Politique·

Incendies dans les stations de transformation d'électricité : quand la panne technique devient une question politique.

Je ne suis pas ingénieur électricien, et je ne prétends pas posséder les secrets des postes de transformation que détiennent les spécialistes, mais en tant qu'étudiant et praticien de certaines branches de l’ingénierie, j’ai un droit simple : voir ce que voit le citoyen, lire ce que publie « Somalk », et…

AI
Alakhbar.infoTraduit de l'arabe
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D'après les sources officielles, mais la question politique ne peut pas être remise à plus tard: peut‑on considérer ces deux incendies comme des incidents isolés, alors que le réseau électrique souffre depuis des années de négligence, et que les coupures sont devenues une composante du quotidien du citoyen? Voilà le point qui ne doit pas se perdre dans la fumée. Le problème dépasse largement deux postes incendiés; si le réseau de Nouakchott fonctionnait avec efficacité et stabilité, avec des pannes rares et limitées, il aurait été facile de traiter ces incendies comme des cas exceptionnels.

Or le citoyen vit quotidiennement une réalité contraire: des coupures récurrentes, une instabilité du service, des pannes qui s’étendent parfois à de vastes zones, et des postes et réseaux soumis à une pression constante chaque été. Ainsi, pour le citoyen, les deux incendies ne sont pas de simples dysfonctionnements techniques; ils constituent une nouvelle maillon d’une interrogation plus large sur l’état même de la société d’électricité, sur son management, son entretien et les investissements qui y sont consacrés. Il devient alors légitime de demander: le problème vient‑il uniquement des postes?

Ou d’un réseau affaibli, greffé pendant des années de solutions temporaires? Les investissements réalisés sur le réseau ont‑ils réellement permis l’amélioration promise? L’entretien préventif remplit‑il son rôle?

« Somalk » n’est pas qu’une simple compagnie d’électricité, et la corruption n’est pas un simple accusation prête à l’emploi… c’est une question légitime. C’est ici que réside la responsabilité politique, car « Somalk » n’est pas une entreprise commerciale ordinaire que le citoyen pourrait choisir de remplacer s’il n’est pas satisfait de ses services; c’est l’infrastructure qui monopolise quasiment un service de base dont le citoyen ne peut se passer. Par conséquent, la mauvaise qualité du service n’est pas seulement un problème administratif; c’est un fardeau pour le citoyen, l’économie, la santé, l’éducation, l’investissement et la vie quotidienne dans son ensemble.

Parler de corruption dans notre pays revient soit à lancer des accusations infondées, soit à garder le silence complet. La bonne voie est la troisième: l’inspection et le contrôle. Quand des fonds publics sont dépensés pour des postes, des transformateurs, des câbles, de l’entretien et de la protection, puis que les pannes se répètent, le public a le droit de savoir: combien avons‑nous dépensé?

qui a exécuté? qui a supervisé? qui a réceptionné?

L’entretien a‑t‑il été réalisé conformément aux contrats? Les paiements aux entrepreneurs ont‑ils été faits pour des travaux qui respectaient réellement les critères de qualité? Ce ne sont pas des accusations de corruption; ce sont des questions de prévention de la corruption.

Ne pas les poser ouvre la porte aux soupçons. Les documents de « Somalk » et les marchés qui rendent les questions encore plus pressantes La société a lancé ces dernières années des projets de modernisation du réseau de Nouakchott, incluant des postes de transformation, des transformateurs, des systèmes de protection et des travaux de réhabilitation et d’entretien préventif. Dans ses documents officiels, on trouve des mentions explicites concernant les tests des équipements, leur conformité aux spécifications, le suivi des travaux, la réception, la consignation des non‑conformités et la levée des réserves.

La question devient alors très simple: si toutes ces procédures existent sur le papier, pourquoi ne voyons‑nous pas leurs résultats sur le terrain? Le dysfonctionnement est‑il dans la conception? Dans l’exécution?

Dans le suivi et l’entretien? Ou le problème est‑il plus profond, lié à la manière même dont l’institution est gérée? Ce qui ne nécessite aucune supposition, c’est ce que « Somalk » a publié elle‑même.

