Politique·

Table ronde sur « les voies d’émancipation des populations opprimées et des groupes marginalisés ».

Les nouvelles (Nawaksht) – Le parti Union des forces du progrès a organisé jeudi soir un colloque de discussion intitulé « La question des Rachatin et des groupes persécutés : quel chemin vers la libération ?», avec la participation de plusieurs défenseurs des droits, acteurs politiques et chercheurs.

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D'après les sources officielles, les nouvelles (Nouakchott) – Le parti Union des Forces du Progrès a organisé jeudi soir un séminaire de discussion intitulé « La question des Haratins et des groupes opprimés: quel chemin vers la libération? », avec la participation de plusieurs défenseurs des droits, d’acteurs politiques et de chercheurs intéressés par les questions sociales. Le président du parti, le docteur Mohamed Ould Mouloud, a rappelé dans son discours d’ouverture que l’analyse sociologique de la société n’est pas un luxe académique, mais ressemble à un examen médical dont dépend le traitement.

Si le médecin se trompe de diagnostic, le médicament ne se contentera pas d’échouer, il aggravera la maladie et empoisonnera le corps. Mouloud a estimé que les réseaux sociaux ont favorisé la diffusion de modèles très simplifiés, réduisant la société à ce qu’il a appelé une « triade rigide » (les « Biydan », les « Lakor » et les « Haratins »). Cette vision a pénétré la conscience collective, orientant les perceptions du citoyen ordinaire et influençant même les discours des intellectuels et des leaders d’opinion.

Il a ajouté que dépasser ce point de vue révèle l’erreur d’appliquer le modèle anglo‑saxon, basé sur la classification des couleurs, à notre réalité, puisque la société arabe traditionnelle ne s’organise pas autour d’une bannière couleur: les personnes à la peau claire ne forment pas un groupe homogène d’intérêts, mais comprennent aussi des catégories défavorisées et fragiles. Le président du parti a précisé que le même raisonnement s’applique aux autres catégories: « Lakor » n’est pas une catégorie ethnique, mais un mélange de composantes et de nationalités, chacune ayant sa hiérarchie fondée sur le système de strates, comme dans la société arabe. En revanche, les « Haratins » constituent la couche productive qui porte le poids de l’économie traditionnelle de la société arabe; ils ne forment pas une communauté séparée ou étrangère.

Mouloud a souligné que la détérioration des structures anciennes et l’émergence de nouvelles catégories soulèvent la question suivante: les catégories fonctionnelles traditionnelles conservent‑elles encore leur identité d’origine face aux transformations sociales actuelles? Il estime que la réponse est négative, puisque s’ouvre un nouvel espace où les anciennes identités se dissolvent et où les intérêts et les positions économiques et sociales guident les individus. Il a insisté sur le fait que le défi d’aujourd’hui consiste à combattre les mentalités fermées et à reconstruire le consensus, la problématique n’étant pas l’absence de modernité, mais la persistance des « mentalités sectaires ».

Il a rappelé que la lutte des forces politiques et des organisations de la société civile a abouti à un consensus solide sur l’éradication de l’esclavage et le traitement de ses séquelles, notamment celles qui touchent les Haratins. En conclusion, il a déclaré que les Haratins – en tant que force productive historique et en raison de leur poids démographique – ainsi que leurs homologues des autres nationalités, sont aptes à devenir le moteur de la protection du consensus national et du renforcement de l’unité du peuple, à condition de les autonomiser et de libérer leurs énergies. Après le discours du président, le dirigeant du parti, Loukormo Abdoul, a présenté une introduction au séminaire, abordant le contexte historique de la question, l’existence d’un système social classant les individus selon la naissance, l’emploi politique et le traitement marginal et circonstanciel de l’État, le dépassement des lectures simplistes, ainsi que les enjeux au‑delà de la représentation politique et des politiques volontaires à visée transitoire.

Cette première intervention a été suivie de commentaires et d’interventions de plusieurs participants.

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