Politique·

Construisons-nous des hommes d'État ou un État d'hommes?

Une approche initiale : il existe des questions qui semblent simples à première vue, mais qui cachent derrière elles de grandes problématiques liées au destin des nations et à l’avenir des États. Parmi ces questions les plus pressantes : Sommes‑nous en train de former des hommes de l’État, ou de construire un État d’hommes ? La question se pose…

AI
Alakhbar.infoTraduit de l'arabe
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Il ressort que la différence est que l’homme d’État travaille au sein de l’institution et la renforce, tandis que l’homme de pouvoir travaille à se renforcer au sein de l’institution. Le premier, s’il part, laisse l’institution. Le second, s’il part, emporte une grande partie de sa force.

Le premier forme ses successeurs parmi les compétents. Le second craint les compétents car ils pourraient le concurrencer. Le premier veut que l’État réussisse même s’il n’est pas mentionné.

Le second veut être mentionné même si l’État échoue. Le plus dangereux que nous puissions faire est de transformer l’État en un réseau de loyautés; l’État moderne ne se construit pas sur des loyautés personnelles, mais sur la citoyenneté, il n’est pas dirigé par des affinités, mais par la loi, et ses opportunités ne sont pas distribuées en fonction de la proximité, mais sur la base de la compétence et du mérite. Et lorsque les critères de couleur, de race, de région, de parenté ou d’amitié priment sur le critère de compétence, nous ne construisons pas un État moderne, peu importe le nombre de slogans que nous brandissons autour de la réforme et de la modernisation.

L’État que nous voulons: la vraie question n’est donc pas: qui gouvernera? Qui viendra après lui? Qui obtiendra ce poste ou celui‑là?

La question la plus importante est: quel type d’État voulons‑nous construire? Un État qui change avec les personnes qui le dirigent? Ou un État qui persiste indépendamment des changements de personnel?

Souhaitons‑nous un État où l’avenir d’un citoyen dépend de ses relations? Ou un État où son avenir dépend de sa compétence et de son assiduité? Voulons‑nous des institutions qui attendent les directives des individus?

Ou des individus qui agissent en fonction de la force des institutions et de la loi? Mais le vrai danger est de construire l’État d’une façon qui lie son destin aux individus. Les individus partent, les institutions restent.

L’influence s’épuise, mais la loi doit perdurer. La loyauté personnelle change, tandis que la citoyenneté doit rester stable. C’est pourquoi la véritable bataille n’est pas celle des personnes, mais celle des concepts, de la culture et des institutions.

Si nous parvenons à former des hommes d’État, nous disposerons de ceux qui protègent, développent et renforcent les institutions. Si, au contraire, nous nous contentons de bâtir un État d’hommes, nous resterons dans le même cycle: les hommes changent, les loyautés changent, les visages changent, le contrôle et le suivi des projets s’affaiblissent, alors que l’État paie le prix de l’absence d’institutions. En bref, un État fort n’est pas celui où l’homme est puissant, mais celui où l’institution est plus forte que l’homme, où la loi est plus forte que l’institution, et où la citoyenneté est plus forte que les affiliations étroites.

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