Société·

«Nos diasporas… l’or qui ne nécessite pas d’extraction» / Dr Mohamed Al‑Amin Ashrif Ahmed

Ce n’est pas seulement la richesse de la Mauritanie que recèle son sol en minerais et ressources, mais aussi ce que possèdent ses enfants dispersés à travers le monde en compétences, expériences, économies et relations internationales. Le moment est-il venu de transformer ce capital humain en une force …

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EssadaTraduit de l'arabe
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D'après les sources officielles, des réformes importantes ont été réalisées ces dernières années, notamment l’adoption de la double nationalité selon des cadres juridiques, l’élection directe des représentants des communautés au Parlement, la modernisation et la numérisation des services consulaires via l’application « Houti », ainsi que le renforcement du rôle des communautés au sein des compétences du secteur chargé des affaires extérieures. Ce sont des mesures qui méritent d’être saluées et qui reflètent une volonté politique claire de renforcer les droits des expatriés et de consolider leur attachement à leur pays. Cependant, le point central du discours du président est son appel à associer les communautés à l’élaboration des politiques publiques, à développer des mécanismes garantissant leurs investissements, à faciliter leurs transferts financiers et leurs transactions commerciales.

C’est là que réside l’opportunité de passer de la reconnaissance de l’importance des communautés à l’exploitation de leurs potentialités. J’avais déjà abordé cette question dans un article intitulé « Nos communautés à l’étranger… la richesse perdue », appelant à une stratégie nationale faisant des expatriés un levier de développement économique et diplomatique. Aujourd’hui, la volonté politique étant présente, la concrétisation de cette vision nécessite un programme pratique reposant sur des priorités intégrées: 1.

**Organisation des communautés et mobilisation de leurs compétences**: créer des structures représentatives crédibles, établir une base de données nationale des expertises mauritaniennes à l’étranger, investir dans l’éducation de leurs enfants et renforcer le lien des nouvelles générations avec la patrie. 2. **Stimulation de l’investissement et de l’épargne**: offrir des facilités immobilières transparentes, des garanties juridiques et des incitations pour les projets productifs, réduire les coûts des transferts financiers, développer des outils d’épargne et d’investissement attirant les économies des expatriés et les orientant vers l’économie nationale.

3. **Exploitation de la force diplomatique et économique des communautés**: tirer parti de leurs compétences et de leurs réseaux internationaux pour attirer les investisseurs, promouvoir le tourisme, et impliquer les personnalités qualifiées parmi elles dans le soutien aux missions consulaires et diplomatiques, y compris les fonctions de consul honoraire dans le cadre légal. 4.

**Renforcement de la protection et de la solidarité**: mettre en place un mécanisme efficace de réception et de traitement des plaintes des expatriés, faire de la qualité des services qui leur sont offerts un critère essentiel d’évaluation des performances de nos missions diplomatiques et consulaires. Pour assurer la coordination et la mise en œuvre, il est essentiel de créer une agence nationale des Mauritaniens de l’étranger, chargée de mobiliser ces énergies, de suivre leurs investissements et de piloter l’exécution de la stratégie nationale, selon des objectifs définis et des indicateurs de performance mesurables. Transformer les communautés en partenaire de développement n’est pas seulement un choix social, mais un investissement stratégique dans le capital humain, le capital financier et les relations économiques internationales, surtout dans un monde où les États se disputent les talents et les capitaux.

Ainsi, le succès du Forum des communautés ne se mesurera pas au nombre de participants ou de recommandations, mais à ce qui sera réalisé en termes d’investissements, d’opportunités d’emploi, de mobilisation de compétences et de résolution de problèmes. Le président a posé les bases politiques de cette transformation; il incombe désormais au gouvernement de convertir cette vision en résultats concrets, dans le cadre d’un programme aux échéances précises, aux responsabilités clairement définies, évaluable et imputable. Les communautés ne sont pas une richesse perdue par nature, mais une richesse qui attend des politiques capables de l’exploiter.

Si la Mauritanie parvient à transformer le désir de ses enfants pour leur patrie en investissement, leurs expériences en production et leurs relations internationales en opportunités, elle ne récupérera pas seulement une richesse, mais construira un avenir où la puissance du pays dépasse ses frontières géographiques.

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