En 2024, l’entreprise a annoncé un marché portant sur l’installation de cinq transformateurs de 45 MVA à 33/15 kV pour le réseau de Nouakchott, avec des travaux associés sur les postes à moyenne tension, les câbles, les systèmes de protection, les essais et la mise en service. Le cahier des charges indique qu’un de ces transformateurs est destiné au poste de l’Ouest, les autres étant répartis entre les postes de l’Est et du Nord‑Est. Cette information ne prouve pas que le transformateur qui a brûlé au poste de l’Ouest soit celui de ce marché, ni qu’il y ait un lien entre le marché et l’incendie.

Mais elle laisse la question ouverte. En 2025, « Somalk » a également annoncé une consultation pour l’entretien préventif des postes de transformation 33/15 kV à Nouakchott. D’où la question suivante, encore plus simple: les deux postes qui ont brûlé avaient‑ils bénéficié d’un entretien préventif?

Quand a eu lieu le dernier entretien? Qui l’a réalisé? Si l’entretien a eu lieu, que disent les rapports sur l’état des équipements?

S’il n’a pas eu lieu, pourquoi? Par ailleurs, un projet plus large a été lancé en 2025 pour moderniser le réseau de distribution de Nouakchott, prévoyant la création de deux nouveaux postes 33/15 kV, la réhabilitation de postes existants, des travaux sur des transformateurs de 45 MVA, des systèmes de protection et le raccordement au réseau. Le problème politique est: ces projets sont‑ils passés du stade des chiffres et des marchés sur le papier à une réelle amélioration de la qualité et de la stabilité du service sur le terrain?

Le citoyen ne voit ni la valeur du marché, ni les spécifications du transformateur, ni le rapport de réception; il ne voit que si l’électricité est présente ou non. C’est alors que surgit la question des marchés: lorsque l’institution annonce des projets de nouveaux transformateurs, de réhabilitation de postes, d’entretien préventif et de mise à jour des systèmes de protection, puis que des incendies se déclarent dans les postes de transformation, la question naturelle n’est pas « Qui a volé? », jugement prématuré, mais « Les marchés ont‑ils été exécutés conformément aux spécifications?

»; « Les équipements étaient‑ils conformes? »; « Les essais d’acceptation ont‑ils été réalisés en usine et sur site? ».

Ces questions n’accusent personne; elles empêchent que l’accusation ne devienne rumeur et que le slogan « panne technique » ne serve de voile à la responsabilité. L’opposition n’a pas besoin d’inventer d’accusations ni de vouloir une enquête qui étouffe le feu politique. Nous n’avons pas besoin de dire que tel ou tel a volé ou que telle entreprise a détourné des fonds avant d’avoir les preuves.

Il suffit de dire au gouvernement: donnez‑nous les documents, les rapports d’entretien, les procès‑verbaux de réception, les rapports d’essais, les registres de pannes, les contrats de marchés. Donnez‑nous les noms des entreprises exécutantes, les bureaux de contrôle, et exposez au public les résultats de l’enquête technique. Si l’institution est saine, les documents seront sa meilleure défense.

Si, en revanche, il y a corruption, négligence ou mauvaise gestion, les documents mèneront aux responsables. L’enquête requise ne doit pas être la création d’une commission qui, après quelques semaines, déclare que « l’incendie est dû à des raisons techniques » et clôt le dossier. Chaque incendie a une cause technique, mais la question est: quelle est la cause première?

Qui aurait dû intervenir avant que le problème ne se transforme en incendie et en coupure massive? C’est là que commence la responsabilité. Mes deux postes de transformation ne sont pas de simples accidents électriques.

Ils sont le signal d’alarme politique, administratif et technique, et le gouvernement ne doit pas simplement éteindre le feu en déclarant la tâche terminée. Il faut également éliminer les causes du feu: la négligence, le mauvais entretien, la faiblesse de la supervision, le manque de transparence, et toute forme de corruption que les investigations révéleront. Pas d’accusation avant l’enquête, mais pas d’enquête sans transparence, pas de transparence sans documents, pas de responsabilité sans reddition de comptes.

Le citoyen mauritanien ne veut pas seulement savoir: pourquoi le poste a‑t‑il brûlé? Il veut aussi savoir: pourquoi le réseau électrique a‑t‑il continué à « brûler » de l’intérieur pendant tant d’années avant de s’enflammer à l’extérieur?

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