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Les flammes de Hatim ne se sont pas éteintes : quand le courage de l’âme rencontre les hommes les plus nobles / par le Prof. Dr Karim Ferhan

Prof. Karim Faraman, écrivain irakien académique et professeur de droit et de systèmes politiques à l’Université des Deux Frères, Afarân, Maroc. Anciennement deux grains de sable « Haïl » imprégnés du parfum de l’histoire, où les vestiges de la maison de Hatim al‑Taï se dressent majestueusement comme témoin vivant de l’époque du…

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EssadaTraduit de l'arabe
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Il ressort que prof. Dr. Karim Faraman, écrivain irakien, académicien et professeur de droit et de systèmes politiques à l’Université des Deux Frères, Maroc.

Anciennement à la station de sable « Haïl », empreinte d’une histoire parfumée, où les vestiges de la maison de Hatim al‑Taï se dressent fièrement comme témoin vivant d’une époque d’hommes illustres, le visiteur ressent que le lieu n’est pas simplement constitué de pierres muettes, mais qu’il constitue un espace empli des effluves de générosité qui trônait sur le trône des cœurs. Se tenir dans l’enceinte de cette demeure suscite en soi le respect de ce grand pilier de la tribu arabe authentique des Tay, et ouvre les fenêtres de l’âme sur des significations que nous avions presque oubliées à l’ère de la pénurie et du matérialisme. C’est ce qui a poussé poètes et créateurs, à travers les âges, à le louer et à l’éloger, jusqu’à ce que son nom devienne synonyme de gloire et de don.

Ce n’est pas le hasard qui a fait que le Créateur Tout‑Puissant a placé la richesse avant les enfants dans le Coran, dans chaque verset: la richesse est le nerf de la vie, et le désir de la posséder est une instinct profondément ancré dans l’être humain. De là découle le lien étroit et profond entre générosité et courage; chaque homme ou femme généreux est en réalité un courageux intrépide, car le don d’argent exige l’audace d’affronter la pauvreté et la volonté de briser la soif d’avarice pour tendre la main à l’autre. Le généreux combat en lui la peur du lendemain, une bravoure qui dépasse parfois le courage du combat à l’épée sur les champs de bataille.

Cette bravoure spirituelle se manifeste lors de cette nuit sombre et glaciale, quand le froid mordant enveloppe la steppe, et que le souffle de Hatim ne refuse pas d’allumer l’espoir. Il ordonne à ses serviteurs d’allumer le feu dans les horizons, non seulement pour réchauffer la maison, mais pour en faire un phare perdu, un éclat étrange, libérant ainsi sa grande promesse et les incitant à la liberté, tout en gravant de sa langue ces vers immortels qui percent les cœurs d’émotion et de noblesse: « Allume, car la nuit est une nuit sombre… et le vent, ô allumeur, souffle fort… Que celui qui passe voie ton feu… Si tu accueilles un invité, tu es libre. » Dans l’écho de ces flammes, et confirmant cette philosophie qui voit dans le don le sommet de la gloire, nous retrouvons les sens de la générosité dans des vers qui imitent son esprit et en suivent les traces: « Laisse l’avarice à l’âme misérable, car… Meurt le lâche du peuple, la richesse demeure, et dans l’obscurité de la nuit allume une lanterne… pour le voyageur que le froid a guidé, endormi.

Combien de guerriers, dans la guerre, voient leurs épées fléchir… et la répétition de la générosité pour les vertus témoigne: quand les hommes partent un jour avec leurs biens… ta richesse n’est qu’un souvenir dans les assemblées, qui s’élèvera. » À la mémoire de cet acte, ses contemporains et ceux qui l’ont suivi n’ont cessé d’immortaliser son souvenir; le poète préislamique ‘Ubayd ibn al‑Abras se glorifie de la présence de Hatim dans la tribu des Tay, le décrivant comme le phare des voyageurs: « Et parmi nous, celui qui a ravivé les lampes à nu… pour qu’elles soient vues par une caravane de la nuit égarée… Abou ‘Adi a atteint la gloire… et les hommes les plus grands n’en ont pas diminué. » Lorsque la poétesse Al‑Khawansah (Tamadir bint ‘Amr) pleure affectivement son absence et invoque sa générosité et sa noblesse dans l’éloge de Khalid: « L’imagination a visité ton imaginaire, un serment… après la visite, Hatim repose dans sa tombe, gardien des vertus, généreux envers son voisin… si les étoiles trahissent les équinoxes, il a tendu la main à ce qui reste de la vie… aux reconnaissants, il n’a jamais été avare.

