Lecture politique et de développement dans le discours de Son Excellence le Premier ministre Monsieur Moctar Ould Diay devant le parlement (7 novembre 2026)
Par M. Mohamed Sid Ahmed, membre du conseil national du parti El Insaf. Administrateur de la fonction financière, expert‑comptable agréé, membre de la Haute instance nationale des experts‑comptables. Le discours de Son Excellence le Premier ministre, M. Moctar Ould Diay, n’était pas devant le…

Selon les dernières informations, le Premier ministre a rappelé l’affirmation du Président selon laquelle les États ne se reconstruisent pas à chaque phase, et que chaque gouvernement doit reprendre là où le précédent s’est arrêté, ajouter aux réalisations, corriger les déséquilibres et ouvrir de nouvelles perspectives pour ce qui reste à accomplir. Cette orientation constitue l’une des conditions essentielles à la construction d’un État moderne; la vraie réforme ne repose pas sur une rupture permanente avec les expériences antérieures, mais sur une évaluation objective, la conservation des bonnes pratiques, la correction des lacunes et la garantie de la continuité des politiques publiques. **Deuxièmement: valorisation de la vision dirigeante du Président de la République** Dans l’analyse du bilan gouvernemental et l’évaluation des nouvelles orientations, le rôle central du Président de la République, M.
Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a été mis en avant comme le porteur de la vision politique et de développement sur laquelle reposent les programmes gouvernementaux. Le discours a précisé que les différentes réalisations des dernières années s’inscrivent dans le cadre du programme « Mes engagements », référence de la première phase, et du programme « Mon ambition pour la patrie », qui cadre la phase actuelle. Cette vision s’est traduite par plusieurs choix stratégiques: renforcement de l’État de droit et des institutions, extension de l’accès aux services de base, consolidation de l’école républicaine, amélioration de la protection sociale, développement des infrastructures, renforcement de l’unité nationale et du tissu social.
Les directives du Président concernant le lancement de la deuxième phase des programmes urgents, l’intensification des investissements dans les wilayas intérieures et la préparation d’une vision nationale à long terme à l’horizon 2060 témoignent d’une transition d’une réponse aux besoins immédiats vers la construction d’un modèle de développement plus inclusif et durable. Le discours a également souligné l’importance du dialogue national inclusif comme opportunité d’élargir le consensus autour des grandes questions nationales, de renforcer la participation politique et d’ancrer une culture de désaccord responsable, garantissant ainsi l’unité et la stabilité du pays. Cette valorisation de la vision ne peut se dissocier de la reconnaissance du rôle des institutions, du gouvernement, de l’administration, des élus et de tous les acteurs qui transforment les orientations stratégiques en programmes, projets et résultats concrets.
**Troisièmement: un bilan gouvernemental digne de reconnaissance** Le Premier ministre a présenté un ensemble d’indicateurs et de réalisations reflétant l’ampleur des efforts fournis entre 2019 et 2026, un bilan qui mérite d’être souligné au vu de la diversité des secteurs concernés. 1. **Économie et finances**: le discours a indiqué que la croissance économique moyenne a dépassé 4 % sur la période 2019‑2026, avec la perspective de maintenir des taux supérieurs à ce niveau entre 2027 et 2029.
Il a également signalé la réduction de la dette publique extérieure à moins de 40 % du PIB en 2026, un indicateur clé pour renforcer la résilience économique et la stabilité financière. 2. **Protection sociale**: plus de 350 000 familles ont bénéficié de transferts monétaires, la couverture de l’assurance maladie a dépassé 1,4 million d’assurés en 2026 contre 496 000 en 2019, et le nombre de bénéficiaires du Fonds national de solidarité sanitaire a atteint plus de 279 000 personnes, avec l’assurance de plus de 45 000 étudiants universitaires.
