La couverture des activités officielles en Mauritanie est‑elle désormais réservée aux médias publics ?
L’exclusion de la presse indépendante de la couverture des activités officielles soulève des questions sérieuses concernant le pluralisme médiatique et l’égalité des chances d’accès à l’information. Il n’est plus possible d’ignorer le phénomène de limitation des invitations destinées à couvrir les activités…

Il ressort que il n’est plus possible d’ignorer le phénomène selon lequel les invitations à couvrir les activités officielles se limitent aux médias publics, représentés par la chaîne Mauritanienne, l’Agence mauritanienne de presse et la Radio Mauritanie, au détriment de plusieurs médias indépendants, notamment la presse en ligne qui constitue désormais un élément essentiel du paysage médiatique national. La persistance de cette approche pose des interrogations légitimes sur les critères utilisés pour sélectionner les organes de presse invités à suivre les activités officielles, et sur la conformité de ces critères aux principes du pluralisme médiatique, de la liberté du travail journalistique et de l’égalité des chances entre les différents acteurs du secteur. Il n’est pas acceptable que la couverture des activités officielles devienne un privilège réservé aux médias publics, tandis que des organes de presse indépendants, dotés d’expertise professionnelle, de moyens techniques et de ressources humaines nécessaires pour suivre les divers événements nationaux, soient exclus.
Il ne fait aucun doute de l’importance du rôle joué par les médias publics dans la transmission des activités officielles et l’information aux citoyens, mais ce rôle doit se compléter avec les efforts de la presse indépendante, et non se faire au détriment de sa présence ou de sa participation à la couverture des affaires publiques. Les activités officielles relèvent de l’intérêt général, elles ne sont pas la propriété d’un média en particulier, et il appartient à chaque organisme de presse professionnel de les suivre et d’en rendre compte au public, chacun selon sa ligne éditoriale et son style professionnel. De plus, la presse en ligne n’est plus une simple marge du paysage médiatique; elle est devenue un acteur clé dans la production de l’information et l’élargissement de l’accès au public, regroupant des structures qui ont investi dans la formation, l’équipement et le recrutement de compétences journalistiques, et qui ont prouvé leur présence dans le suivi des enjeux nationaux et la transmission des faits avec professionnalisme.
L’exclusion de ces organes ne les affecte pas seulement, elle prive le public de la diversité des sources et des points de vue, et limite la concurrence professionnelle, condition indispensable au développement du secteur et au renforcement de sa crédibilité. Partant de là, il apparaît nécessaire d’adopter une politique médiatique plus ouverte et équitable, fondée sur la transparence et l’égalité des chances, garantissant l’inclusion de toutes les institutions médiatiques professionnelles, publiques et privées, selon des critères clairs et objectifs pour l’organisation des couvertures journalistiques. Le pluralisme médiatique ne se réalise pas par des slogans, mais par la pratique et le respect du droit des organes de presse d’accéder à l’information et de suivre les activités d’intérêt public.
Est‑il raisonnable que les portes des activités officielles restent ouvertes uniquement aux médias publics, tandis que la presse indépendante demeure exclue des invitations? La révision de cette pratique est désormais indispensable pour renforcer l’équilibre du paysage médiatique, protéger la place de la presse indépendante et affirmer le principe selon lequel les médias, sous toutes leurs formes, sont partenaires dans le service à la société et l’information des citoyens sur les affaires publiques.