Économie·

Câbles ne remplissent pas les conditions et une entreprise parlementaire… La transparence totale enquête sur ma réalité électrique à Nouakchott.

Une première enquête de l’organisation Transparence Totale a conclu à l’existence de soupçons techniques et d’un possible conflit d’intérêts concernant la société qui a fourni, installé et raccordé des câbles de moyenne tension dans les deux postes de transformation électrique qui ont brûlé à Nouakchott le mois dernier, indiquant…

SM
Sahara MediasTraduit de l'arabe
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Selon les dernières informations, l’enquête préliminaire de l’Organisation de la Transparence Intégrale a mis en évidence des soupçons techniques et un possible conflit d’intérêts concernant la société chargée de la fourniture, de l’installation et du raccordement de câbles à moyenne tension dans les deux postes de transformation électrique qui ont brûlé à Nouakchott le mois dernier, précisant que l’entreprise appartient à un député élu dans les circonscriptions de Nouakchott Sud. L’enquête s’est concentrée sur les câbles que la société CTM Bâtiment avait reliés aux deux postes avant les incendies, sur la conformité de l’entreprise aux exigences techniques du projet, sur les modalités d’obtention des marchés, ainsi que sur le lien entre les travaux réalisés et les indicateurs antérieurs aux incendies. L’organisation a indiqué que des sources techniques l’avaient informée que les nouveaux câbles avaient été posés et raccordés aux deux postes avant l’incendie, puis débranchés par précaution à la suite de problèmes qui y étaient associés.

Un ingénieur a également signalé que le non‑respect des spécifications des câbles ou des erreurs lors de leur pose et de leur raccordement pouvaient être parmi les hypothèses à examiner. L’organisation s’appuie également sur des enregistrements vidéo antérieurs à l’incident, consultés par un responsable de la Somelec, qui a supposé que les boîtes d’où provenait la première fumée étaient celles récemment reliées aux nouveaux câbles. Selon le rapport, la source a écarté l’hypothèse de sabotage qui avait circulé après l’incendie, ainsi que l’idée que l’augmentation de la charge due au raccordement de la ligne Idéni au poste nord aurait causé l’incident, le poste ouest ayant brûlé plus tard n’étant pas relié à cette ligne.

Le doute technique, selon l’organisation, est lié à une autre question concernant l’expérience de l’entreprise exécutante. Le cahier des charges, d’après le rapport, exigeait que les soumissionnaires aient réalisé deux projets antérieurs incluant l’équipement de postes à moyenne tension, leur mise en service, la configuration des systèmes de protection et leur raccordement au centre de contrôle et de distribution. L’organisation a remarqué que CTM Bâtiment affichait sur son site web le projet de la station solaire de Zouérate, appartenant à la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM), d’une capacité de 12 MW, présenté comme un projet réalisé en mode « EPC » et livré clés en main.

Cependant, le rapport interne produit par la SNIM sur ce projet répartit les travaux entre CTM Bâtiment, qui aurait assuré la construction, et la société BGL Energy, qui aurait pris en charge les installations et les travaux techniques. L’organisation estime que cette divergence justifie de vérifier si le projet SNIM satisfait le critère d’expérience technique requis dans l’appel d’offres, notamment parce que la condition stipule la réalisation de deux projets du même type au cours des cinq dernières années. Dans le cadre des marchés, le rapport indique que CTM Bâtiment a obtenu, le 8 janvier 2025, une attribution temporaire pour un marché d’extension de câble à 33 kV afin d’alimenter la station d’eau Idéni, d’une valeur de 819 millions d’ouguiya, malgré la soumission de quatre offres financières inférieures.

L’organisation souligne que certains concurrents disposaient d’une expérience technique supérieure dans les projets électriques, et que les contestations ont conduit plus tard à l’annulation de l’attribution temporaire pour inéligibilité. Elle signale également que CTM, ultérieurement, dans le cadre d’un groupement d’entreprises, a remporté trois autres marchés de la Somelec, dont un projet de création de deux postes de transformation à 33/15 kV et la réhabilitation de six postes à Nouakchott, d’une valeur de 11 millions de dollars. Le rapport mentionne aussi deux marchés dans le cadre du programme d’électrification agricole dans le Hodh El Gharbi, d’une valeur d’un milliard d’ouguiya et de 900 millions d’ouguiya, ainsi qu’un retard de quatre mois dans la réalisation du projet Nouakchott, qui aurait duré, selon l’organisation, près de 20 mois sans sanctions financières ou administratives imposées à l’entreprise.

L’Organisation de la Transparence Intégrale estime que la combinaison de ces éléments justifie un audit indépendant sur trois volets: l’éligibilité et l’expérience technique de l’entreprise, la transparence des procédures d’attribution des marchés, et les conditions techniques ayant précédé les deux incendies. Le rapport fait suite à deux incendies qui ont touché les postes de transformation électrique de Nouakchott en août dernier, provoquant d’importantes coupures d’électricité et perturbant les services de base dans la capitale. La Somelec a ensuite annoncé l’achèvement des réparations des deux postes et leur remise en service à pleine capacité, tandis que le gouvernement a lancé les démarches de reconstruction.

Le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a ordonné la création d’une commission d’enquête indépendante sur les incendies. L’Organisation de la Transparence Intégrale a recommandé à la commission d’examiner les enregistrements des caméras de surveillance des deux postes, de tester les câbles pour vérifier leur isolation et la qualité des métaux employés, d’évaluer l’expérience du personnel chargé de leur installation, ainsi que d’interroger la SNIM sur le rôle réel de CTM Bâtiment dans le projet de la station de Zouérate. L’organisation a indiqué qu’elle transmettrait son rapport au Premier ministre et au président de la commission d’enquête, au regard des données et documents recueillis dans le cadre de son enquête indépendante sur les incendies.

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