Économie·

La cybersécurité dans les banques mauritaniennes : le citoyen est‑il réellement protégé ?

Lorsque le citoyen dépose son argent à la banque, il ne dépose pas seulement son argent, mais aussi sa confiance, ses données et sa vie privée. Et avec la transition rapide des banques mauritaniennes vers les services numériques et les transferts électroniques, la véritable question devient…

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Il ressort que lorsqu’un citoyen place son argent à la banque, il ne dépose pas seulement son argent, il y dépose aussi sa confiance, ses données et sa vie privée. Avec la transition rapide des banques mauritaniennes vers les services numériques et les transferts électroniques, la vraie question n’est plus: « Avons‑nous une application bancaire? » mais: « Avons‑nous un système capable de protéger le citoyen en cas d’erreur ou de fraude?

» La Mauritanie a franchi des étapes importantes dans la construction d’un cadre juridique numérique, incluant les lois sur la cybercriminalité, la protection des données personnelles, les transactions électroniques et les services et moyens de paiement électroniques. Une autorité de protection des données à caractère personnel a également été créée. Mais la loi à elle seule ne suffit pas.

Regardons les États‑Unis. En vertu du Regulation E, il existe des règles claires qui protègent le consommateur contre certaines transactions électroniques non autorisées, définissent la responsabilité du client, les procédures de signalement et de traitement des erreurs. Dans certains cas, la responsabilité du consommateur est limitée et il ne peut pas être tenu responsable davantage simplement pour négligence.

Ce type de protection incite les institutions financières à investir dans des systèmes avancés de détection de fraude, de surveillance des opérations, d’alerte instantanée et de vérification des transactions inhabituelles. En Mauritanie, nous devons poser une question simple: que se passe‑t‑il lorsqu’un montant important est transféré depuis le compte d’un citoyen sans son consentement? Le système bancaire peut‑il détecter l’opération anormale avant son exécution?

Le client est‑il contacté pour vérifier une opération exceptionnelle? Existe‑t‑il un mécanisme automatique de suspension de la transaction suspecte? La banque assume‑t‑elle une part clairement définie de la responsabilité lorsque le dysfonctionnement résulte d’une faiblesse du système?

Ce ne sont pas seulement des questions techniques, mais des questions qui touchent la confiance du citoyen dans le secteur bancaire. Le rapport d’évaluation mutuelle de la Mauritanie a d’ailleurs souligné des lacunes dans certaines exigences relatives aux transferts financiers et aux contrôles associés, notamment le non‑respect de certains critères concernant les informations du bénéficiaire et l’exécution des transferts. Le problème n’est donc pas que la Mauritanie ne puisse pas construire des systèmes sûrs.

Le problème est que nous devons passer du concept de « transactions électroniques » au concept de « protection électronique du citoyen ». La banque moderne ne doit pas attendre que le citoyen découvre la fraude lui‑même. Il doit y avoir des couches de protection intelligentes: surveillance continue, analyse du comportement financier, alertes instantanées, limites aux opérations, vérifications supplémentaires pour les transactions à haut risque, et mécanismes clairs d’indemnisation du client lorsque le dysfonctionnement vient du système.

C’est ici que l’intelligence artificielle peut jouer un rôle majeur, non pas comme un slogan marketing, mais comme un outil d’analyse des modèles de transactions et de détection des comportements inhabituels avant qu’ils ne se transforment en pertes réelles. L’argent du citoyen n’est pas qu’un chiffre dans une base de données. C’est une responsabilité.

Avec l’expansion des services bancaires numériques en Mauritanie, l’investissement dans la cybersécurité doit être aussi important que l’investissement dans les nouvelles applications et services. Nous n’avons pas seulement besoin de banques numériques. Nous avons besoin de banques numériques qui protègent le citoyen.

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