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41ème CIHFE à Rabat : L’Afrique du Nord face à l’urgence de la résilience

Le Bureau pour l’Afrique du Nord de la Commission Économique pour l’Afrique (CEA) a ouvert ce matin à Rabat sa 41ème réunion du Comité Intergouvernemental de Hauts Fonctionnaires et d’Experts (CIHFE),...

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D'après les sources officielles, le Bureau pour l’Afrique du Nord de la Commission Économique pour l’Afrique (CEA) a ouvert ce matin à Rabat sa 41ème réunion du Comité Intergouvernemental de Hauts Fonctionnaires et d’Experts (CIHFE), sous le thème: « Renforcer les mécanismes de résilience économique pour faire face aux répercussions des chocs mondiaux simultanés en Afrique du Nord ». Une session qui se tient du 3 au 5 novembre en format hybride, avec trois allocutions d’ouverture qui ont donné le ton: résilience durable, souveraineté financière et intégration régionale. Les travaux ont été présidés par un bureau dirigé par l’Algérie, l’Egypte comme Vice-Président et la Mauritanie comme Rapporteur.

Tunisie: l’appel à la souveraineté financière Prenant la parole, M. Tarek Bouhlel, Directeur Général de la Coopération Africaine au Ministère de l’Economie et de la Planification de la Tunisie, a souhaité plein succès au nouveau Directeur du Bureau, Dr Nassim Oulmane, tout en saluant le travail de son prédécesseur M. Adam Elhiraika.

Il a rappelé que malgré une croissance du PIB réel de 4,2% à 4,6% en 2025 en Afrique du Nord, la région reste vulnérable aux tensions géopolitiques, à l’incertitude liée au conflit au Moyen-Orient, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et au coût croissant de la dette. « Comment renforcer les mécanismes de résilience économique devient une urgence plutôt qu’un choix », a-t-il insisté. Il a proposé trois pistes: Souveraineté financière: compter sur soi, via le partage des risques, le passage de projets isolés à de vraies plateformes d’investissement, et la mobilisation du capital domestique et des transferts de la diaspora, encore sous-valorisés.

La Tunisie a bénéficié de l’appui de la CEA sur sa stratégie de finance verte et sur la rentabilisation des transferts de la diaspora. Action collective africaine: alliance structurée entre institutions financières africaines et mise en œuvre effective de la ZLECAf par la connectivité des infrastructures. Porter la voix de l’Afrique: dans les instances G7, G20, COP31 et ONU, pour la réforme de l’Architecture Financière Internationale, l’adaptation climatique et la sécurité alimentaire et énergétique.

Il a enfin souhaité plein succès à l’Algérie qui présidera le Bureau du CIHFE pour le mandat 2026-2027. UMA: la coopération régionale comme bouclier M. Tarek Ben Salem, Secrétaire Général de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), a souligné que la session se tient dans un contexte marqué par les fluctuations des prix de l’énergie et des denrées, les perturbations logistiques et les pressions inflationnistes.

Pour l’UMA, la réponse ne peut être uniquement nationale: « Faire face à ces défis nécessite le renforcement de la coopération régionale, l’intensification des échanges commerciaux, le développement des chaînes de valeur régionales, la transformation numérique et les énergies renouvelables. » Il a proposé de poursuivre les consultations avec la CEA pour transformer les priorités communes en initiatives réalisables, via l’échange d’experts, des ateliers thématiques et l’utilisation des études du Bureau sur la résilience et l’intégration. Dr Nassim Oulmane: de la résilience-concept à la résilience-réalité Dans son discours d’orientation, le Dr Nassim Oulmane, Directeur du Bureau de la CEA pour l’Afrique du Nord, a remercié les partenariats avec les ministères, banques centrales, administrations fiscales, bureaux des Coordonnateurs résidents de l’ONU, le monde académique et le secteur privé.

Il a dévoilé le programme de travail 2027 du Bureau, articulé autour d’une idée simple: faire de la résilience une réalité dans les politiques publiques. Quatre chantiers concrets: Résilience budgétaire et dette: suivi des instruments obligataires durables en Égypte, engagement avec les investisseurs après le Forum sur la finance souveraine, appui à la feuille de route tunisienne sur la finance verte, et extension du soutien à l’administration fiscale à d’autres pays. Diasporas et transferts: approfondir les cadres développés en Égypte et Tunisie et partager les enseignements à l’échelle sous-régionale.

Économies productives et ZLECAf: finaliser les diagnostics sur le financement des PME et l’informalité en Algérie avec phase pilote en 2027, tester la transition durable des PME agroalimentaires en Algérie, Tunisie et Sénégal, et préparer le Protocole sur le commerce numérique de la ZLECAf. Boîte à outils pour une croissance résiliente: finaliser et tester un cadre de résilience avec les États membres, le traduire en projets nationaux, et poursuivre le dialogue sur la proposition de réduction de dette liée au climat en amont des débats sur la dette et la réforme financière internationale. « L’Afrique du Nord a montré qu’elle était capable de se redresser et de réformer dans des périodes difficiles.

Le défi est désormais de rendre cette résilience durable: passer de la réaction aux chocs à leur anticipation, de réponses uniquement nationales à des solutions régionales, et de la stabilisation à court terme à une transformation de long terme », a conclu le Dr Oulmane. Suite des travaux Le CIHFE, organe délibérant statutaire, examinera les réalisations 2025-2026 et définira les orientations 2027. Plusieurs présentations ont émaillé cette première journée avec notamment une présentation sur l’évolution des proils socio-économiques en Afrique du Nord et la présentation d’un rapport sur les programmes sociaux dans la région.

Le directeur du bureau sous régional de la CEA a à son tour ait une présentation sur la coopération technique dans laquelle il a abordé, entre autres, les questions du financement du développement, les outils pour la mobilisation des ressources domestiques, le commerce numérique, le financement des PME, ainsi que les enjeux pour 2027 avec la mise en œuvre des programme. Plusieurs points seront ciblés avec notamment le passage vers une approche centrée sur les transferts de fonds, la transformation des outils en instruments plus efficaces, implémenter le lien migration/Développement, alimenter l’apprentissage Sud-Sud, moderniser l’administration fiscale… Toutes ces questions doivent être prises en compte par le budget programme de la CEA; Demain se tiendra une réunion d’experts sur « Préparation aux transformations futures: Conception de politiques pour des sociétés, économies et écosystèmes résilients ». Les recommandations seront soumises à la 59ème session de la CEA et à la COM2027 prévue à Addis-Abeba du 17 au 23 mars 2027 sur le thème « Façonner l’avenir du travail en Afrique: l’emploi des jeunes ».

A noter que le Bureau de la CEA, basé au Maroc depuis 1963, soutient sept pays: Algérie, Égypte, Libye, Maroc, Mauritanie, Soudan et Tunisie. Bakari Gueye/Rabat

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