Gourmo Abdoul Lô met en garde contre les effets sociaux du resserrement monétaire en Mauritanie
L’universitaire et écrivain Gourmo Abdoul Lô a mis en garde contre les risques liés au resserrement de la politique monétaire adopté par la Banque centrale de Mauritanie, estimant que cette orientatio...

D'après les sources officielles, ces mesures visent à contenir l’inflation, passée, selon les chiffres officiels, de 4,1 % en décembre 2025 à 9,3 % en septembre 2026. Gourmo Abdoul Lô souligne que ces décisions interviennent dans un contexte économique et social difficile, marqué par la sécheresse, la raréfaction des pâturages et les difficultés rencontrées par les éleveurs de l’Est pour accéder à leurs zones traditionnelles de transhumance, en raison de l’insécurité au Mali. Il évoque également les pressions auxquelles sont confrontés les agriculteurs de la vallée, entre hausse des coûts de production et conflits fonciers.
Selon lui, le renchérissement du crédit et la réduction des liquidités risquent de pénaliser particulièrement les petites entreprises, les commerçants, les producteurs et les ménages modestes, tandis que les grands opérateurs de l’importation et de la finance seraient relativement moins exposés. Il avertit également que la hausse des coûts de financement pourrait être répercutée sur les prix à la consommation, au détriment du pouvoir d’achat et de l’emploi. L’universitaire estime que l’inflation en Mauritanie résulte notamment de la forte dépendance aux importations et du recul de la production nationale.
Des facteurs que le relèvement des taux d’intérêt ne saurait, à lui seul, corriger, puisqu’il n’agit ni sur les cours mondiaux ni sur les conséquences de la sécheresse. Il appelle ainsi le gouvernement à mettre en œuvre une politique économique davantage orientée vers la production nationale, à travers un plan d’urgence en faveur de l’élevage et de l’agriculture familiale, la sécurisation des éleveurs dans les régions de l’Est et la protection des terres agricoles de la vallée contre les pratiques d’accaparement. Il préconise également la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles dans les circuits d’importation, des aides ciblées aux familles vulnérables, l’ouverture d’un dialogue avec les jeunes et les partenaires sociaux, ainsi que la réduction des dépenses publiques improductives et le renforcement de la lutte contre la corruption et les détournements de fonds publics.
Gourmo Abdoul Lô plaide enfin pour davantage de transparence sur les prix, le coût réel du crédit et les financements accordés aux petites entreprises et aux petits producteurs. Il estime que la défense du pouvoir d’achat passe avant tout par le développement de la production, la création d’emplois et une répartition plus équitable des ressources nationales. À défaut d’une réponse économique globale, conclut-il, le resserrement monétaire risque d’accentuer la précarité plutôt que d’apporter une réponse durable à la vie chère.
Tawassoul