3. **Éducation et santé**: construction d’environ 7 600 salles de classe depuis 2019, doublement de la capacité d’accueil de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle. En santé, deux hôpitaux régionaux ont été édifiés et équipés, le centre hospitalier national a été agrandi et rénové, tandis que les travaux se poursuivent dans cinq hôpitaux régionaux, 65 centres de santé et 114 points de santé.
4. **Eau, électricité, routes et infrastructures**: le secteur de l’eau a connu une expansion notable de la production et de la distribution, avec le lancement de projets structurants tels que le projet d’alimentation en eau de la ligne Kori‑Kiffa, le projet d’irrigation de 165 lotissements et le forage de 1 340 puits depuis 2019. En électricité, 55 groupes électrogènes ont été acquis, trois nouvelles centrales de production sont en cours de construction et plus de 400 villages sont en cours d’électrification.
Au niveau routier, 784 km de nouvelles routes ont été réalisés, 997 km ont été réhabilités et les travaux se poursuivent sur 1 431 km. Trois ponts à Nouakchott (ponts de la coopération, de l’amitié et du quartier résidentiel) sont achevés, avec la préparation de cinq nouveaux ponts. 5.
**Réforme administrative et juridique**: adoption de 156 projets de loi soumis à l’Assemblée nationale et de 383 décrets réglementaires. Les réformes ont porté sur le code des investissements, le partenariat public‑privé, les marchés publics, les marchés financiers, la lutte contre la corruption, la déclaration du patrimoine et des intérêts. Le numérique administratif a progressé, avec des concours transparents ayant permis l’embauche de 3 000 nouveaux agents.
**Quatrièmement: la dimension sociale** Le discours a placé le citoyen au cœur des priorités, passant d’une simple mise en avant des réalisations à la reconnaissance des défis persistants, notamment en matière de pouvoir d’achat et d’accès aux services de base. Le Premier ministre a admis que, malgré les succès, le niveau des réalisations reste en deçà des attentes du Président de la République et des citoyens tant qu’il existe des personnes qui peinent à obtenir un traitement, des enfants privés d’école, des familles sans eau ni électricité ou des jeunes en quête d’emploi. Cette prise de position reflète une compréhension saine du concept de développement, qui ne se mesure pas uniquement à la taille des projets ou aux taux de croissance, mais à son impact sur la vie quotidienne, la dignité et le niveau de vie des populations.
Parmi les nouvelles mesures annoncées: compensation de l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat des fonctionnaires, retraités civils et militaires via des augmentations salariales, des pensions ou un soutien financier temporaire; négociations urgentes pour revaloriser les salaires des travailleurs couverts par la convention collective; prise en charge partielle et temporaire des factures d’eau et d’électricité des ménages à faibles revenus; élargissement du soutien aux personnes handicapées et aux malades chroniques; révision du mécanisme de tarification des carburants, ajout de la viande à la liste des produits plafonnés; fixation des prix des fourrages et renforcement des programmes destinés aux éleveurs et aux zones touchées par la sécheresse. Ces engagements témoignent d’une prise de conscience de la nécessité d’équilibrer stabilité économique et protection des groupes sociaux les plus vulnérables. **Cinquièmement: développement des wilayas intérieures** Le programme nouveau accorde une attention particulière au développement des wilayas intérieures, afin de ne pas concentrer la croissance uniquement dans les grands centres urbains.
Le Premier ministre a annoncé la mise en place d’un programme économique intégré pour dynamiser les secteurs prioritaires de chaque wilaya, notamment l’agriculture, l’élevage et les services urbains, avec encouragement de l’investissement local et incitations fiscales et financières. Un fonds spécial sera créé pour financer le développement intérieur, et les financements destinés aux initiatives jeunes génératrices d’emplois et de revenus seront doublés. Cette orientation relie l’investissement public à la dynamisation de l’économie locale, vise à réduire les disparités géographiques, à retenir la population dans ses régions et à offrir aux jeunes des perspectives réelles, loin de la migration interne vers la capitale.
