Politique·

Le mouvement des élites : entre initiative légitime et urgence politique

Les nations avancent lorsque l'intérêt général prime sur les intérêts étroits, et lorsque la concurrence politique et sociale se transforme en compétition au service du citoyen, plutôt qu'en lutte pour l'influence et les positions. À partir de cette perspective, le mouvement...

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Alakhbar.infoTraduit de l'arabe
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D'après les sources officielles, le problème commence lorsqu’on transforme les initiatives en un moyen de pression ou de mise en place de positions préétablies, alors que le pays se prépare à un dialogue national censé aborder les grandes questions entravant le progrès, la stabilité et l’unité nationales. Allah dit: « Ô vous qui croyez, si un corrupteur vient à vous avec une rumeur, vérifiez‑la avant de la faire croire aux gens, afin que vous ne soyez pas désolés de ce que vous avez fait » (Al‑Hijr: 6). C’est une règle importante pour traiter les nouvelles et les positions, surtout lorsqu’elles ont des effets sur la société et les relations entre les gens.

Soutenir la voie du président ne doit pas priver les citoyens du droit de différer l’évaluation de la performance du gouvernement et d’exiger davantage de réformes. Le soutien du président et du programme « Mes Priorités » devrait se manifester dans le soutien à la stabilité, le succès des programmes, le renforcement des institutions et le succès du dialogue, et non dans la création de conflits secondaires qui épuisent la société. La véritable puissance d’un État ne se mesure pas à sa capacité à répondre à chaque pression, mais à son aptitude à écouter tout le monde avant de prendre des décisions à travers les institutions, la loi et l’intérêt général.

Et si le dialogue national à venir doit aborder les grands dossiers, pourquoi précipiter certaines questions et les soumettre à des conflits locaux ou politiques avant qu’elles ne suivent leur chemin naturel vers la table de dialogue? Qui en bénéficiera? C’est la question que chaque citoyen doit se poser: si ce mouvement entraîne davantage de polarisation, qui profite?

Le citoyen? L’amélioration des services? Le développement?

L’unification des élites autour de questions d’État? Ou bien le profit de quelques individus qui voient dans le conflit une opportunité de reconstruire leur influence ou de marquer des points politiques? La plus grave des conséquences pour les sociétés est que les questions publiques deviennent des outils de montée en puissance personnelle.

Le Coran a mis en garde contre la fabrication d’informations et la propagation de craintes, en disant: « Si les hypocrites et ceux dont le cœur est malade et les vacillants ne cessent pas dans la ville, nous les ferons subir ton châtiment, et ils ne te répondront plus qu’à peine » (Al‑Aḥzāb: 60). Le conflit n’est pas seulement une divergence d’opinions; c’est la diffusion d’allégations qui suscitent la peur et la perturbation, ou l’exagération d’événements au détriment de la société et de la confiance. L’hypocrisie et le mensonge ne sont pas le chemin de la réforme: la réforme ne repose pas sur l’exagération, ni sur la falsification des faits, ni sur l’expression de loyautés personnelles déguisées en intérêt national.

Dieu a décrit les hypocrites ainsi: « Les hypocrites sont parmi les plus bas de la catégorie infernale » (Al‑Nisāʾ: 145). Le Prophète ﷺ a dit: « La vérité de l’hypocrite se compose de trois points: lorsqu’il parle, il ment; lorsqu’il promet, il trahit; lorsqu’il garde un secret, il trahit » (consensus). Il a également dit: « Évitez le mensonge, car le mensonge conduit à la dépravation, et la dépravation conduit au Feu » (consensus).

Ces textes ne doivent pas devenir des armes pour classifier les personnes ou les accuser d’hypocrisie; ils sont plutôt un rappel que le travail public est une responsabilité morale, que la parole politique est un mandat, et que le mensonge et la provocation ne peuvent servir de base à la construction d’un pays stable. Kifé a besoin de développement plus que des conflits d’élite; la ville de Kifé et l’État de ses partisans ont de nombreux dossiers qui méritent l’attention des élites: l’éducation, la santé, l’eau, les routes, l’agriculture, la richesse animale, les opportunités d’emploi, l’investissement et l’amélioration des services. Ces questions doivent d’abord voir les élites se concurrencer pour proposer des solutions, plutôt que de s’engager dans des conflits qui épuisent la société.

Cela ne signifie pas négliger les grandes questions politiques et nationales, mais les placer dans le cadre approprié, loin de la polarisation et des comptes personnels. Le dialogue est la voie. Si des revendications ou des grandes questions nationales émergent, leur lieu naturel est les institutions et le dialogue.

Le dialogue ne doit pas être introduit alors que les questions ont déjà été résolues dans la rue, ni que les foules deviennent un moyen d’imposer des résultats avant le début du débat. Le vrai dialogue signifie que chaque partie apporte ses idées et ses arguments, écoute les autres et accepte ce qui est requis par l’intérêt national. **Conclusion** Il ne s’agit pas d’étouffer les élites ni d’empêcher les citoyens de s’exprimer, mais de reconnaître que le timing fait partie de la politique, que le moyen peut corrompre l’objectif, et qu’une cause juste peut être perdue si elle est mal gérée.

La question demeure: à qui profite ce mouvement? Qui en bénéficie réellement? Si l’objectif est de servir le citoyen et la réforme, les portes sont ouvertes: la constitution, la loi, les institutions, le dialogue, la raison et le travail sérieux.

En revanche, si l’objectif est de marquer des points politiques, de redistribuer l’influence, de susciter la polarisation ou d’imposer un ordre avant le dialogue, cela ne sert ni le président, ni son programme, ni la ville de Kiffa, ni la Mauritanie. Le président de la République a appelé au dialogue, et la présidence actuelle ne s’est pas encore distinguée; il est sage de donner à l’État l’opportunité de travailler, de donner aux parties l’occasion de dialoguer, et de placer l’intérêt national avant les intérêts personnels. Ce n’est pas parce que quelqu’un porte le cri du pays qu’il sert le pays, et ce n’est pas parce qu’il parle plus que d’autres de la réforme qu’il est un réformateur.

En fin de compte, la décision repose sur l’honnêteté, le travail, les résultats et la quantité de ce que l’on offre à son pays, et non sur la quantité de bruit qu’on fait autour de soi.

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