» Ce générosité n’était pas un simple spectacle passager, mais une conviction existentielle, une philosophie de vie que Hatim al‑Taï a vécue, au point de s’opposer, même aux plus proches d’elle. Les chroniques racontent son histoire avec son épouse Mawiya bint ‘Afif al‑Ghassania, lorsqu’elle, exaspérée par son gaspillage d’argent à chaque demande, menaçait de le laisser sans rien. Elle le réprimanda, le blâma et craignit pour l’avenir des enfants.

Le chevalier, d’un cœur serein et sage, lui répondit la phrase qui fit mouche: « Mawiya, l’argent s’en va et s’échappe, il ne reste de la richesse que le souvenir. » Hatim comprit alors que la boue s’efface, que l’or se consume, que la vie, même longue, se termine comme un linceul blanc, et qu’il ne subsiste dans le vide de l’existence que le bon souvenir et l’héritage vertueux que les jours ne ternissent pas. Sa sagesse ne se limita pas à ses échanges avec son épouse; il transmit cet héritage moral à son fils ‘Adi ibn Hatim.

Dès son enfance, Hatim conseillait à son fils de ne jamais refuser un demandeur, lui enseignant que la dignité d’un homme dans son peuple ne s’obtient pas en accumulant la richesse, mais en la dépensant, en soutenant le faible et en libérant les opprimés. Il lui disait que l’honneur de la tribu et sa mission sont une confiance placée sur les épaules des nobles. ‘Adi suivit les pas de son père, cultivant sa générosité, jusqu’à devenir, après sa conversion à l’islam, un compagnon éminent et un leader exemplaire en noblesse et en largesse, portant le drapeau de la tribu des Tay dans la fidélité et la chevalerie.

Une anecdote raconte qu’un de ses frères demanda un jour à leur mère pourquoi il n’était pas comme Hatim? Elle répondit: « Mon fils, Hatim ne tétait d’un sein que lorsqu’il voyait un enfant téter de l’autre! » Parce que la noblesse ne se perd ni devant Dieu ni devant les hommes nobles, la bénédiction de cette générosité taïe a traversé les âges jusqu’à l’ère islamique.

Ainsi, lorsque la fille de Hatim al‑Taï, Safana, fut capturée et amenée à Médine, elle se présenta devant le Prophète Muhammad (paix et bénédiction sur lui) et, évoquant la noblesse et la générosité de son père, déclara: « Ô Muhammad, si tu me renies et que les Arabes ne me méprisent pas, mon père protégeait les démunis, libérait les opprimés, nourrissait les affamés, offrait la nourriture, répandait la paix et n’a jamais refusé d’aider quiconque. Je suis la fille de Hatim al‑Taï. » L’immense grandeur de la prophétie et de la haute moralité se manifesta alors; le Prophète (paix et bénédiction sur lui) lui répondit: « Ô servante, c’est vraiment la caractéristique des croyants; si ton père était musulman, nous le plaiderions pour lui.

» Puis il s’adressa à ses compagnons, les honorant pour l’héritage de son père: « Laissez‑la, car son père aimait les vertus morales, et Dieu aime les vertus morales. » Ainsi le Messager honora la fille du plus noble des Arabes, et l’histoire de Safana demeure la preuve que les actes de bien protègent contre la honte même après le départ de leurs auteurs. Même lorsque les siècles s’étendirent et que les âges s’allongèrent, Hatim resta le critère et la mesure littéraire et humaine de tout don; le poète al‑Buhatari, à l’époque abbasside, le compare à un nuage abondant, déclarant: « Tu vois le nuage qui, lorsqu’il s’étend, brille… il raconte ce qu’il porte, la rosée du Taï, Hatim de la gloire qui s’est envolée… » Parmi les hommes, il n’y a pas d’équivalent, tandis que le poète al‑Mutanabbi invoque sa majesté pour établir la plus grande comparaison de louange, affirmant que Hatim est le refuge et le but ultime: « Si le double‑corne était parmi ses hommes… ou Hatim, alors l’amour du lâche s’éloigne, la piété l’accompagne… et la persistance de l’âme demeure grande.

» Ould Hatim ben Abdullah ben Sa‘d al‑Tha‘li al‑Taï, né dans les contrées de Najd, grandit au sein de la tribu des Tay, et mourut en l’an 605 de l’ère chrétienne (avant l’Hégire de plusieurs années), laissant derrière lui une biographie que la mort n’a pu effacer ni la terre recouvrir. La conclusion de Hatim al‑Taï n’était pas simplement la fin d’un corps, mais le commencement d’une immortalité spirituelle qui a fait de son nom synonyme de lutte humanitaire contre l’égoïsme. Hatim al‑Taï est mort, mais son feu brûle encore dans la conscience de l’identité arabe, nous rappelant que le vrai courage consiste à ouvrir la main au don quand les circonstances ferment les portes, et que la valeur d’un être ne se mesure pas à ce qu’il accumule dans ses coffres, mais à ce qu’il laisse dans les cœurs des passants: chaleur et espoir.

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