**Sixièmement: Vision Mauritanie 2060** Le passage à une planification stratégique à très long terme figure parmi les axes les plus ambitieux du discours: lancement d’un processus d’élaboration d’une vision nationale stratégique pour la Mauritanie à l’horizon 2060, soit cent ans après l’indépendance. Cette initiative vise à dépasser la planification à court ou moyen terme, pour concevoir un scénario de développement à long terme, définir les grandes orientations et assurer la cohérence et la continuité des politiques publiques. La participation de tous les acteurs économiques, sociaux, les jeunes et les experts, indépendamment de leurs affiliations politiques ou idéologiques, donnera à cette vision un caractère véritablement national et inclusif.
**Septièmement: défis politiques, institutionnels et exigences de la prochaine phase** Reconnaître les réalisations ne s’oppose pas à admettre les défis; au contraire, une lecture objective du bilan nécessite les deux. Le Premier ministre a souligné que le bilan n’est pas complet, a identifié des points de faiblesse et a insisté sur la nécessité de corriger les déséquilibres mis en évidence. La poursuite de la réforme judiciaire et administrative, le renforcement de la lutte contre la corruption, le développement d’instruments de reddition de comptes et l’amélioration des performances des institutions publiques sont essentiels.
L’appel à un dialogue national inclusif, impliquant majorité et opposition dans le débat sur les grandes questions, constitue une opportunité de renforcer le consensus national et d’avancer la pratique démocratique. Les engagements annoncés doivent être accompagnés de calendriers clairs, d’indicateurs mesurables et d’une estimation précise des ressources financières, afin que le Parlement et l’opinion publique puissent suivre l’avancement et évaluer les résultats. **Conclusion: une nouvelle étape placée sous le signe de la continuité, du renouveau et de l’accomplissement** Le discours du Premier ministre, M.
Moctar Ould Diay, mérite d’être valorisé sous plusieurs angles: il a reconnu le travail du gouvernement précédent, a mis en avant le rôle dirigeant du Président de la République dans la définition des orientations stratégiques du pays, et a confirmé que le renouvellement de la confiance envers le Premier ministre et le gouvernement actuel s’inscrit dans une trajectoire nationale continue, et non dans un départ isolé des phases antérieures. L’alliance entre la fierté du passé et la reconnaissance des manques à combler constitue une approche politique et de développement équilibrée, qui renforce la culture de la responsabilité et ouvre la voie à l’amélioration de la performance gouvernementale. Dans ce contexte, il est indispensable de poursuivre cette dynamique politique et de développement sous la supervision du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, en s’appuyant sur la continuité, la reconnaissance des efforts et l’accumulation des acquis, afin de consolider les gains obtenus, de corriger les déséquilibres existants et d’accélérer la mise en œuvre des programmes et engagements.
La prochaine phase devra renforcer la coordination entre les différentes institutions de l’État, mobiliser les énergies nationales et ancrer l’esprit de responsabilité et de travail collectif, afin que les aspirations légitimes des citoyens se traduisent en réalisations concrètes et que les objectifs fixés par le projet sociétal du Président de la République se concrétisent: service à la patrie et au citoyen. Le véritable pari de la prochaine étape réside dans la transformation de la vision en programmes, des programmes en projets, et des projets en résultats ressentis quotidiennement par les Mauritaniens: amélioration du revenu, accès aux services de base, création d’emplois, justice et égalité des chances. Ainsi, le respect des efforts des gouvernements précédents, la valorisation du leadership politique du Président de la République et le renouvellement de la confiance dans le gouvernement actuel constituent des éléments indissociables d’un même parcours, dont le titre est: servir la patrie et le citoyen.
La nation ne se construit pas en rupture avec ce qui a été accompli, ni en se contentant d’une simple nostalgie du passé, mais par la continuité de l’accomplissement, le courage de la réforme, la sincérité de l’engagement et la mobilisation de tous pour un avenir plus sûr, plus juste et plus prospère pour la Mauritanie.