évaluables.

S’il réussit à instaurer des mécanismes permanents de concertation et de suivi, il constituera une réelle plus‑value pour la construction de l’État, transformant la diaspora mauritanienne d’un simple phénomène géographique et social en une force nationale organisée, apportant son expertise et ses moyens au renforcement de la position du pays et à la construction de son avenir. Cette vision prend tout son sens en considérant l’émigration comme une extension de la présence nationale au‑delà des frontières, une opportunité stratégique d’élargir la participation au développement et de tirer parti du capital humain, scientifique et économique que représentent les Mauritaniens à l’étranger, avec leurs expériences, leurs réseaux professionnels et commerciaux accumulés au fil des années dans des environnements internationaux divers. Elle reflète également la conscience présidentielle de l’importance de ces communautés pour la promotion de la Mauritanie, la mise en valeur de son patrimoine civilisé et historique, la préservation de son rayonnement dans la région et à l’international, et le renforcement de leur capacité à servir les intérêts nationaux et à les défendre dans les différents espaces où leurs membres sont présents.

C’est dans cette perspective que le président a souligné que l’organisation du forum traduit une volonté nationale d’élever la relation entre l’État et ses ressortissants à l’étranger à un niveau plus structuré et efficace, fondé sur le dialogue continu, la protection des droits, la facilitation des services, la mobilisation des compétences et l’élargissement des possibilités de participation au développement national. Cette approche dépasse la vision traditionnelle des communautés comme simples bénéficiaires de services consulaires, en leur offrant un rôle plus actif dans l’équation du développement, en tant que partenaires du transfert de connaissances, de l’exploration d’opportunités, de l’expansion des réseaux de coopération et du renforcement de l’image et de la position du pays. Dans ce cadre, le ministère des Affaires étrangères et de la coopération africaine et des Mauritaniens à l’étranger joue un rôle majeur dans l’organisation de ce forum, reflétant l’importance du travail accompli pour traduire les orientations présidentielles en initiatives institutionnelles ouvrant de nouvelles perspectives de communication avec les communautés, permettant d’écouter leurs préoccupations et leurs aspirations, et établissant des mécanismes plus réguliers de suivi de leurs dossiers et de renforcement de leurs liens avec la patrie.

L’importance de cet effort ne réside pas seulement dans la qualité de la préparation et de l’organisation, mais aussi dans la création d’un cadre national global où les représentants des Mauritaniens à l’étranger peuvent échanger leurs visions et leurs expériences, discuter des moyens de développer leur contribution au pays, dans une perspective où la diplomatie devient plus ouverte aux énergies nationales présentes au‑delà des frontières. Ce rôle confirme que la prise en charge des communautés n’est plus uniquement une question consulaire limitée, mais fait partie d’une vision plus large de la politique extérieure, où la protection des droits et des intérêts des citoyens se combine à l’exploitation des liens culturels, sociaux et professionnels pour renforcer la présence mauritanienne à l’international. Les Mauritaniens à l’étranger, forts de leurs expériences, connaissances et réseaux, peuvent contribuer à faire connaître leur pays et son histoire, mettre en avant son patrimoine civilisé, corriger les stéréotypes et ouvrir de nouvelles voies de coopération et d’investissement, renforçant ainsi les intérêts nationaux et donnant au rayonnement historique de la Mauritanie des extensions contemporaines adaptées aux mutations du monde et à ses défis.

Le forum constitue également une occasion de réaffirmer que la sauvegarde des intérêts nationaux ne repose pas uniquement sur les institutions diplomatiques, mais bénéficie également de la contribution des Mauritaniens de la diaspora, capables de créer des ponts avec les sociétés d’accueil, leurs institutions, leurs activités économiques et culturelles. Ainsi, renforcer cette contribution implique de poursuivre le dialogue avec les communautés, d’améliorer les services consulaires, de valoriser leurs compétences, de les intégrer aux initiatives nationales, et de mettre en place des canaux permanents de communication, afin que leur lien avec la patrie devienne une force active dans le développement, le rayonnement et la défense des intérêts communs. En définitive, la valeur stratégique du Forum des communautés mauritaniennes à l’étranger réside dans la transformation qu’il engendre dans la philosophie de la relation entre l’État et ses ressortissants expatriés, et dans la possibilité qu’il offre de passer d’une attention ponctuelle à une action institutionnelle durable.

Si les directives du président ont donné à ce processus un élan politique et une vision nationale, l’effort organisationnel et institutionnel du ministère des Affaires étrangères constitue le socle essentiel pour convertir cette vision en programmes et pratiques concrètes, assurant la continuité du dialogue, l’efficacité de la coordination et la bonne utilisation des énergies et des expertises. Ainsi, le forum devient plus qu’une simple rencontre de représentants des communautés: il incarne la volonté d’une nation qui considère les Mauritaniens, où qu’ils se trouvent, comme une partie intégrante du présent et de l’avenir du pays, convaincue que l’appartenance nationale ne connaît pas de frontières, et que la préservation du rayonnement historique de la Mauritanie et la défense de ses intérêts sont une responsabilité partagée entre les efforts de l’État et les initiatives de ses enfants, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

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