Rapport IGE 2024/2025 : Beaucoup d’irrégularités, de petits progrès
Rattachée à la présidence de la République depuis quelques années, pour donner plus d’épaisseur à la mission de reddition des comptes indispensable à la gouvernance, l’Inspection Générale d’Etat...

Il ressort que l’institution a renforcé la coopération nationale avec la Cour des Comptes, l’IGF et la Commission des Marchés Publics. Au plan international, elle est membre du FIGE africain, du réseau arabe anti-corruption, a signé un accord avec l’OLAF et rejoint le réseau Globe en 2024. Des formations ont été menées sur la fraude et l’audit.
Forces: indépendance, accès à l’information y compris bancaire, pouvoir de saisine directe de la justice. Contraintes: délais longs dus à l’archivage-papier, manque d’outils numériques d’analyse, difficulté à évaluer l’impact financier, suivi insuffisant des recommandations, sanctions parfois non appliquées. Perspectives 2026-2028 L’IGE veut passer d’un contrôle après coup à un contrôle préventif.
Priorités: déployer une plateforme numérique de suivi des recommandations, former les inspecteurs à l’analyse de données, digitaliser les contrôles et renforcer la coordination. Elle recommande aussi de lui donner le pouvoir de saisir la Cour des Comptes pour faute de gestion et d’adopter le décret sur la transaction pénale de la loi anti-corruption. Le rapport 2024/2025 de l’IGE montre des progrès en transparence, mais aussi la persistance de failles majeures dans les marchés publics.
Sans digitalisation et application stricte des sanctions, les mêmes pertes risquent de se répéter. La suite judiciaire de ce travail de contrôle de nos maigres deniers publics, qui servent souvent à la bamboula de quelques fonctionnaires véreux, sera très attendue par l’opinion, après la controverse ayant entouré l’épilogue devant la justice du rapport de l’IGE portant sur les années 2022 et 2023. Amadou Seck