Transport vers l’est… chaos dans les gares, « hausse des prix » et plaintes des voyageurs.
Les nouvelles (Nouakchott) – À la station des voyageurs, où les voitures de transport partent vers l’est, autour de la « station Toghenin », des dizaines de visages se dispersent le long de la route : des passagers de tous âges et de toutes destinations, et des voitures de formes et de types variés, dans…

Il ressort que des voitures transportent huit personnes, hors conducteur, d’autres n’en embarquent que cinq, tandis que les bagages des voyageurs s’empilent dans les espaces qui leur sont réservés, sur les sièges et dans les recoins étroits, créant un tableau « serrure » où les passagers se serrent les uns contre les autres, jambe contre jambe, épaule contre épaule. Dans le « code de la station chaotique », le tarif affiche un plafond déclaré pour chaque destination, avec une marge de négociation minime. La différence ne satisfait ni le conducteur, ni le passager, et se règle après plusieurs aller‑retour d’arguments, de justifications et de preuves, où interviennent les autres voyageurs et les intermédiaires, certains d’entre eux adoptant, selon les témoins, une attitude proche de la « collusion » avec le conducteur.
Le mécontentement face à la hausse des prix imprègne la station; les voix des passagers et des conducteurs s’entrecroisent dans des débats houleux, parfois teintés, chez certains usagers, de « vanité et d’autorité » de la part des conducteurs, tandis que les passagers répliquent avec frustration, avant qu’un accord ne soit trouvé et que le voyage ne démarre. Alors, les passagers montent à bord ensemble, partageant la chaleur ambiante lors d’un trajet généralement sans climatisation, ponctué de discussions diverses et de sons superposés provenant des radios des voitures: de la musique choisie par le conducteur aux messages moralisateurs suivant l’ordre de la bande‑son et le goût des passagers. Les voyageurs se plaignent, au sein de la station visitée par une équipe de l’Agence indépendante de l’information, du coût qu’ils jugent « exorbitant » au regard de leurs revenus limités, ainsi que des distances à parcourir pour atteindre leurs destinations, affirmant que le prix du transport pèse désormais lourdement sur leur budget, une « situation illogique ».
« Je me rendais régulièrement à « Shagar » dans la wilaya de Barakène, mais les tarifs actuels rendent cela impossible », explique le citoyen Bab Mohamed Salem dans une déclaration à l’Info. Il estime que « ce qui se passe aujourd’hui n’a aucun sens ». Il précise que la station accueille les voyageurs à des prix élevés, en pleine période de canicule, le tarif étant passé de 2 500 ouguiyas à 6 000, voire 7 000, un niveau qu’il qualifie d’« inacceptable ».
Au moment de sa prise de parole, il signale avoir passé près de trois heures à attendre une voiture proposant un tarif raisonnable, ajoutant que la flambée des prix envahit tout, indépendamment des évolutions du secteur du transport. Hassan Aly Baraka raconte qu’il arpente les rangées de voitures à la station, espérant trouver un prix correct, après qu’on lui ait proposé 8 000 ouguiyas pour atteindre sa destination, un tarif « exagéré », alors que le prix habituel tourne autour de 7 000 ouguiyas, fixe. Il note qu’il comprend en partie les conducteurs, compte tenu de la situation difficile et du prix du carburant, mais estime que l’État devrait intervenir pour réguler ces tarifs qui varient d’un conducteur à l’autre, d’une station à l’autre, ainsi qu’entre le conducteur et le courtier.
Il ajoute que les gens se dispersent le long de la route tout comme les voitures, mais le manque d’accord sur le prix reste un obstacle majeur pour les voyageurs, certains conducteurs profitant de la saison automnale pour augmenter leurs tarifs et tirer parti du besoin de déplacement des gens. Il invite à imaginer la situation de ceux qui se rendent dans leurs villages pendant l’automne, puis doivent revenir une semaine plus tard: comment survivront‑ils face à ces tarifs? Il appelle à mettre de l’ordre dans ce « chaos » et à normaliser le fonctionnement de la station.
De son côté, Nizar Hamdoun souligne que les prix sont devenus une charge lourde pour les passagers, rappelant que le coût du trajet vers la ville d’Al‑Ag a atteint 6 000 ouguiyas, alors qu’auparavant le voyage coûtait entre 3 000 et 4 000 ouguiyas. Il précise que consacrer une telle somme au transport se fait au détriment des autres dépenses de subsistance, et que le tarif élevé ne serait justifiable que si le voyage offrait un confort tel que la climatisation, ce qui n’est pas le cas. Il ajoute que ces coûts « excessifs » limitent la capacité des passagers à atteindre les destinations qu’ils souhaitent, les poussant parfois à se contenter de lieux plus proches et moins chers, ou à renoncer à certains projets.
Enfin, il rappelle que l’automne en Mauritanie est une période où les déplacements internes s’intensifient, coïncidant avec les congés estivaux et le désir de nombreux citoyens de profiter de leurs vacances en famille.